Ma note :

Avant d’être capable d’aller vers un libraire et de demander des conseils, d’échanger sur les livres, de me sentir légitime à tenir une conversation malgré le fossé culturel et littéraire entre les professionnels du livre et moi, simple lecteur consommateur, j’ai longtemps choisi la facilité. Celle des auteurs à succès, qui exposaient à peu de risque, celle des recommandations des magazines littéraires auxquels je m’abonnais pour une année, de manière très sporadique, et qui ne me rassuraient pas vraiment sur mon niveau mais regorgeaient de bons conseils, et enfin celle des réseaux sociaux, ces simples amoureux des livres, armés de bonne volonté et de peu de prétentions, qui se révèlent parfois une formidable source d’inspiration au moment de constituer sa liste d’achats.

Et c’est comme ça qu’au détour d’un tweet et de deux recommandations très appuyées en commentaire, je me suis retrouvé avec ce joli livre de Stéphanie Hochet entre les mains, une autrice dont je n’avais jamais rien lu auparavant, en sortant de chez mon libraire.

Aucun regret, évidemment : le roman a tenu les promesses qui accompagnaient les recommandations. Il est court, je l’ai dévoré en un clin d’œil : à peine le temps de partir au Japon en pleine Guerre du Pacifique à bord d’un de ces avions pilotés par des jeunes soldats kamikazes, de transpirer un peu sur mon transat sous le soleil de plomb d’une journée sans vent, que j’étais déjà arrivé à la fin de ce voyage que j’aurais souhaité ne jamais interrompre.

C’est vrai qu’il y a de la poésie, dans la plume de Stéphanie Hochet, et comme souvent quand je suis touché par la musicalité des phrases, je me suis surpris à les lire à voix haute pour les apprécier plus encore. À mon tour de vous conseiller de vous laisser embarquer dans cette belle aventure au pays du soleil levant, dans ce roman aussi beau qu’annoncé, mélodieux, travaillé et très riche qui a résolument apporté sa touche de poésie et de délicatesse à mes lectures du mois de juin.

Pacifique, de Stéphanie Hochet, est publié le 4 mars 2020 aux éditions Rivages.