Ma note :

Il est incontestablement l’un des grands favoris de cette rentrée littéraire, ce roman qui marche bien en librairie et qu’on retrouve dans la plupart des sélections des prix littéraires. Onze ans après ma découverte de Jean-Baptiste Del Amo avec son roman Le sel, c’est avec grand plaisir que je me suis plongé dans le nouveau roman de cet auteur avec l’espoir secret de vivre les mêmes émotions que les lectrices qui l’avaient lu avant moi.

Un jour que l’enfant joue devant la maison qu’il habite avec sa mère, arrive un homme qui n’était qu’un souvenir mais dont la posture ne laisse aucun doute : le père est de retour. On ne sait pas vraiment d’où, on hésitera entre la cavale et la prison, mais le fait est qu’il est de retour comme s’il n’était jamais parti, peut-être même pire encore, parce qu’il veut rattraper le temps perdu et reprendre ce qu’il estime être à lui. Sa femme. Son fils.

Très vite, il les emmène aux Roches pour ce qui est censé être un séjour temporaire, cette ruine perdue dans la montagne que son propre père n’avait jamais terminée de retaper et où il se réfugia jusqu’à ce qu’on retrouve son cadavre à moitié dévoré par la faune locale, bien après que la légende de sa folie ne parvint jusqu’à la vallée.

Dans ce huis clos survivaliste, le repli et l’isolement répriment toute tentative de retour à une vie normale et on assiste alors, pauvre lecteur impuissant, à la lente agonie du bon sens et à l’approche d’un drame qu’on comprend être inéluctable. Un roman sombre et radical qui s’ouvre par un prologue inattendu qui donne le ton et dont la suite du récit étouffe toute lueur d’espoir, jusqu’à nous laisser le souffle coupé sur les dernières pages. Bravo !

Le fils de l’homme de Jean-Baptiste Del Amo a paru aux éditions Gallimard le 19 août 2021.