Ma note :

Chronique de blog en retard, publiée le 31 décembre sur Instagram… Et voilà, il est déjà l’heure de tourner la page de cette année 2020, mais avant les douze coups de minuit, il me restait encore un petit créneau pour lire d’une traite un dernier roman ! J’ai choisi une histoire sombre, entre le récit et le roman, avec Laisse pas traîner ton fils de l’auteur Rachid Santaki (que certains connaissent pour ses précédents livres, d’autres pour ses dictées sur France Culture). Et bravo aux plus anciens qui auront reconnu les paroles du titre éponyme du groupe NTM, cela vous situe comme un jeune des années 90, et donc comme un boomer pour la plupart des instagrammeurs d’aujourd’hui.

L’auteur s’interroge sur les façons de casser la spirale de violence qui sévit depuis des années dans son voisinage de la Seine Saint Denis, de ces querelles entre cités qui virent à la guerre des gangs, et qui ne savent faire que des victimes. À travers l’autopsie d’un fait divers mais dramatique, la mise à mort d’un jeune garçon de 16 ans pour 500€, filmée et diffusée sur les réseaux sociaux, l’écrivain s’interroge sur le profil des agresseurs jusqu’à la survenue du procès.

C’est comment ? Je m’attendais plus à un roman qu’à un récit, mais j’ai retrouvé cette même qualité qui m’avait beaucoup emballé il y a quelques années à la lecture de Tout, tout de suite de Morgan Sportes (Fayard, 2011) à propos de la mort d’Ilan Halimi et du gang des barbares. S’il y a ça et là des notes d’optimisme, la tendance est malgré tout sombre et dénuée de grands espoirs, les incarcérations et les marches blanches se succédant sans grande métamorphose sociale. Pourtant, l’auteur ne baisse pas les bras et continue d’emmener l’écriture et la lecture en prison pour essayer d’aider les jeunes à s’interroger et reprendre leurs vies en main.

Une belle surprise donc que ce « romanquête » qui m’a donné envie de découvrir les autres publications de l’auteur, de quoi bien finir l’année.

Laisse pas traîner ton fils de Rachid Santaki a paru aux éditions Filature(e) le 23 octobre 2020.