Ma note :

Vous n’allez peut-être pas le croire, mais j’ai un peu acheté ce roman par erreur ! Je surveille régulièrement l’actualité littéraire internationale, notamment via des sites comme The Millions qui synthétise les sorties à ne pas rater chaque mois. Avant l’été, j’avais donc repéré plusieurs titres (j’en parlais sur le blog) et gardé quelques autres sous le coude comme intéressants sans être prioritaires. Aussi quand j’ai vu la couverture de ce nouveau roman à paraître chez Gallmeister pour la rentrée littéraire de septembre, j’ai pensé « génial, il sort déjà en France ! » persuadé de l’avoir repéré quelques semaines auparavant. Il m’aura suffit de lire la quatrième de couverture pour comprendre que non, ça n’était pas le même roman (je vous mets la couverture de l’autre, que vous compreniez qu’on puisse se tromper !) mais qu’à vrai dire peu importe, il m’a donné envie de le lire et je suis quand même reparti avec ce titre dans mon totebag.

Il faut partir en Amérique et plus précisément à Denver, en 1895, pour retrouver Sam et sa bande d’enfants vagabonds menée par l’intrépide Cora. Ils vivent dans les Bottoms, les quartiers les plus pauvres de la ville, et squattent une usine désaffectée au bord de la Platte qu’ils doivent régulièrement défendre de l’assaut des clochards voisins. Ces gosses survivent de petits larcins et évitent à tout prix le monde des Crânes de Nœud, ces adultes qui ne feront que salir, utiliser et ruiner leur enfance. Un jour, une sorte de géant défiguré échoue sur le toit de l’usine, et parce qu’il est mal en point et qu’il vient de les sauver d’une attaque d’autres Crânes de Nœud, ils décident de prendre soin de lui.

Ce géant, c’est John Henri Goodnight, un dynamiteur qui travaillait avec son ami d’enfance Cole Stikeleather pour piquer l’argent que les riches adorent amasser dans des coffres-forts, le pensant à l’abri. Goodnight étant incapable de parler à cause de ses blessures, il écrit ses rares paroles dans un carnet que Sam lit à Cole, qui ne sait pas lire. Voilà comment il se retrouver mêlé à la bande de Cole et ira travailler pour quelques dollars à l’Abattoir, ce saloon tellement violent que personne n’a songé à l’appeler par son vrai nom, à surveiller les tables de faro, à défendre les putes de la maison et à participer aux arnaques destinées à plumer les pigeons de leurs dollars. Très vite, Cole va entrer en guerre contre les Pinkerton, la milice du gouverneur qui est bien décidé à se débarrasser de cette pègre là. Une guerre sale, violente et sans limites qui propulsera Sam dans le monde des adultes plus vite qu’il ne l’aurait souhaité.

Quel livre les amis, quel livre ! Ce bouquin m’a passionné, j’ai dévoré les quatre cents pages en un battement de cil, il m’était impossible de quitter ce western noir et ces folles aventures qui sentaient la crasse, le sang et la dynamite. Je l’ai lu comme si je le voyais au cinéma, ce serait d’ailleurs un sacré quelque chose que de l’adapter en film (Quentin Tarantino, si tu me lis !). Si vous êtes un peu fleur bleue, oubliez cette lecture, mais si comme moi vous vous régalez des scènes de violence et de la littérature américaine, foncez, c’est magique. Je dirais même, explosif !

Les Dynamiteurs, de Benjamin Whitmer est publié aux éditions Gallmeister le 3 septembre 2020 dans une traduction de Jacques Mailhos.