À propos des livres

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Tu tueras l’ange, Sandrone Dazieri

Ma note :

Sandrone Dazieri - Tu tueras l'angeVous avez peut-être déjà lu « Tu tueras le père » , dont je vous avais parlé lors de sa sortie en 2015, et qui constituait le premier volet d’une saga en devenir autour du personnage atypique mais attachant de Dante Torre. L’auteur italien Sandrone Dazieri revient donc avec une suite sous forme d’une nouvelle enquête pour le binôme inattendu que forment Dante et la commissaire Colomba Caselli, tête brûlée de la police italienne.

C’est elle qui sera appelée lorsque arrive en gare le train reliant Milan à Rome, et dans lequel tous les passagers de la classe affaire sont retrouvés morts, manifestement tués par un gaz neurotoxique. Branle bas de combat dans la capitale italienne, les forces spéciales et l’armée s’en mêlent, l’attentat fait grand bruit. Pour Caselli, l’affaire semble trop vite entendue, et elle doute sérieusement qu’il s’agisse d’un attentat terroriste.

Pour y voir plus clair, elle fait appel à Dante, « l’homme du silo » avec qui elle avait travaillé dans Tu tueras le père, bien que son comportement quasi-autistique rende sa présence difficile pour le reste de la police, et surtout sa hiérarchie. Son enquête la mènera rapidement sur la piste d’autres assassinats à travers le monde, parfois déguisés en accidents, parfois en crime sordide, qui révèlent qu’un tueur est prêt à tout pour atteindre sa cible.

Ce tueur prend des allures quasi fantomatiques d’après les rares témoignages que Caselli et Torre réussissent à rassembler à travers l’Europe, et c’est sur la piste d’une femme mystérieuse et insaisissable que le binôme s’orientera, une sorte de Giltiné, l’ange lituanien des morts.

Si j’avais apprécié ma première rencontre avec le binôme Caselli-Torre dans Tu tueras le père, je n’ai pas retrouvé le même plaisir de lecture en me plongeant dans cette suite. Les premières pages laissant imaginer une enquête pour attentat m’ont bien plu, et j’ai finalement été assez déçu de cette histoire d’une tueuse vengeresse insaisissable avec laquelle j’ai peu accroché. Il y aura sûrement une suite à ces aventures, mais je crois que ce sera sans moi.

Tu tueras l’ange, de Sandrone Dazieri, est publié en Italie en novembre 2016 sous le titre « L’Angelo » . Il est publié en France le 18 mai 2017 dans la collection La Bête Noire aux éditions Robert Laffont dans une traduction de Delphine Gachet.

Le tunnel, Carl-Johan Vallgren

Ma note :

Carol-Johan Vallgren - Le tunnelVoilà un polar éminemment atypique ! Son auteur, Carl-Johan Vallgren, est un touche-à-tout : à 53 ans, l’homme est tour à tour chanteur, comédien ou écrivain, et fait publier ses derniers romans sous le pseudonyme de Lucifer, sauf en France où les éditeurs ont bien perçu que ça n’était pas très vendeur… Le tunnel, c’est un second roman avec le même personnage principal, Danny Katz, un toxicomane vaguement sevré, génie de l’informatique, et détective privé quand il le faut. Et après ses premières mésaventures dans Le garçon de l’ombre (chez le même éditeur), force est de constater que notre anti-héros s’attire les histoires compliquées.

Jorma Hedlund décide de se lancer dans un dernier braquage après avoir reçu des infos inespérées d’un homme travaillant pour une compagnie de transport de fond : lui qui voulait prendre sa retraite et se retirer du banditisme, c’est raté. Seulement, rien n’est jamais aussi simple dans la vie que sur le papier, et le braquage tournera au fiasco, obligeant Jorma à prendre la fuite et à se terrer.

Katz lui, retrouvera son ami et ancien dealer Ramon, qui vit désormais avec sa copine Jenny. Des retrouvailles de courte durée, puisque le premier sera retrouvé raide mort quelques jours plus tard, et que la seconde sera portée disparue.

Enquêtant sur la disparition de son ami, Katz va se retrouver au cœur d’un trafic glauque au possible, mêlant la drogue et la prostitution, et les hommes d’influence à un mystérieux réseau d’orgies sado-maso, à l’origine de nombreuses disparitions.

