Il y a quelques jours en indexant ma bibliothèque dans Gleeph, une application que je suis entrain d’essayer, j’ai remis la main sur mon rayon entièrement dédié aux bouquins de Tom Clancy, auteur aussi incontournable que prolifique, et j’ai entrepris de faire le point sur ceux que je n’avais pas encore lu. Mémoire de poisson rouge oblige, j’ai dû aller sur SensCritique pour voir où j’en étais arrivé dans la saga Jack Ryan qui compte quand même 17 titres. Et là quelle surprise : je n’ai pas marqué Red Rabbit comme lu, c’est à dire le onzième titre de la saga, alors que j’ai lu les douzième et treizième. Ni une ni deux, je ressors les deux tomes en grand format, pour mon plus grand plaisir.

Red Rabbit déplace l’intrigue dans le passé et correspondrait, dans la chronologie de la vie de son personnage principal, au troisième roman de la saga. Vous suivez toujours ? Nous sommes donc au tout début des années 80 et le chef du KGB s’inquiète d’un courrier que le pape Jean-Paul II a envoyé aux autorités de Pologne, qui menacerait l’autorité et donc le pouvoir de l’URSS sur cette partie du territoire. Pour cet homme qui a une foi inébranlable dans la grande Russie de Staline, il n’y a qu’une seule façon de régler le problème : il faut assassiner le pape.

Lorsque les services secrets britanniques et américains ont vent du courrier du pape, Jack Ryan qui a été envoyé à Londres avec sa famille par le directeur de la CIA pour travailler directement au sein du SIS, est chargé d’évaluer l’état de la menace, car tous se doutent que la vie du pape est en jeu. En parallèle, le couple d’agents du FBI Foley vient d’arriver sous couverture pour leur nouvelle résidence à Moscou, et ne tardera pas à être contacté par un agent du KGB en charge du chiffrement des transmissions, pour qui cette histoire de vouloir faire assassiner le pape va au-delà de ce qu’il peut accepter et qui ne voit pas d’autre solution que de faire appel à la CIA pour l’empêcher.

Dans ce grand roman d’espionnage à l’ancienne, dont l’histoire se déroule il y a 40 ans, pas de smartphone, d’internet, mais des fax cryptés, des lignes fixes sécurisées et des super ordinateurs qui stockent des données sur VHS dans d’immenses salles du sous-sol de la CIA. C’est encore l’époque d’un espionnage à l’ancienne, avec ses codes secrets sur papier, ses boîtes à lettres disséminées en ville, ses rencontres discrètes entre agents, les rideaux déplacés dans un sens précis pour faire passer un message, etc. Pour les amoureux des romans d’espionnage d’après-guerre, c’est tout simplement divin. L’intrigue est dense, basée en partie sur des faits réels (l’attentat contre le pape Jean-Paul II a bien eu lieu en 1981), et fait appel à un tel enchevêtrement que ça ne peut que rendre l’histoire crédible. Un roman formidable, un très bon Tom Clancy, et si vous n’avez jamais lu la saga des Jack Ryan, allez-y vous allez adorer.

Red Rabbit, de Tom Clancy, est paru aux États-Unis en août 2002 sous le même titre. Il est publié en France en deux tomes aux éditions Albin-Michel en octobre 2003 puis en poche au Livre de Poche en octobre 2005.

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