Ma note :

Je termine à peine ma lecture de ce roman et la première chose qui me vient à l’esprit c’est « c’était un sacré bordel, mais j’ai adoré » . Alors voilà, c’était ma seconde lecture d’un roman de Tobie Nathan après Qui a tué Arlozoroff ? que j’avais lu en 2013, je ne regrette surtout pas de m’être dit « tiens j’avais bien aimé cet auteur, on va remettre le couvert » , mais je vais avoir beaucoup de mal à vous résumer ce livre qui, de la lecture que j’en ai eu, est parti dans tous les sens et m’a souvent perdu entre plusieurs époques et plusieurs personnages.

L’histoire débute dans l’Égypte d’après-guerre, ce qui m’a fait sourire parce qu’il y a deux ou trois livres j’étais dans les rues de Téhéran en 1953, et que là je me suis retrouvé dans les rues du Caire la même année. On y suit donc Zohar Zohar, dont le nom est le prénom, et dont je serai bien incapable de vous dire ce qu’il fait. Il est juif, et le régime égyptien est alors au bord d’un coup d’état orchestré par les Frères musulmans et quelques militaires appuyés par d’anciens nazis vaguement intégrés dans l’armée égyptienne. Ces allumés s’en prennent aux infidèles, aux juifs avant tout, surtout qu’ils ont pu profiter des largesses du roi Farouk dont le train de vie opulent ne plaie plus au peuple qui lutte pour sa survie.

On assiste à la chute de ce roi déchu, puis plus tard nous sommes à Paris aux côtés de nouveaux protagonistes, des survivants de l’holocauste qui sont assoiffés de vie et de vengeance. Il y a aura de l’amour, je devrais même dire des amours, plurielles, libres, complexes et fluctuantes. La soif de vengeance, d’éliminer ceux qui ont tué par millions, est là en toile de fond, mais ça n’est pas le roman d’une traque. Plus tard encore, on suivre François Zohar, diplomate français et fils du personnage principal fraîchement mis en terre. C’est en cherchant à connaître ce père qu’il n’a pas vraiment connu, qu’il découvrira la Société des belles personnes, que moi-même je n’ai pas vraiment trouvée.

C’est très étonnant, parce que le livre est superbement écrit et que, pour chaque morceau d’histoire, j’ai été happé par le rythme, le style, l’intrigue, mais j’ai été infichu de faire le lien entre tous les morceaux. Je suis peut-être passé à côté du livre, c’est d’ailleurs sûrement moi qui ai raté quelque chose, mais ça ne m’a pas empêché d’aimer ce que je lisais, et de passer un très bon moment de lecture. Un auteur que je continuerai à lire !

La Société des Belles Personnes, de Tobie Nathan, a paru le 19 août 2020 aux éditions Stock.