Le tunnel mérite amplement son titre original, « Les porcs » , quand il s’agit de résumer l’esprit global du roman. Si l’intrigue tient la route malgré les bas fonds dans lesquels elle évolue, j’ai pour autant eu beaucoup de mal à avancer dans ce roman – ce n’était peut-être tout simplement pas la bonne période – et j’ai mis plus de deux mois à en venir à bout. La saga Danny Katz s’arrêtera donc là pour moi…

Le tunnel, de Carl-Johan Vallgren, est publié en Suède en octobre 2015 sous le titre « Svinen » . Il est publié en France aux éditions JC Lattès le 10 mai 2017 dans une traduction d’Esther Sermage.

La Fille idéale, Gilly Macmillan

Ma note :

Gilly Macmillan - La fille idéaleJ’avais découvert Gilly Macmillan avec son premier roman « Ne pars pas sans moi » que j’avais lu l’an dernier et à propos duquel je gardais un très bon souvenir, celui d’un polar très britannique, sombre et humide à la Broadchurch, sans l’aspect grandiloquent des thrillers américains. Aussi quand j’ai vu passer son nouveau roman, La Fille idéale, il était hors de question de rater l’occasion de retourner dans l’ambiance de cette auteure pleine de promesses.

Zoé est, en apparence, une jeune fille idéale, studieuse, évoluant dans une famille recomposée mais aimante, sur le point de donner un récital de piano devant pas mal d’invités. Bref, une jeune fille avec un brillant avenir. Et pourtant, ce soir là, tout s’effondrera lorsqu’un homme interrompra la représentation.

Très vite, nous comprendrons que Zoé est rattrapée par son passé, duquel sa nouvelle famille ne sait rien, sa mère ayant préféré leur cacher. C’est que, plus jeune, elle a tué trois de ses camarades dans un tragique accident de la route alors qu’elle conduisait sous l’influence de l’alcool et d’une drogue qu’elle clame avoir reçu à son insu. Après avoir purgé sa peine en centre de détention, Zoé et sa mère ont déménagé pour se lancer dans un nouvelle vie, prendre un nouveau départ.

Comme le superbe film Boy A (sorti en 2007) nous l’avait déjà appris, difficile pour ces jeunes au passé trouble de repartir de zéro, de faire table rase du passé. Zoé devra même revivre un nouveau drame au sein de sa famille, mettant chacun sous la loupe de la police, à la recherche d’un coupable pour cette macabre histoire.

J’ai été un peu moins emballé par cette seconde lecture de Gilly Macmillan, l’histoire ayant quelques airs de déjà-vu, et mis à part le twist final que j’attendais sans grande surprise, je ne peux pas dire que j’ai été plus passionné que cela par ce roman. C’est dommage, le talent est là, l’histoire a du potentiel, mais j’ai juste l’impression d’être passé à côté.

La Fille idéale, de Gilly Macmillan, est publié au Royaume-Uni en septembre 2016 sous le titre « The Perfect Girl » . Il est paraît en France aux éditions Les Escales le 4 mai 2017 dans une traduction de Christel Paris.

Un cri sous la glace, Camilla Grebe

Ma note :

Camilla Grebe - Un cri sous la glaceJe sais pas chez vous, mais ici il pleut, il fait froid, et je suis enrhumé : d’excellentes raisons pour me plonger dans mes nombreuses lectures en retard, même si c’est avec un roman qui se passe à Stockholm en plein hiver, et que ça ne réchauffe pas franchement l’atmosphère. Un cri sous la glace est le premier roman en solo de la jeune Camilla Grebe, sorti il y a deux ans en Suède, après qu’elle ait publié une saga policière avec sa sœur.

Emma travaille comme employée dans une boutique de fringues, et c’est sur son lieu de travail qu’elle va faire la rencontre qui changera bientôt sa vie. C’est que la jeune femme vit une relation aussi secrète que passionnée avec Jesper Orre, sulfureux patron de sa chaîne de boutiques, connu de la presse pour ses aventures à répétitions et son management très rigoureux.

Quand Jesper est porté disparu et qu’on retrouve le cadavre d’une femme décapitée dans sa maison, l’enquête pousse Peter, un flic de la criminelle, et Hanne, profileur qui bosse parfois comme consultante pour la police, à retravailler ensemble. Les choses ne s’annoncent pourtant pas aussi simplement : Peter et Hanne ne se sont pas parlé depuis dix ans après une rupture pas très élégante, mais en plus Hanne souffre d’une forme de démence précoce, qui lui grignote peu à peu la mémoire.

