Ma note :

Voilà un moment que j’aspire à lire un roman d’Erri De Luca et à l’occasion de la parution de Impossible il y a deux ans, j’avais choisi de découvrir l’auteur avec un de ses précédents titres disponible en poche. C’est vers Montedidio qu’on m’a orienté, pour mon plus grand plaisir.

À Naples, à une époque indéfinie mais qu’on placera volontiers après la libération de l’Europe, un jeune garçon découvre le travail, la vie, l’amour et la mort. Après ces années de scolarité auxquelles ses parents n’ont pas eu droit à leur époque, il est capable de lire l’italien en plus du dialecte napolitain qu’on utilise autour de lui. Il a treize ans et son père, docker, vient de le mettre à travailler.

Dans la boutique du vieux Mast’Errico, il apprend le travail du bois et écoute d’une oreille avide la lecture quotidienne du journal lui apportant les nouvelles du monde. La boutique héberge également un cordonnier étranger, venu se réfugier là après la guerre, don Rafaniello, qui redonne vie aux souliers des miséreux. Dans son dos, une bosse qui chaque jour grossira jusqu’à libérer les ailes qu’elle protège.

Pour l’accompagner dans cette vie d’adulte qui se profile, son père lui a offert un boomerang retrouvé en mer par un marin. Une sorte de totem que le jeune homme gardera précieusement sur lui comme un grigri doté de pouvoirs. Alors que sa mère est hospitalisée, il fera l’ultime apprentissage de l’amour et de la sexualité avec Maria, une jeune fille qui lui promet d’être son épouse.

Quel magnifique roman d’apprentissage ! L’auteur nous emmène dans ces ruelles odorantes de Naples où la malice de l’enfance s’efface peu à peu pour laisser place à un homme. Il y a de la magie dans l’écriture de l’auteur, une poésie qui déborde et qui ravage tout, c’est un roman beau comme un conte que j’ai lu d’une traite jusqu’à m’envoler, moi aussi, direction Jérusalem.

Montedidio d’Erri De Luca a paru en Italie en septembre 2001 sous le même titre. Il est publié en France aux éditions Gallimard en janvier 2001 dans une traduction de Danièle Valin. Disponible en poche chez Folio depuis octobre 2003.