Ma note :

Il y a deux événements littéraires que j’attends avec impatience chaque année : la rentrée littéraire de septembre qui adoucit la fin de l’été et son immanquable spleen et la parution d’un nouveau roman de Philippe Besson qui réchauffe les cœurs entre deux parts de galette en tout début d’année.

Je radote, mais chaque année je vous dis que ça vaut le coup d’essayer Besson. Vous n’aimerez peut-être pas, après tout les productions des auteurs sont inégales, mais il faut découvrir la beauté de ses phrases, de son style. Sauf quand il s’épanche sur ses amours élyséens, je ne suis jamais déçu.

Le dernier enfant, c’est une petite journée dans la vie d’une famille, un évènement banal scruté au microscope et disséqué par l’auteur : le dernier des trois enfants d’un couple quitte le foyer pour s’installer dans un studio, en ville. Si vous vouliez un pitch, le voilà.

Le talent de l’auteur, c’est d’arriver à parfaitement capturer et analyser les enjeux, les douleurs secrètes, des inquiétudes d’une mère. Je l’ai lu avec le ravissement au bord des lèvres, et si elle n’était pas partie trop tôt, c’est un livre que je me serai empressé de faire lire à ma mère pour savoir si, elle aussi, avait ressenti cet orage intérieur au départ du petit dernier.

Ce syndrome du nid vide dont ma libraire m’a parlé et que Philippe Besson illustre avec talent dans ce magnifique roman est une réalité terrible que beaucoup de femmes vivent dans le silence de leur cœur, et qui conduit à beaucoup de syndromes dépressifs.

Parce que c’est beau, parce que c’est touchant, intelligent, sensible sans effusion, parce que la plume de Besson me bouleverse toujours autant, je ne peux que vous inciter à lire Le dernier enfant.

Le dernier enfant de Philippe Besson a paru le 7 janvier aux éditions Julliard.