Alors que l’enquête piétine, c’est vers une affaire similaire vieille de dix ans que les enquêteurs se tourneront pour tenter de comprendre, et de retrouver l’assassin.

Un cri sous la glace est un polar finement mené, ou le suspens reste intact jusqu’aux derniers chapitres, et ou l’enquête racontée en parallèle de la vie personnelle de chacun des protagonistes s’épaissit au fur et à mesure que les failles des principaux suspects se dévoilent. C’est avec beaucoup de plaisir et d’hypothèses contraires sur l’identité du tueur que j’en ai dévoré les 450 pages !

Un cri sous la glace, de Camilla Grebe, est publié en Suède en août 2015 sous le titre « Älskaren från huvudkontoret » . Il est publié en France aux éditions Calmann-Lévy le 1er février 2017 dans une traduction d’Anna Postel.

En pleine turbulence, Jon Ottar Olafsson

Ma note :

Jon Ottar Olaffson - En pleine turbulenceLes auteurs islandais ne courent pas les rayonnages de nos librairies, mais à l’échelle de ce petit pays et de ses 337 610 habitants au recensement de 2016, on compte un nombre important d’auteurs dont le succès dépasse les frontières de cette île. Il suffit de se rendre dans les polars dans sa librairie pour voir apparaître des noms aux consonances typiques, comme Arnaldur Indridasson, Audur Ava Olafsdottir, Ragnar Jonasson, Yrsa Sigurdardottir… et Jon Ottar Olafsson.

Titulaire d’un doctorat en sciences criminelles, et ayant travaillé plusieurs années au sein des forces de l’ordre avant d’intégrer un bureau d’enquête spécialisé dans les crimes liés à crise économise de 2008, l’auteur signe avec « En pleine turbulence » son second roman après avoir publié en 2014 « Une ville sur écoute » , déjà aux Presses de la cité.

Nous retrouvons dans ce roman l’inspecteur David Arnarson de la police criminelle, qui se retrouve détâché comme officier de liaison avec la police britannique après qu’un jeune islandais, doctorant à Cambridge, ait été retrouvé mort dans sa chambre, criblé de balles. Quelques heures plus tôt, l’inspecteur avait reçu un étrange message lui demandant de venir l’aider à Cambridge, signé par l’étudiant assassiné, dont il n’avait jusque là pas entendu parler.

En Angleterre, les choses se compliqueront pour notre inspecteur, car cet homicide en apparence simple, que la police locale pense lié à un traffic de drogues auprès de riches étudiants, cache en réalité un complot terroriste d’envergure internationale. Intégrant temporairement le célèbre MI5, service de sécurité intérieur britannique, il sera pourvu de quelques gadgets bien utiles, surtout lorsqu’il devra sauver sa peau après qu’un groupe de tueur essaie  de se débarrasser de lui.

J’ai dévoré ce roman finalement assez vite lu, à l’écriture très fluide et au récit plein de rebondissements. Il n’en fallait pas beaucoup plus au fan de James Bond que je suis que de voir débarquer le MI5 pour ne plus pouvoir reposer ce bouquin ! Je n’ai finalement été déçu que par la fin de l’histoire, un peu bâclée en quelques pages, mais les perspectives ouvertes lors des toutes dernières pages donnent clairement envie de surveiller la publication des prochaines aventures de l’inspecteur islandais !

En pleine turbulence, de Jon Ottar Olafsson, est publié en Islande en novembre 2014 sous le titre « Ókyrrð ». Il est publié le 20 octobre 2016 aux éditions Presses de la cité dans une traduction de Jean-Christophe Salaun.

Je sais pas, Barbara Abel

Ma note :

Barbara Abel - Je sais pasJe n’aime pas les enfants. Ça paraît souvent exagéré, lancé comme une provocation, une boutade, mais c’est pourtant vrai : j’ai horreur des chères têtes blondes devant lesquelles la plupart de mes congénères s’extasient. Avec ce nouveau polar de l’auteur belge Barbara Abel, soit son dixième roman, les choses ne sont pas prêtes de s’arranger…

Lors d’une sortie scolaire en forêt, Mylène la jeune institutrice se retrouve dans une situation difficile lorsque la jeune Emma, cinq ans, décide de n’en faire qu’à sa tête. En perfide manipulatrice, elle réussit parfaitement à cliver les adultes autour d’elle, opposant avec une facilité déconcertante sa maîtresse et une autre accompagnante, tout comme ses parents, un peu plus tard dans la lecture.

