Ma note :

Si vous me lisez de temps en temps, vous savez déjà que je suis assez fan (pour ne pas dire totalement mordu) de nature writing et donc par extension de quasiment toutes les publications de Gallmeister, éditeur dont le catalogue est aussi savoureux d’un point de vue littéraire que les couvertures de ses titres au format poche sont superbes. Alors que je n’avais guère entendu parler de Pete Fromm, il a soudainement et sans aucune explication débarqué dans mes réseaux sociaux. Impossible de regarder les publications sur Instagram ou les tweets d’amoureux des livres sans voir un Pete Fromm glissé dans les coups de cœur. Ni une ni deux, j’ajoutais Indian Creek son premier roman à ma colossale liste d’achats, et en échangeant avec une libraire sur Pete Fromm au moment de faire une commande, elle me convainquait de me laisser tenter par Mon désir le plus ardent.

L’histoire débute dans le Wyoming, ou Maddy, qui s’était jurée de ne jamais sortir avec un garçon de son âge et encore moins avec un passeur (un guide de rafting), se retrouve dans les bras de Dalton, passeur de son âge, dont elle tombe follement amoureuse. Ce roman, raconté de la voix de Maddy, est en quelque sorte le roman de l’histoire d’amour entre Mad et Dalt, comme ils s’appelleront quasiment toute leur vie. Des rivières du Wyoming à celles de l’Oregon, en passant par des expéditions de pêche sauvage en Mongolie, la vie leur réservera les tourments ordinaires : un mariage atypique où ils scelleront leur union les doigts entrelacés dans la rivière pour « un voyage aussi long que celui du courant », une belle famille avec ses deux enfants Attila (At) et Izzy (Iz), une entreprise à eux pour emmener les touristes dans les remous des rivières, là où la nature est comme indomptable.

Et puis la sclérose en plaque, que Mad va développer. Un invité inattendu avec lequel le couple puis la famille passera sa vie à s’accorder, tentant de s’adapter en gardant autant que possible la tête haute, même quand il faudra quitter la rivière pour s’installer en ville, vendre l’entreprise, fixer des rampes dans les couloirs de la maison. Un roman qui raconte une histoire d’amour ne peut pas faire l’impasse sur les douleurs, sur les égarements, sur les coups de poing sur la table pour clore une discussion, sur ces larmes de frustration, de rancœur, de colère.

On ne m’avait pas menti en me disant que ce livre me plairait : j’ai tourné les pages sans m’en rendre compte, passé une vie aux côtés de Dalt, Mad, At et Iz, aux côtés de la SEP, des petits bonheurs, des moments douloureux, de cette fin qui a ouvert les vannes des larmes qui, depuis un bon moment, ne demandaient qu’à couler. C’est beau, c’est dur, ça a trouvé une résonance particulière dans ma vie et souvent en lisant Mad parler de sa maladie j’ai pensé à ma mère dans son fauteuil, la main en crochet et prise de spasmes, j’ai pensé à ces espoirs que la maladie emporte et aux nouvelles histoires qu’on doit alors écrire pour continuer d’avancer. Un roman magnifique, une histoire émouvante, un amour triomphant malgré tout. Immanquable. Merci Pete Fromm.

Mon désir le plus ardent, de Pete Fromm, est publié aux États-Unis en août 2014 chez Red Hen Press. Il est publié en France aux éditions Gallmeister en avril 2018 et en poche dans sa collection Totem en mai 2019, dans une traduction de Juliane Nivelt.

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