Ma note :

Difficile d’être passé à côté de ce roman omniprésent sur Instagram depuis début janvier, le nombre de publications s’y rapportant grimpant plus vite encore que les nouveaux cas de l’épidémie ! Parce qu’on m’a dit environ mille fois MAIS BORDEL LIS CE BOUQUIN C’EST UN TRUC DE MALADE, je m’y suis mis, docilement.

Ce roman, c’est le récit que Duke fait de sa vie depuis sa cellule dans laquelle il purge sa peine de réclusion criminelle. Avec ses mots, son parlement comme il dit, il raconte sans enrobage inutile ni style ampoulé ce que fut son enfance puis sa vie d’adulte.

C’est un roman sur la misère absolue, et sur les ravages qu’elle engendre. Duke grandit dans un foyer dysfonctionnel à tous les niveaux, enfant sauvage, enfant victime, il ne nous laisse pas espérer un avenir joyeux.

Adulte, il plonge dans une nouvelle misère, faite d’errance, de folie, de violence, d’incarcération.

Je vois la plupart des lecteurs en PLS, à évoquer la claque que leur colle ce roman. Je comprends que, dans une vie ordinaire, on pourrait dire protégée, comme maintenue dans une sorte de « naïveté éclairée », on sait que ces profils existent, bien-sûr, on lit les journaux, ces faits divers, on imagine, on devine, mais on ne connait pas. Et tant mieux. Entrer dans cette intimidé là, la sentir au fil des pages, la toucher, je comprends que ce soit déroutant.

Ça ne m’a pas fait lever un sourcil plus haut que l’autre, mais je vous souhaite de pouvoir vivre ce grand bouleversement à l’intérieur de vous en lisant ce roman. Le style est excellent, brut, quasiment dénué de ponctuation, et j’ai pris un réel plaisir à dévorer ce premier roman franchement prometteur !

Le Démon de la Colline aux Loups, de Dimitri Rouchon-Borie a paru le 7 janvier 2021 aux éditions du Tripode.