Seulement voilà, puisqu’il faut un drame dans ce genre de roman, Emma est manquante lorsque les enfants sont comptés à l’issue de la balade. Ni une ni deux, notre courageuse mais globalement immature enseignante part à sa recherche dans les bois, armée d’un extraordinaire sens de l’orientation féminin. Elle trouvera l’enfant, tombée dans une sorte de puit naturel, et se retrouvera elle-même coincé avec elle lorsqu’elle tentera de l’aider.

Un peu plus tard, alors que la petite Emma est retrouvée par les gendarmes mobilisés après sa disparition, et bien que l’on soit toujours sans nouvelles de Mylène, l’enfant déclarera « je sais pas » lorsqu’on la questionnera sur la localisation de sa maîtresse, dont elle porte le foulard noué autour du bras. Machiavélique, l’enfant.

La suite du roman tourne autour de la disparition de l’institutrice, au passé agité, diabétique sous insuline, et dont le père n’est autre que l’amant de la mère de la petite Emma. Vous les voyez, les grosses ficelles ?

Je n’ai pris aucun plaisir à la lecture de ce polar trop facile, rarement raccord. Peut-être que ne partage pas l’hypersensibilité d’un lectorat féminin, mais j’avais en permanence l’impression que les personnages étaient au bord de l’hystérie, la mère d’Emma étant particulièrement insupportable. L’enfant n’est absolument pas crédible, l’auteur lui prêtant volontiers des traits totalement inadaptés pour une enfant de cinq ans, la transformant en petite créature diabolique aux calculs froids. Probable déformation professionnelle, mais je n’ai pas non plus été emballé par la pseudo urgence amenée par le diabète, l’histoire étant sur ce point irréaliste. Enfin, j’ai globalement été agacé par cette usante sensibilité à fleur de peau, cette panique permanente. Un bouquin qui donne envie de se bouffer un Lysanxia et de se faire un bilan thyroïdien. Décevant !

Je sais pas, de Barbara Abel, est publié le 6 octobre 2016 aux éditions Belfond.

Un coeur sombre, R.J. Ellory

Ma note :

RJ Ellory - Un coeur sombreUn an après l’excellent Les Assassins, et pour ne pas déroger aux habitudes, nous retrouvons Roger Jon Ellory avec son polar annuel, toujours chez Sonatine, l’éditeur spécialisé dans le roman frissonnant. Nous voici de nouveau au sein du célèbre NYPD, le département de police de la ville de New York cher à l’auteur, que l’on avait déjà apprécié dans Les Anges de New York.

Vincent Madigan est un de ces flics corrompu jusqu’à l’os, qui a tiré un trait quelques années plus tôt sur ses idéaux et la bonne morale, afin de se remplir les poches, et d’éponger diverses dettes. Homme de main et indic de Sandià, le mafieux du coin, Madigan est un sale type qui ne parle plus ni à ses ex femmes ni à ses enfants, carbure à l’alcool et aux médicaments, mais est toutefois un bon flic.

Je suis surpris chaque matin en me réveillant de m’apercevoir que personne ne m’a tué.

La grande spécialité de Madigan reste quand même de prendre de mauvaises décisions, comme par exemple celle de monter une équipe pour faire un casse dans une des planques qu’utilise Sandià pour stocker le fric de ses activités illégales. Après avoir dézingué les porte-flingues du mafieux et récupéré un paquet de pognon, il se débarrasse de ses partenaires d’un jour. Seulement voilà, rien n’est jamais aussi simple, et tandis qu’il se voit confier l’enquête sur l’une des deux tueries, il découvre une petite fille blessée par une balle perdue, cachée dans la maison de Sandià.

