Ma note :

Olivier Adam - La renverseAntoine s’est installé en Bretagne comme un objet à la dérive viendrait s’échouer sur une plage en attendant qu’une marée plus conséquente vienne le charrier vers d’autres lieux. Il fréquente une fille qui semble n’être qu’une compagnie rassurante, dans une relation creuse qu’il n’a jamais pris la peine de s’investir. Il travaille comme libraire, et semble se satisfaire de cette existence comme anesthésiée, faite de lectures, d’air marin et de plaisirs simples.

Pourtant, lorsqu’il apprendra la mort accidentelle de Jean-François Laborde à la télévision, cette mer en apparence si calme deviendra houleuse, et il partira un peu précipitamment affronter son passé à M., la ville qui l’a vu grandir et dont on ne saura jamais rien de plus que le fait qu’elle se stiue en banlieue parisienne, et qu’elle constitue le décors principal d’une dramaturgie peu ordinaire.

Car pour Antoine, Laborde signe le début du basculement, celui qui vit passer sa famille de la banalité des pavillons de banlieue au feu médiatique et au scandale politico-sexuel à l’ombre duquel il a dû essayer de terminer son adolescence. Car sa mère, jusque là pseudo actrice ne pouvant se glorifier que de quelques micro rôles oubliés de tous, entre dans l’équipe de cet homme politique en vue, ténor de son parti de droite, ministre délégué quelconque sous les ors de la république.

Le scandale et les révélations les plus sordides sur le rôle joué par sa mère dans cette affaire feront suite à des mois de rumeurs blessantes, et la tournure judiciaire comme médiatique viendront mettre à mal une famille en pleine implosion. Face à cette folie incontrôlable et à l’injustice des plus criantes, Antoine n’aura qu’une solution : la fuite. Et c’est avec la fille même de Laborde qu’il se laissera partir à la dérive, jusqu’à se réfugier en Bretagne.

Dans ce très beau roman, Olivier Adam explore des thèmes difficiles, l’éclatement de la vie de famille, le poids du secret, la capacité à pardonner, le tout gravitant autour d’un scandale politique et sexuel qui verra les puissants écraser de leur réseau tentaculaire les plus faibles qui ne demandent qu’à faire entendre leurs voix. Un roman qui appuie avec délicatesse sur les endroits qui font mal, qui interroge sans pointer du doigt, et que j’ai lu avec beaucoup de plaisir tant la plume de l’auteur était agréable.

La renverse, d’Olivier Adam, est publié le 6 janvier 2016 aux éditions Flammarion.