Ma note :

Dans la flopée de titres parus lors de la rentrée littéraire, je ne m’étais pas arrêté sur Les Lumières d’Oujda et je n’avais pas particulièrement entendu parler de ce livre, jusqu’à ce que ma libraire Marie-Odile ne me le recommande chaudement ! Je n’arrête pas de le dire, mais qu’est-ce qu’on ferait sans nos librairies ? Pour celles et ceux qui lisent ce blog (à vrai dire je me demande parfois si quelqu’un lit ces chroniques, où si je les écris pour la postérité de ma mémoire défaillante) et qui vivraient en Vendée où pas loin, l’auteur sera en lecture slash dédicace slash rencontre avec ses lecteurs à la librairie Agora à La Roche-sur-Yon le 14 octobre de 16h30 à 18h30. Il poursuivra cette rencontre en ville dans un café à partir de 19h15 pour celles et ceux qui n’auront pu assister à la rencontre en librairie.

Mais bon, revenons-en à ce livre. Si vous ne l’avez jamais feuilleté, sachez qu’il est écrit comme rarement, à savoir dans un mélange de slam et de littérature. C’est original, ça donne une certaine poésie à la lecture, une mélodie très particulière et pour ce roman aussi, je me suis parfois surpris à lire à voix haute dans mon salon. J’avais même pensé, sur la fin de ma lecture, à écrire une chronique sous la même forme, mais j’en suis malheureusement bien incapable.

Un livre,
Unique
Un livre,
Magique
Un livre qui,
Parle de ceux qui,
Fuyant la misère et la guerre, voient
Leurs rêves se noyer dans,
La mer.

Bref, c’est difficile. Un livre sur l’exil et l’espoir, mais surtout un livre sur l’amour, l’amour des femmes, l’amour d’une femme en particulier. Il y est question des migrants, des réfugiés, ces « fugees » qui nous accompagnent pendant toute la lecture sans avoir beaucoup la parole malheureusement, pour lesquels le narrateur traverse les pays de conférence en conférence pour arracher des accords, des financements, des promesses. Des solutions, pour éviter ces milliers de morts face auxquels on choisit tous de tourner la tête pudiquement, dans une glaciale indifférence.

Pourquoi on part ?
Parce qu’on a grandi du côté de la nuit sombre
Privé du soleil de la tendresse
Et qu’on pense avoir droit, nous aussi,
À la lumière du jour, ou tout au moins à son ombre

Le récit est assez vite lu, j’ai aimé les rythmes différents selon les chapitres. Ceux, mélodieux et aériens, oscillants entre la musique et la poésie, et ceux qui, d’un bloc condensé, me surprenaient quand je tombais nez à nez face à eux, pensant que j’allais avoir un mal fou à gravir ces chapitres compacts mais pour autant aussi agréables à lire. Dans l’ensemble, c’est une belle lecture, mais j’ai parfois été un peu perdu dans les lieux, et j’avoue ne pas avoir saisi avec exactitude le parcours du personnage principal. Un roman étonnant qui m’a permis de découvrir un auteur délicieux à écouter et à lire !

Les Lumières d’Oujda, de Marc Alexandre Oho Bambe, un roman publié le 19 août 2020 aux éditions Calmann-Lévy.