De son côté, le mafieux met la pression sur Madigan afin qu’il lui livre le nom des coupables, car son neveu faisait partie des porte-flingues abattus pour de l’argent de toute façon inutilisable, car lui-même volé lors d’un braquage, et donc tracé. Et comme si les mauvaises nouvelles ne suffisaient pas, il va devoir composer avec l’arrivée d’un inspecteur des affaires internes sur les enquêtes…

Sans surprise, Un coeur sombre est un excellent polar, un roman noir dans lequel j’ai retrouvé avec plaisir la plume d’Ellory, qui s’impose aujourd’hui comme une figure incontournable de la littérature policière. Les personnages sont creusés, épais, l’auteur prenant le temps de les faire exister avant de les jeter dans l’arène de son imagination macabre, dont il ne nous épargne aucun détail, ne nous fait grâce d’aucune cruauté. Une lecture passionnante, un anti-héros qu’on adore détester, une intrigue bien menée, bref, un très bon Ellory.

Un coeur sombre, de R.J. Ellory, est publié aux États-Unis en avril 2013 sous le titre « A Dark and Broken Heart » . Il est publié en France le 1er octobre 2016 aux éditions Sonatine, dans une traduction de Fabrice Pointeau.

La Rage, Zygmunt Miloszewski

Ma note :

Zygmunt Miloszewski - La RageS’il semble parfois difficile de trouver un polar qui s’aventure un peu hors des sentiers battus, qui ne respecte pas totalement les codes du genre, qui réussisse à me surprendre dans le développement de son intrigue, c’est que je n’avais encore jamais lu Zygmunt Miloszewski, un auteur polonais de quarante ans dont le nom semble à première vue imprononçable. Il faut remercier ici Fleuve éditions ainsi que Netgalley pour cette découverte originale, passée un peu inaperçue chez mon libraire.

Il y a déjà le héros de ce roman noir, Teodore Szacki, qui n’a rien à renier à ses concurrents conventionnels : fringuant, cynique, un peu misogyne, psychorigide, superbement sapé, l’homme n’est ni policier, ni détective privé, mais procureur. Au début, j’étais dubitatif sur ce personnage atypique pour un enquêteur, mais l’aspect procédurier de l’histoire rend vite ce héros hors norme crédible. Et puis entre nous, quel plaisir de ne pas se coltiner le traditionnel policier alcoolique, blessé de la vie, séparé, renégat du service, tête brûlée, …

Ensuite, l’environnement est rapidement hostile : finis les égouts ancestraux d’Italie, les cathédrales parisiennes, les étendues enneigées de Scandinavie, nous voici catapultés à Olsztyn, au nord-est de la Pologne dans la région de Varmie-Mazurie, une ville qui déprime notre héros nostalgique de Varsovie, et où l’ancien rattachement à l’Allemagne semble aussi important que la présence de onze lacs dans la ville.

Enfin, l’histoire s’épaissit au fil des pages, et j’ai apprécié comment chaque nouveau chapitre compliquait un peu plus l’intrigue : tout démarre avec un squelette retrouvé dans un ancien abri aérien d’un hôpital de la ville, qu’on pense d’abord être celui d’un soldat de la seconde guerre mondiale, avant de réaliser que la victime n’a disparue que depuis quelques jours, et la fin est aussi inattendue que réussie.

La Rage fut donc une bonne lecture, un polar original et efficace, différent de ce que j’ai pu lire jusque là, avec un héros atypique mais par ailleurs sympathique. Troisième roman de la saga, il m’a donné envie de rattraper l’histoire en me plongeant dans les deux premiers tomes.

La Rage, de Zygmunt Miloszewski, est publié en Pologne en octobre 2014 sous le titre Gniew. Il est publié en France chez Fleuve éditions le 8 septembre 2016 dans une traduction de Karim Barbarski.

Une avalanche de conséquences, Elizabeth George

Ma note :

Elizabeth George - Une avalanche de conséquencesJeune blogueur aux débuts du phénomène, dans une précédente vie parisienne, j’avais réussi à contacter quelques attachées de presse de différents éditeurs, dont celle des Presses de la cité, qui à l’époque déjà était vraiment très sympa. Quelques services de presse plus tard, j’avais le bonheur de lire mon premier polar d’Elizabeth George, Anatomie d’un crime, un roman qui jusqu’à maintenant reste en bonne place dans mon Top 10 des lectures, tous genres confondus.

Aussi l’occasion de me replonger dans l’univers britannique de l’auteur à succès avec Une avalanche de conséquences était trop belle, et malgré un peu de retard, j’ai pu trouver le temps d’avaler cet excellent polar pendant un séjour d’une semaine à Paris.

