Ma note :

Mais quelle histoire ! Quelle aventure ! J’ai passé une dizaine de jours dans cet incroyable roman, parce qu’il est dense (512 pages quand même) et que je l’ai débuté à une période où je n’avais pas beaucoup de temps pour lire, mais c’est sans regrets car j’ai pu rester plus longtemps encore dans cette épopée totalement incroyable, et c’était vraiment agréable de pouvoir prolonger l’expérience. Sur le bandeau du livre, l’éditeur situe ce roman entre Orwell et Jurassic Park, c’est vrai qu’il y a un peu de ça car l’histoire mélange à la fois le portrait d’une société galvanisée par l’extrêmisme et un parc d’attraction grandiloquent érigé grâce à la folie dépensière d’un homme fortuné n’ayant jamais abandonné ses rêves d’enfant.

C’est en plein cœur de l’Amazonie que Joao Amadeus Flynguer, qui est à la tête d’une prospère entreprise de BTP et jouit d’une immense fortune familiale lui permettant toutes les folies et toutes les corruptions, décidera de construire dans le plus grand secret une ville futuriste, un rêve de toujours inspiré par l’univers de Walt Disney qu’il rencontra enfant lorsque celui-ci voyagea au Brésil, et par la ville créée par Henri Ford, Fordlandia. Cette ville, c’est Tupinilandia : plusieurs parcs à thème, des bassins, un zoo, des répliques de dinosaures, la pointe de la technologie des années 80, une conscience écologique, un immense dôme central, un centre de commandement avec centrale informatique, un aéroport privé, une fausse monnaie, des navettes sur monorails, des véhicules électriques, …

Après des années de travaux menés à grands frais dans un étonnant secret, Tupinilândia est inaugurée pour le bénéfice d’une poignée d’amis proches. Seulement voilà, la ville est prise d’assaut par un petit groupe de militaires d’extrême droite affiliés à un général écarté du pouvoir politique aux dernières élections démocratiques. Si la famille Flynguer peut s’échapper, c’est au prix d’un compromis passé avec les nationalistes.

Trente ans plus tard, alors que les turbulences de cette journée à Tupinilândia n’ont pas dépassé le cercle du pouvoir, un archéologue nostalgique de son enfance dans les années 80 obtient à sa grande surprise un financement pour son projet d’exploration des vestiges de la ville. Ce que lui et son équipe y découvriront dépasse ses rêves les plus fous !

Bon vous l’aurez compris, j’ai adoré cette lecture, cette immersion dans le parc fonctionnel à son inauguration dans les années 80 et dans ses vestiges pas si abandonnés que ça à notre époque furent un immense plaisir à lire. Si les références culturelles et politiques sont propres au Brésil et ne m’ont pas toujours parlé, j’ai traversé ces 500 pages comme si je vivais une folle aventure au cinéma : ce livre serait d’ailleurs génial à adapter au cinéma, ou en mini-série ! N’hésitez pas, faites le voyage à Tupinilândia, vous ne le regretterez pas.

Tupinilândia, de Samir Machado de Machado, a paru au Brésil en 2018 sous le même titre aux éditions Todavia. Il paraît en France aux éditions Métailié le 3 septembre 2020 dans une traduction de Hubert Tézenas.