À propos des livres

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Les flamboyants d’Abidjan, Vincent Hein

Ma note :

Vincent Hein - Les flamboyants d'AbidjanVincent Hein est l’un de ces français de l’étranger, vivant hors de l’hexagone depuis presque toujours, comme un diplomate malgré lui. Après ses deux premiers récits sur l’Asie, À l’est des nuages puis L’arbre à singes, publiés en 2009 et 2012 sous forme de carnets aux éditions Denoël, l’auteur revient aujourd’hui sur un autre continent qui lui est cher, celui de la Côte d’Ivoire où il passa une partie de son enfance.

C’est un récit intime, celui d’un petit garçon qui voit Abidjan au travers ses yeux d’enfant. Un pays alors en pleine prospérité, avec plus de dix ans d’indépendance, dirigé par son président Félix Houphouët-Boigny. Ses parents vivent confortablement dans cette ancienne colonie, et c’est accompagné de quelques employés ivoiriens que le narrateur découvre la vie africaine.

Ce livre est malgré lui nostalgique, et s’ouvre comme une fenêtre sur une Afrique du passé, où les expatriés ont remplacés les colons. Le propos est tout entier dédié aux souvenirs, aux évocations tendres et chaleureuses que les adultes peuvent parfois faire de leur enfance, et on se surprend à respirer l’air de ce pays plein de couleurs au fil des pages.

Pour autant, j’ai eu du mal à me passionner pour ce récit très personnel, qui correspondrait presque à un journal intime écrit à posteriori. La langue est sublime, et si l’auteur m’a souvent fait interrompre ma lecture pour rechercher la signification exacte d’un mot, il est difficile de reprocher à un écrivain d’utiliser sa langue natale dans ses plus vastes possibilités. Un récit qui saura ravir les nostalgiques d’une enfance un peu bohème, mais que j’ai lu sans emballement.

Les flamboyants d’Abidjan, de Vincent Hein, est publié le 9 mars 2016 aux éditions Stock.

Lontano, Jean-Christophe Grangé

Ma note :

Grangé, LontanoFaut-il vraiment refaire ici la biographie de Jean-Christophe Grangé ? Difficile d’être passé à côté de l’un des rares (bons) auteurs de thrillers en France, surtout quand certains de ses titres ont été adaptés sur grand écran. Pour cette rentrée littéraire, Grangé sort donc un nouveau roman aussi sombre et aussi fou que ses précédents, en prévenant d’avance qu’une suite sera publiée en 2016, de quoi rendre fébrile n’importe quel aficionado.

Lontano, c’est la traque haletante d’un tueur ressurgi du passé, c’est une plongée dans les blessures et la folie d’une famille à deux doigts de l’implosion, c’est un regard cynique sur les ruines encore fumantes de la Françafrique et d’un passé colonial pas si éloigné que ça.

Erwan Morvan est commandant à la brigade criminelle, quai des orfèvres : il est chargé par son père – un flic de la vieille école, mi-barbouze mi-conseiller place Beauvau – de mener l’enquête en Bretagne sur la mort intriguante d’un élève officier pilote dans une école de l’aéronautique navale, survenue en plein bizutage. Son enquête est rendue difficile par ce que son père, qui semble être impliqué de près ou de loin dans cette histoire sordide, lui cache.

Alors qu’un second cadavre mutilé est retrouvé à Paris, l’enquête s’oriente vers une piste improbable : un ancien tueur en série ayant sévi au Congo, l’Homme-Clou, arrêté à l’époque par son père, et mort depuis quelques années dans une unité spécialisée en Bretagne…

Erwan devra alors mener de front une enquête de plus en plus complexe, une famille au bord de l’abîme, des magouilles dans l’exploitation minière que possède son père au Congo, une vie sentimentale chaotique ; le tout l’entraînant dans l’exploration de ses limites, de la noirceur de la perversité humaine, sur les traces de l’Homme-Clou.

J’ai dévoré cet excellent Grangé malgré ses 800 pages, sur le sillon de cette histoire totalement folle mais qui prend sens dans les derniers chapitres. On y retrouve une thématique chère à l’auteur, celle des modifications génétiques, mais qui ne dévie cette fois pas trop dans la science-fiction : de quoi rallier les déçus des précédents titres.

Lontano, de Jean-Christophe Grangé, est publié le 9 septembre 2015 chez Albin-Michel.

Un anthropologue en déroute, Nigel Barley

Ma note :

CouvertureNigel Barley, 68 ans cette année, est un anthropologue britannique atypique, qui s’est fait connaître (et parfois décrier) pour ses récits d’un genre nouveau, mêlant humour et récit personnel, là où la tradition est au travail universitaire austère et solennel. Dans une interview accordé au journal Le Monde en 2006, il se décrit d’ailleurs lui-même comme un anthropologue frivole.

Le britannique s’est fait connaître du grand public après la publication de son premier récit de voyage, The Innocent Anthropologist : Notes from a Mud Hut, paru en 1983, et sorti en France chez Payot en format poche en 2001 sous la titre d’Un anthropologue en déroute, dans une traduction de Marc Duchamp.

Pour son premier voyage d’étude anthropologique, Barley a choisi un peu par hasard de s’intéresser à une tribu du Cameroun, les Dowayo. Il raconte dans son récit truffé d’humour ses galères concrètes, loin de l’idée que l’on pourrait se faire d’un aventurier à l’Indiana Jones. Passées les difficultés administratives d’un Cameroun bien décidé à être aussi complexe que son ancienne attache coloniale, et gangrené par la corruption, il découvre une société assez réduite, s’adapte à ses rites, rigole avec eux de ses maladresses, et parvient à s’imposer dans le village comme objet d’étude autant que comme anthropologue.

Un livre atypique et surprenant, levant plein d’a priori sur une matière universitaire souvent inabordable pour le commun des mortels dans ses travaux trop complexes et rarement passionnants.

Un anthropologue en déroute, de Nigel Barley est publié au Royaume-Uni en 1983 sous le titre « The Innocent Anthropologist », puis publié en avril 2001 aux éditions Payot dans une traduction de Marc Duchamp.

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