Ma note :

J’ai eu le plaisir de rencontrer Tanguy Viel il y a quelques jours à la librairie Trait d’Union de Noirmoutier, le paradis sur terre pour les amoureux des belles librairies, et j’avais hâte de me plonger dans ce roman que l’auteur a eu l’amabilité de me dédicacer. De ses huit précédents romans, je n’ai lu que Article 353 du code pénal paru chez le même éditeur, lauréat du prix RTL-Lire en 2017 dont la plume incandescente et mélodieuse m’avait conquis.

Dans une ville bretonne de bord de mer, Max Le Corre est ancien champion de France de boxe et désormais employé comme chauffeur pour le maire de la ville. Quand sa fille Laura décide de revenir vivre avec lui, il demande à son employeur s’il ne pourrait pas aider sa fille pour son dossier de demande de logement.

Quentin Le Bars, quarante huit ans, la recevra donc dans son bureau d’édile tout puissant. C’est l’air de rien qu’il tournera autour de sa proie, cherchant ses failles, ses vulnérabilités, avant de fondre sur elle comme un prédateur. Bien sûr, pour le logement, il verra ce qu’il peut faire. Peut-être même pour un travail, puisqu’elle a terminé ses études.

Il exigera donc l’aide de son copain de toujours, l’homme des affaires pas très claires Franck Bellec qui gérait fut un temps la carrière de boxeur de Max Le Corre. Un peu contraint, il proposera à la jeune femme un travail au bar du casino avec les autres filles qui agrémentent les soirées des hommes assez fortunés pour s’offrir ce genre de divertissement ; et avec le travail, un logement, une chambre dans laquelle le maire pourra passer réclamer son dû à sa convenance.

Ce court roman de 173 pages est construit un peu comme Article 353 qui partait des déclarations du mis en cause à un magistrat, puisqu’on revit l’histoire de Laura à travers son audition au commissariat lorsqu’elle se décidera à porter plainte contre ce maire. Un roman terrible mais nécessaire qui montre les mécanismes pernicieux de l’emprise et la délicatesse de cerner avec exactitude la notion du consentement.

La Fille qu’on appelle de Tanguy Viel a paru le 2 septembre aux éditions de Minuit.