Ma note :

Cela faisait un moment que je ne m’étais pas lancé dans un polar où un tueur en série fricote avec l’ésotérisme dans ses mises en scène macabres. C’est donc pour Le Silence de la ville blanche de l’autrice espagnole Eva Garcia Saenz de Urturi que je me suis laissé tenter, un livre qui a paru en 2016 en Espagne et a déjà été adapté en film par Netflix. Il me semble d’ailleurs, mais je n’en mettrais pas ma main à couper, que ce livre inaugure une trilogie « de la ville blanche », et que les trois ont été adaptés (ou sont en cours d’adaptation) par le même site de streaming.

C’est à Vitoria, dans le pays basque espagnol, que deux cadavres sont retrouvés dans la crypte de la cathédrale Sainte-Marie. Les corps de ce garçon et de cette fille qui ne se connaissent pas sont retrouvés nus, allongés face à face, la main posée sur la joue de l’autre. Dans leur bouche, on retrouvera plusieurs abeilles dont les piqûres auront provoqué un œdème asphyxiant les victimes. Pour l’inspecteur Unai Lopez de Ayala, sorte de profiler local, l’affaire ressemble à s’y méprendre à une série d’assassinats survenue vingt ans plus tôt, pour lesquels un homme purge une peine en prison, et s’apprête à être libéré dans quelques jours.

A l’époque, l’arrestation de l’archéologue star du petit écran avait fait grand bruit, d’autant plus qu’elle avait été commanditée par son frère jumeau, alors inspecteur de police en charge de l’enquête. Vingt ans plus tard, Unai se replongera dans l’enquête avec sa coéquipière et amie d’enfance afin de savoir s’il s’agit d’un admirateur reproduisant la méthodologie du tueur incarcéré, si son frère jumeau depuis parti de la police peut avoir un rôle sordide dans cette affaire, ou si la mauvaise personne est en prison depuis vingt ans.

Je dois dire que je suis content que, pour une fois, le personnage principal ne soit pas totalement le stéréotype de l’enquêteur que tous les auteurs de polars s’accordent à mettre en scène. Unai a quand même perdu sa femme et leur enfant dans un terrible accident de la route, mais il semble plutôt équilibré malgré tout et surtout, il ne picole pas. Les personnages sont parfois surprenants dans leurs attitudes, mais je ne suis pas assez au fait de la culture espagnole pour savoir si c’est un tempérament national. J’ai aimé être berné par l’autrice alors que je pensais voir le dénouement arriver gros comme une maison avec une pointe de déception, et qu’en fait j’étais totalement à côté de la plaque. Un polar agréable que j’ai lu rapidement, pas ce que j’ai lu de mieux (ça manquait de sang, de psychopathie, de folie sanguinaire) mais assez bien pour passer un bon moment quand même.

Le Silence de la ville blanche, d’Eva Garcia Saenz de Urturi a paru en Espagne en avril 2016 aux éditions Planeta sous le titre « El silencio de la ciudad blanca » . Il paraît en France aux éditions Fleuve le 10 septembre 2020 dans une traduction de Judith Vernant.