Caroline Goldacre est une femme aussi détestable que pathologique, autour de laquelle les cadavres s’entassent. Il y a déjà son fils Will, qui se jette du haut d’une falaise dans le Dorset alors que son ex-petite amie tombe sur son journal intime, puis quelques années plus tard Clare Abbott, écrivain féministe engagée auprès de qui Caroline tenait un rôle d’assistante envahissante.

Le rapport entre ces deux crimes n’est pas évident, aussi quand Rory l’attachée de presse de Clare est à son tour empoisonnée, Barbara Havers de Scotland Yard demande à l’inspecteur Lynley d’être officiellement chargée de l’enquête. Flanquée d’un coéquipier dont elle se serait bien passée, la policière alors en disgrâce va pouvoir s’immerger dans la campagne anglaise du Dorset, en apparence si paisible, et qui cache pourtant de profondes inimités.

Dans ce roman sur le secret de famille et les personnalités pathologiques, Elizabeth George réussit une fois encore à faire vivre un polar de grande qualité, une histoire prenante aux personnages denses, à l’image d’une Caroline Goldacre qu’elle adore nous faire détester au fil des pages. Qui sont les bourreaux, qui sont les victimes ? C’est toute la question de ce roman réussi que j’ai dévoré dés que j’en avais l’occasion.

Une avalanche de conséquences, de Elizabeth George, est publié aux États-Unis en octobre 2015 sous le titre « A Banquet of Consequences » . Il paraît en France le 22 septembre 2016 aux Presses de la Cité dans une traduction d’Isabelle Chapman.

Là où les lumières se perdent, David Joy

Ma note :

David Joy - Là où les lumières se perdent« La vie dans laquelle j’étais né semblait avoir été gravée dans le marbre à l’instant où mon nom de famille avait été griffonné sur mon acte de naissance » , nous lance en guise d’avertissement Jacob McNeely. C’est que, dans le comté de Caroline du Nord où il vit avec son père Charly, porter ce nom condamne à une sorte de malédiction, celle d’être jugé comme un moins que rien, au mieux, ou comme un délinquant, au pire. Et toujours, d’inspirer la peur et le dégoût autour de soi.

« J’avais été chié par une mère accro à la meth qui venait juste d’être libérée de l’asile de fous. J’étais le fils d’un père qui me planterait un couteau dans la gorge pendant mon sommeil si l’humeur le prenait » . Alors que son père est un des gros dealers de meth de la région, le môme grandit à ses côtés en apprenant quelques règles simples, ne faire confiance à personne, ne jamais se retourner, être toujours sur ses gardes. Pour son père, Jacob est une sorte de relève, et c’est désormais à lui qu’il confie la mission de corriger un de leurs associés à la langue trop pendue.

Dans cette vie jalonnée de ratés, Jacob trouvera pourtant une raison d’espérer, de rêver à un avenir meilleur, à une vie différente que celle à laquelle son nom et ses origines le destinent. C’est Maggie, une voisine avec qui il a grandit et dont il est éperdument amoureux malgré leur récente séparation, qui lui donne l’envie de tout changer. « Maggie savait d’où je venais, elle savait ce qu’on cherchait à faire de moi, et elle croyait tout de même que je pourrais m’en sortir » .

Seulement rien n’est jamais simple dans la vie, encore moins pour ceux qui ont grandi en tournant le dos à la chance, et lorsque le passage à tabac merdera dans les grandes largeurs, Jacob n’aura pas d’autre choix pour s’en sortir que de couper les liens, se libérer de ses entraves : il va devoir affronter son père.

Premier roman d’un jeune écrivain américain, Là où les lumières se perdent nous plonge dans une vie de malchance. C’est un récit noir de crasse et rouge du sang versé, où la lumière apparaît au bout d’un interminable tunnel, insaisissable espoir d’une vie différente, folle utopie d’échapper à sa destinée. Un roman sur le désir de rédemption, sur l’amour, sur le destin et sur cette putain de vie, qui parfois prend plus qu’elle ne donne. Un excellent premier roman d’un auteur dont il faut absolument suivre les prochaines publications, et qu’on ne manquera pas j’en suis certain, de retrouver bientôt au cinéma.

Là où les lumières se perdent, de David Joy, est publié aux États-Unis en mars 2015 sous le titre « Where all light tends to go » . Il paraît en France le 25 août 2016 aux éditions Sonatine dans une traduction de Fabrice Pointeau.

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