Ma note :

Je vais pas mentir, j’ai débuté cette lecture en étant chonchon. Pour plein de raisons. D’abord, ma libraire qui m’a gentiment prêté ses épreuves n’avait pas été convaincue. Ensuite, 87 pages, 15€, je peux pas faire comme si ça me laissait de marbre alors que je suis entrain de faire des nœuds dans ma tête en me demandant si 800€ par mois ce sera assez pour vivre l’an prochain. Il y a aussi ces marges immenses, ces pages blanches, qui en pleine pénurie de papier m’interpellent encore plus que d’ordinaire.

Et enfin, et même surtout, le contenu ! C’est difficile de le dire sans être menacé de mort par 50% de la société, mais alors les histoires de grossesse, de maternité, de vergetures et de périnée distendu, c’est vraiment pas mon truc. Et les auteurs – comme les autrices – qui nous font payer pour qu’on lise leur psychanalyse, j’y arrive pas, j’ai l’impression qu’on se fait enfler et que c’est nous qui devrions envoyer une facture et pas l’inverse.

J’étais chonchon, donc, mais téméraire et déterminé à m’en faire un avis propre. Faut comprendre, j’étais sorti fiévreux de Liv Maria, il était hors de question que je ne laisse pas une chance à Julia Kerninon même si les raisons semblaient longues comme mon bras de ne pas m’y frotter.

Comme un vieux machin, engoncé sous mes plaids, j’ai débuté ma lecture en la ponctuant de « ah bah évidemment », de « roooh », parfois même de « olala mais quelle agitation ! » quand les émotions se faisaient trop volubiles. Au fil des pages je me suis rendu compte qu’il était hors de question de ne pas finir ce mini livre, que la plume de Julia Kerninon même pour nous raconter ce grand déchirement qui fait sortir un bébé en siège, était magnifique, suave, mettait des étoiles dans les yeux et qu’on avait envie d’être aimé un jour comme elle est aimée chaque jour.

Je la détesterais presque d’avoir adoré cette lecture.

Toucher la terre ferme de Julia Kerninon paraîtra le 6 janvier 2022 aux éditions de l’Iconoclaste.