Ma note :

Phillippe Claudel - L'arbre du pays TorajaOn pourrait croire au fil des pages de L’arbre du pays Toraja que Philippe Claudel se livre à une sorte de confession, de roman introspectif comme les écrivains français aiment en publier, et on se sent proche de cet homme qui semble se mettre à nu pour nous, sans pudeur ni faux semblants, un peu comme le fait Emmanuel Carrère quand il nous parle des autres à travers lui.

Je ne connais pas assez bien la vie privée de l’auteur pour savoir quelles parties du récit sont fictives, romancées, et quelles parties sont imbibées de lui-même, mais je ne crois pas qu’il s’agisse à proprement parler d’un récit autobiographique.

A la cinquantaine donc, un cinéaste s’interroge sur le sens de sa vie, et sur celui de la mort. Son meilleur ami et producteur est malade, atteint d’un cancer, et il l’accompagnera régulièrement à l’hôpital, profitant des derniers instants d’une complicité bien installée sur laquelle il va devoir tirer un trait, avant que celle ci ne devienne un de ces nombreux souvenirs qui composent notre nostalgie.

Déchiré entre deux femmes qu’il aime, une jeune chercheur qui le fait se sentir vieux malgré lui, et son ex-femme qui le raccroche à ses jeunes années, un peu perdu dans sa cinquantaine livrée sans mode d’emploi, l’auteur semble partir en quête de spiritualité sur le sens à accorder à la vie, à la place du passé dans son avenir, à l’amour, à l’amitié et à la mort. Une très belle lecture servie par la plume élégante et maîtrisée d’un Philippe Claudel très inspiré.

L’arbre du pays Toraja, de Philippe Claudel, est publié le 4 janvier 2016 aux éditions Stock.