Ma note :

Vous l’aviez peut-être déjà compris, mais sinon vous allez le découvrir, j’aime beaucoup lire en anglais. Pas par snobisme, mais soit quand les circonstances l’obligent (un roman pas encore publié en français, qui ne le sera jamais, ou alors trop tard pour mon impatience) soit quand j’ai bénéficié d’une offre sur le e-book, parce que les éditeurs américains bradent régulièrement leurs vieux titres avec des promos très intéressantes sur les versions numériques, que nos éditeurs francophones rechignent à faire (un jour, je vous ferais un article là dessus !). Bref, alors que ce roman a été publié en français sous le titre « Bernadette a disparu » il y a quelques années et est même disponible en poche, j’ai fait le choix de le lire en anglais pour mon plus grand plaisir.

Bernadette Fox est une architecte de renom qui n’a pourtant quasiment jamais exercé et n’a finalisé qu’un seul projet avant-gardiste en recyclant des matériaux trouvés à proximité immédiate de son chantier, ce qui lui permis il y a plusieurs années de rafler LE prix qui fait rêver tous les architectes américains, raflant au passage une coquette somme. Elle vit désormais à Seattle avec son mari Elgin qui est un ponte de l’intelligence artificielle chez Microsoft et sa fille Bee qui est fragile mais surdouée, dans une immense maison qui prend l’eau de toute part et que la municipalité reclasserait si elle venait à la visiter.

C’est un personnage, cette Bernadette Fox. Elle déteste les mamans de l’école avec qui elle n’a jamais réussi à s’entendre, et ces dernières ne ratent pas une occasion de lui gâcher le quotidien, surtout sa voisine Audrey Griffin qui est une sacré peste en son genre. Dans cette vie atypique, il y a malgré tout une certaine forme d’équilibre, jusqu’à ce qu’une suite d’évènements sans gravité convainquent son mari que Bernadette doit être hospitalisée sous contrainte en psychiatrie, et qu’au moment de tenter de la convaincre avec la psychiatre venue tout exprès la chercher, Bernadette disparaisse. D’un coup d’un seul, Bernadette a disparu.

Le roman est en fait le journal de recherche de sa fille Bee, constituée d’échanges divers et variés, comme un dossier contenant un tas de documents et entrecoupé de tranches de récits pour faire du lien entre tous les évènements. Je n’avais pas entendu parler de ce roman avant de le télécharger en promo, et j’ai même découvert ensuite qu’il avait été adapté au cinéma en 2019 avec Cate Blanchette et Billy Cudrup (voir la bande-annonce). J’ai beaucoup aimé cette lecture revigorante et truculente, Bernadette est totalement barrée tout comme l’ensemble de son entourage, et j’ai souvent rigolé ou souri de leurs aventures respectives. Un roman très agréable qui se lit facilement comme si on participait à la grande escapade. Pour ma part, j’ai désormais hâte de voir le film. Ce sera en anglais, car il semble inédit en France.

Where’d you go, Bernadette, de Maria Semple, est publié en août 2012 chez Little, Brown & Company. Il a été publié en France sous le titre « Bernadette a disparu » aux éditions Plon en janvier 2013 et en poche aux éditions 10/18 en avril 2014, dans une traduction de Carine Chichereau.