Ma note :

John Boyne - Le secret de Tristan SadlerLa première guerre mondiale à peine terminée, l’Angleterre peine à se remettre de ce traumatisme qui causa la mort de tant de jeunes hommes d’une même génération. C’est dans cette ambiance lourde du deuil collectif que Tristan Sadler, rentré du front vivant, retrouve dans un café Marian Bancroft, la soeur de Will, un camarade de tranchée.

Le pays est encore comme tétanisé par cette guerre, les hommes trop jeunes pour être allé se battre rêvent de prendre les armes et se nourrissent des récits de ceux qui en sont revenus ; les réformés sont regardés de travers après avoir profité des jeunes femmes célibataires, bien à l’abri des combats, tandis que les soldats rentrés du front soignent les blessures qui peuvent encore l’être.

Sadler voulait voir Marian pour lui remettre les lettres que son ami Will échangeait avec elle, et qu’il a en sa possession. Leur rencontre est tour à tour polie, entre l’évocation de celui qui n’est pas revenu du front, pour parfois être tendue comme un arc, quand on devine que d’autres enjeux créent une rivalité inavouable.

Car si Will est bien mort pendant cette guerre, ce n’est pas d’avoir combattu, mais après avoir été fusillé sommairement pour s’être rebellé face à l’autorité, après avoir été témoin d’actes qu’il estimait ne pas être dignes de la guerre.

Ce roman est aussi, au delà de cette plongée oppressante dans les tranchées boueuses de cette drôle de guerre et des choix moraux qui s’imposent à ces jeunes adultes dans un monde à feu et à sang, une magnifique mais cruelle histoire d’amour entre deux garçons, dont l’amitié particulière prend lentement forme pour devenir ce que l’on pressent dés la première rencontre : une histoire impossible, incandescente et explosive. Un très beau roman.

Le secret de Tristan Sadler, de John Boyne, est publié en mai 2011 au Royaume-Uni sous le titre « The Absolutist ». Il est publié en France aux éditions de l’Archipel en avril 2015 dans une traduction de Cathie Fidler.