À propos des livres

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L’Énigme de la chambre 622, Joël Dicker

Ma note :

Difficile d’être passé à côté de la sortie du dernier Joël Dicker, sortie décalée de fin mars à fin mai à cause de la fermeture des librairies pendant l’épidémie de Covid-19. Dicker, j’en suis parfois moi-même surpris, est un auteur que certaines et certains n’ont jamais lu. Preuve qu’au delà du phénomène, des critiques et des avis aux antipodes, de l’auteur belle-gueule super banquable, il subsiste une forme de désintérêt de ceux qui se méfient des romans dont on parle trop. Pour ma part, j’avais lu les trois précédentes parutions, avec beaucoup de plaisir pour La Vérité sur l’affaire Harry Quebert et Le Livre des Baltimore et un agacement certain, pour ne pas dire une déception inattendue à la lecture de La Disparition de Stephanie Mailer.

J’ai donc débuté L’Énigme de la chambre 622 avec une forme de réserve, une crainte. Tristement, cette dernière s’est avérée fondée, et j’ai terminé ma lecture de ce roman avec le soulagement d’avoir tenu bon jusqu’au bout. On ne va pas refaire le débat du « peut-on dire que Joël Dicker est écrivain » car c’est une discussion stérile et germanopratine qui ne mériterait pas d’avoir lieu en dehors des rédactions des magazines parisiens qui se font une haute idée de leurs goûts littéraires. Je ne vous dirais pas non plus que c’est un mauvais livre, parce que mon avis n’est pas universel, mon ressenti n’a pas vocation à se faire force de conviction. Je n’ai pas aimé, mais je sais que d’autres ont adoré et ça n’empêchera pas le monde de tourner.

Dicker nous emmène en escapade au Palace de Verbier, situé en bord d’un lac des Alpes suisses (si vous rêvez de randonnées dans les montagnes ou de descriptions verdoyantes, oubliez), et dans une grande banque de Genève. Alors qu’il séjourne au Palace après une pseudo rupture amoureuse, il s’interroge sur l’absence de chambre 622 à son étage, les numérotations passant de 621 à 621 bis avant de poursuivre sur 623. Puisqu’il explique puiser son inspiration dans de petits détails qui charrient de grandes questions, il se met à nous en faire un roman.

L’histoire s’étale à plusieurs périodes de l’histoire, et l’on passe régulièrement de l’une à l’autre de manière impromptue. Dicker, c’est un style facile à lire, agréable, une plume pas vraiment littéraire mais qu’on lit vite sans reformuler trois fois une phrase pour en saisir la compréhension ou y chercher une quelconque subtilité. Mais Dicker, c’est aussi comme dans le précédent roman, l’utilisation à outrance du même mécanisme que j’ai souvent expliqué par « un pas en avant, un pas en arrière » . Un personnage doit faire quelque chose, ou obtenir quelque chose. Il s’apprête à le faire, mais soudain se ravise ou change d’avis, ou alors ce qu’il devait obtenir lui échappe soudainement. Le chapitre suivant, tout repart dans l’autre sens, on se permet d’y croire. Et au chapitre suivant, c’est de nouveau compromis.

Après d’interminables atermoiements qui m’ont régulièrement arraché un « mais bon sang c’est pas possible, pas encore ! » , l’histoire passe de agaçante à ubuesque comme c’était déjà le cas dans le précédent titre avec une pirouette qui a transformé ma lecture en un mauvais Vaudeville, chaque personnage devenant ridicule à la caricature. Arrivé à la fin du récit page 569, j’ai soupiré en songeant que l’on ne m’y reprendrait pas.

L’Énigme de la chambre 622 de Joël Dicker est publié le 27 mai 2020 aux éditions De Fallois.

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La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert, Joël Dicker

Ma note :

Joel Dicker - La verite sur l'affaire Harry QuebertJ’ai mis du temps avant de parvenir à ramener mon premier roman de Joël Dicker chez moi, et toute la bonne presse qui me parvenait au sujet de ce livre ne faisait qu’augmenter mon sentiment de frustration. Quand enfin j’ai pu m’y plonger, j’ai savouré l’instant, sans aucun regret.

L’Affaire Harry Quebert est une histoire assez simple à résumer : elle nous ramène à l’été 2008, quelques mois avant l’élection de Barack Obama comme 44ème président des Etats-Unis d’Amérique. Alors que des paysagistes s’affairent dans le jardin d’Harry Quebert – une des plus belles plumes de la littérature américaine – installé dans une maison de bord de mer à Aurora dans le New Hampshire, les restes du corps de Nola Kellergan, une fillette de 15 ans disparue dans des circonstances dramatiques trente trois ans plus tôt, sont retrouvés.

