Ma note :

Lire ce roman-enquête en plein Blue Monday alors que le monde vacille est une expérience étonnante pour ne pas dire incongrue. Il m’a été difficile de choisir une nouvelle lecture pour lui succéder, car j’avais besoin de lumière et de légèreté pour me redonner du souffle.

Jax Miller mène une véritable enquête dans Les Lumières de l’aube, sur un fait vieux de presque vingt ans au moment de sa parution : le meurtre du couple Freeman en 1999 dans l’Oklahoma et la disparition de deux jeunes filles de seize ans cette nuit-là.

Tout commence par le feu, qui ravage au petit matin le mobile-home des Freeman dans un terrain assez isolé d’un petit patelin de l’Oklahoma aux États-Unis. Une famille bien connue de la police, qui a abattu leur fils de dix-sept ans à peine un an plus tôt.

Pour les hommes du shérif et la police de l’état qui s’est saisie de l’enquête, la piste d’un règlement de compte entre dealers est privilégiée et l’enquête connaît alors une improbable légèreté. Miller reprend tout depuis de le début, avec les proches, les parents d’une des deux filles disparue, d’anciens policiers, des dealers, des prisonniers, pour essayer de comprendre.

Cette enquête est particulièrement déstabilisante : non seulement le cumul d’incompétence des enquêteurs est saisissant, mais la nonchalance voire la volonté de ne pas aider heurtent n’importe quel citoyen honnête. La plongée de l’autrice dans ces territoires sans lois où des dealers fanatiques et délirants violent et assassinent en toute impunité m’a littéralement glacé le sang. C’est douloureux mais richement documenté, et raconté dans un récit incroyablement dense, noir et sans espoir !

Les Lumières de l’aube de Jax Miller a paru le 8 octobre 2020 aux éditions Plon dans une traduction de Claire-Marie Clévy.