Ma note :

Il faut que je vous fasse un aveu. C’est idiot, ça n’est pas franchement littéraire, mais j’ai sollicité ce titre auprès des éditions Anne Carrière sur NetGalley (la plateforme qui met en relation les blogueurs et les éditeurs) à cause d’Ikea. Évidemment vous allez encore vous dire, « plus ça va, plus ce type est fou » , et quelque part vous n’auriez pas tort. Voyez-vous, l’an dernier Ikea a lancé une collection rétro-pop qui s’appelle Framkalla, il y avait surtout des verres et un plateau, et quels sont les motifs de cette collection ? Des courbes bleues et rouges qui s’entrelacent ! Une association d’idées assez idiote mais qui m’a permis de m’intéresser à ce titre, et d’en lire la quatrième de couverture, ce que je n’aurais peut-être pas fait sans ça.

Il est question de paternité, dans ce sixième roman d’Arnaud Dudek, et j’ai souvent pensé pendant ma lecture à ces autres romans de la rentrée littéraire qui touchaient à la même thématique, notamment Ce qu’il faut de nuit, de Laurent Petitmangin. A vrai dire, j’ai l’impression que les deux tiers de mes lectures de cette rentrée littéraire tournent autour de la famille et de la filiation. Dans On fait parfois des vagues, Nicolas a la trentaine et cherche à rencontrer son père biologique. Enfant des années 90, il a appris pour ses dix ans que son père n’était pas vraiment son père, et que ses parents avaient eu recours à un don de sperme pour pouvoir le concevoir.

Être père, n’est-ce que biologique ? L’éducation, la transmission, l’héritage est finalement plus vaste que les gènes, et c’est ce que Nicolas découvrira en regardant avec une certaine forme de nostalgie son passé, et surtout sa relation avec son père. Ce père avec qui finalement il ne se sent pas beaucoup d’affinités, peu de complicité, et dont il n’a pas l’impression qu’il soit particulièrement attaché à lui, ni fier de la vie qu’il mène aujourd’hui. Peut-être que, tout simplement, les hommes ne savent pas exprimer l’amour qu’ils ressentent pour leurs enfants.

Ce fut un roman vite lu, sensible mais sans mièvrerie, qui interroge avec un regard très pertinent sur ce qu’est être père, mais peut-être surtout sur ce qu’est être fils. Même pour moi qui n’aurai jamais d’enfants, j’ai trouvé la thématique très bien traitée, et je me suis retrouvé dans cette relation entre un fils et son père, surtout sur cette fierté silencieuse qui laisse parfois penser que nos parents sont déçus par nos choix de vie alors qu’ils ne savent tout simplement pas dire qu’ils sont fiers des adultes que nous sommes devenus.

On fait parfois des vagues, d’Arnaud Dudek, a paru aux éditions Anne Carrière le 21 août 2020.