Marcus Goldman, jeune écrivain new-yorkais ayant rencontré un succès phénoménal avec son premier roman, connaît la panne de l’écrivain, le drame de la page blanche, et lorsque son ami et maître littéraire Harry Quebert l’invite à venir puiser l’inspiration chez lui à Aurora, ce dernier accepte. Mais peu de temps après, et alors que Goldman est reparti à New York, Quebert est inculpé pour le meurtre de Nola Kellergan…

Commence alors pour l’auteur une enquête de près de sept cent pages pour parvenir à établir la vérité sur l’affaire Harry Quebert. De découvertes en aveux, l’histoire sera pleine de rebondissements, l’histoire présente se mêlant aux flashbacks de l’été 1975, le tout parsemé des conseils avisés du maître à penser du jeune Goldman, introduisant chaque nouveau chapitre, accompagnant le lecteur au rythme de l’histoire.

La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert est avant tout un excellent polar, une enquête digne des maîtres du genre, prenant parfois des allures de James Ellroy, au ton parfois léger, parfois amusant, et toujours pertinant. Une grande qualité de style au service d’une histoire haletante, offrant un roman sans répit dont on dévore les pages avec un appétit de plus en plus vorace. Du pur plaisir.

La Vérité sur l’Affaire Harry Québert, de Joël Dicker, est paru en septembre 2012 aux éditions de Fallois. Il remporte cette même année le Grand prix du roman de l’Académie Française, ainsi que le prix Goncourt des lycéens. Disponible au format poche chez le même éditeur depuis mai 2014.

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Le Livre des Baltimore, Joël Dicker

Ma note :

Joel Dicker Le livre des baltimoreL’ébulition de la rentrée littéraire retombe à peine sur les très ennuyeux prix littéraires, que la sphère culturelle s’agite de nouveau, et qu’un seul nom revient sur toutes les lèvres : Joël Dicker. Le bel écrivain suisse francophone de 30 ans semble à peine remis de la déferlante internationale de son précédent roman « La vérité sur l’Affaire Harry Quebert » et de ses millions d’exemplaires vendus, que le voilà déjà à courir d’un studio de radio à un plateau télévisé, en passant par une séance de dédicaces en librairie, pour assurer la promotion de son dernier roman Le Livre des Baltimore.

On retrouve Marcus Goldman, écrivain américain à succès, aux côtés duquel l’on avait déjà résolu l’Affaire Harry Quebert. Cette fois, l’auteur annonce la couleur : il va nous parler du clan des Baltimore, de cette famille pour laquelle tout bascula après le Drame.

Alternant un récit actuel dans lequel on le découvre empêtré dans l’écriture, surveillé par la presse à scandale, et encore amoureux d’une chanteuse populaire ; avec des retours dans son passé et celui de sa famille, Marcus nous retracera la vie haute en couleur des Goldman-de-Montclair et des Goldman-de-Baltimore, les familles de deux frères qui semblent à la fois si proches et à la fois tellement opposées, comme en perpétuelle compétition, et de l’amitié si forte qu’il exista entre leurs enfants, qui s’appelaient le « Gang des Goldman ».

En filigrane de cette histoire familiale se dessine le Drame, qu’on perçoit initialement comme mystérieux, et que l’on entrevoit plus nettement au fur et à mesure que le récit avance, qu’il se rapproche, jusqu’à la révélation des dernières pages, cet emballement du récit, ce moment magique où les secrets se dévoilent, les intrigues se terminent, les vies ses brisent, et où le lecteur se retrouve le souffle coupé.

J’aurai du mal à cacher que j’ai dévoré ce livre, que j’attendais avec une certaine fébrilité, après avoir été conquis par Harry Quebert et le style de cet écrivain qui n’avait jusque là pas rencontré le succès. Je l’ai englouti comme un boulimique littéraire, progressant dans l’histoire comme si je la vivais moi-même, impressionné par la qualité de l’écriture, la capacité à maintenir une intrigue sans jamais tomber dans les facilités et les ficelles habituelles. Joël Dicker réussi quelque chose de formidable : il arrive à me secouer les neurones, à sortir du lot, à rendre sa lecture passionnante. Et pour ça, chapeau. Et merci.

Le Livre des Baltimore, de Joël Dicker, est publié le 30 septembre 2015 aux éditions de Fallois.

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