Ma note :

Voilà encore un roman qui avait totalement échappé à mon radar de prédateur-lecteur et qui doit son salut à une joyeuse bande de passionnés de littérature sur les réseaux sociaux, qui ont insisté en fin d’année pour que plus de monde lise Retour à Martha’s Vineyard de Richard Russo. Alors est-ce que ça en valait la peine ? La réponse est oui ! Avec un très grand O, un très grand U et un très grand I. Et puisque vous n’êtes pas comme moi, c’est à dire que vous ne vous lancez pas dans des romans sans savoir de quoi ça parle au moins vaguement, je vous résume l’histoire : Lincoln, Teddy et Mickey sont trois vieux copains qui se retrouvent, au cœur de la soixantaine, pour un week-end dans la maison de vacances de Lincoln sur l’île de Martha’s Vineyard dans le Massachusetts (au nord est des États-Unis).

Ce week-end entre l’agent immobilier, l’éditeur et le musicien sera l’occasion de retrouvailles bien sûr, mais aussi de se remémorer leur dernier séjour sur l’île en 1971, où Jacy a disparue sans plus jamais donner de nouvelles. Lincoln et Teddy se rappelleront comme tous trois étaient amoureux d’elle, et s’interrogeront des années après sur les raisons de cette disparition : se peut-il que ce connard de voisin soit responsable d’un drame ? Faut-il reprendre une enquête, et faire de la place à la suspicion ? L’un d’eux en sait-il plus que les autres ?

C’est une sacré histoire que nous offre Russo avec ce roman, c’est à la fois un roman d’amitié, un roman d’amour, une tranche socio-historique de l’Amérique de la guerre du Vietnam jusqu’à la crise de 2008, un roman sur les secrets, une presque-enquête. Je l’ai lu avec délectation, et ma seule « déception » fut de m’étonner de l’absence de chapitre de Mickey, me mettant en tête que celui qui gardait le silence avait peut-être des choses à nous apprendre. C’est très beau, c’est le cœur des hommes dans un superbe livre, et bien sûr, c’est à ne pas rater !

De retour à Martha’s Vineyard de Richard Russo a paru en août 2019 aux États-Unis chez Alfred A. Knopf sous le titre « Chances are… » . Il paraît en France le 27 août 2020 aux éditions de la Table Ronde dans une traduction de Jean Esch.