À propos des livres

Catégorie : Bande dessinée

Le mari de mon frère T.1, Gengoroh Tagame

Ma note :

Ne me demandez pas de vous expliquer pourquoi la France est le deuxième pays consommateur de mangas après le Japon, sa patrie d’origine, mais l’engouement des jeunes (et moins jeunes !) pour ces bandes-dessinées japonaises imprimées en noir et blanc ne faiblit pas et s’est même renforcé avec l’arrivée du pass culture.

Pour me donner du courage et découvrir cet univers, j’ai profité d’un passage dans les nouveaux locaux de la librairie LGBT+ Les mots à la bouche à Paris pour demander conseil au libraire afin de débuter avec des mangas gays. Je suis reparti avec une sélection de trois titres différemment épicés pourrais-je dire.

Le mari de mon frère est une petite série en 4 tomes de Gengoroh Tagame (qui dessine aussi des mangas adultes, très très épicés), dont j’ai dévoré et adoré le premier tome ! Un extrait est disponible sur le site de l’éditeur.

Yaichi élève seul sa fille Kana et se retrouve un beau matin avec Mike devant chez lui : cet imposant canadien n’est autre que le mari de son frère jumeau Ryôji récemment décédé. Il savait que son frère parti vivre au Canada était gay mais n’avait plus de liens avec lui et ne connaissait pas son beau-frère. C’est grâce à l’innocence de Kana qu’il parviendra à dépasser ses préjugés.

C’est une très jolie découverte que ce manga, je vais rapidement m’offrir les trois tomes suivants ! J’ai mis quelques minutes à m’habituer à la lecture à l’envers, et j’ai traversé cette histoire très mignonne avec beaucoup de plaisir. Abordable pour tout lectorat à partir de 14 ans, sans vulgarité ni scène de sexe.

Le mari de mon frère, T.1 de Gengoroh Tagame a paru en septembre 2016 chez Akata. Traduit par Bruno Pham, lettrage Erwan Charlès et couverture Clémence Aresu.

Americana, Luke Healy

Ma note :

Vous aurez remarqué si vous lisez de temps en temps ces chroniques à propos de mes lectures, que peu de bandes dessinées y font leur apparition. Il y a des amateurs, il y a même des inconditionnels, mais j’avoue ne jamais avoir réussi à trouver le même plaisir dans un roman graphique que dans un roman tout court (faut-il dire non graphique afin de ne vexer aucun genre de roman ?). C’était vrai jusqu’à Americana, pavé écrit et dessiné par Luke Healy, travail hybride alliant du texte et de l’image, loin des BD de mon enfance et dont le mode de narration et la durée nécessaire à sa lecture m’ont rapproché de ce que j’affectionnais le plus.

Luke est un jeune irlandais attiré depuis toujours par l’Amérique, plus précisément par les États-Unis, ou au moins par l’idée qu’il s’en fait depuis l’Irlande, pays où le chômage des jeunes est endémique. Après de courts séjours pour étudier le dessin, où il est toujours gentiment éconduit par l’administration lorsque son visa expire, il ne sait plus trop comment faire pour revenir vivre et travailler aux USA. En 2016, à 25 ans, il se fixe alors un objectif un peu farfelu pour un garçon franchement pas sportif : partir à l’assaut du PCT, le Pacific Crest Trail, une randonnée de 4240 kilomètres qui traverse le pays de la frontière mexicaine jusqu’à la frontière canadienne. Une méga-randonnée que tentent chaque année plus de 4500 personnes et qu’à peine 500 achèvent en cinq à six mois !

Un beau matin, ça y est, il s’élance dans le désert de Californie par une chaleur accablante. Et très vite, Luke est confronté à la réalité par rapport au mythe. La chaleur, la solitude, la soif, la topographie, les animaux dangereux, l’esprit de compétition, l’hygiène, tout est décrit sans embellissement et j’ai beaucoup aimé participer à cette aventure difficile au côté de l’auteur, dont on s’habitue au style très rapidement. Cette histoire m’a transportée, je ne vous dirais pas s’il parvient ou non à venir à bout de cette randonnée incroyable, je vous laisserai le découvrir par vous-même en la lisant, elle le mérite largement !

Americana (Ou comment j’ai renoncé à mon rêve Américain), de Luke Healy, a paru au Royaume-Uni chez Nobrow en septembre 2019 sous le titre « Americana (And the Act of Getting Over It) » . Il est publié en France par Casterman le 19 août 2020 dans une traduction de Basile Béguerie.

L’Homme qui tua Chris Kyle, Fabien Nury / Brüno

Ma note :

Je ne vous parle pas souvent de bandes dessinées sur ce blog mais pourtant j’ai plaisir à en lire de temps en temps. J’envie les amoureux de ce « neuvième art », leur connaissance parfois encyclopédique de cet univers dans lequel j’ai toujours l’impression de ne pas être légitime. J’ai grandi dans les BD, comme beaucoup d’enfants, dévorant les magazines de type Picsou (que d’aventures !) puis ensuite les intégrales d’Astérix et Obélix, de Spirou et Fantasio, des albums de Tintin. J’ai tenté de lire ce que mes grands frères lisaient, comme les XIII ou les Corto Maltese, sans jamais accrocher à l’univers ou au dessin. Pendant des années, j’ai donc évité d’acheter de la BD, pensant que c’était un genre inaccessible, ou qui ne me plairait pas.

Il m’arrive désormais de me laisser tenter par quelques albums, des intégrales généralement, quand l’histoire et le dessin m’attirent. C’est le cas de ce roman graphique écrit par Fabien Nury et dessiné par Brüno, qui nous raconte la mort de Chris Kyle, ce sniper des Navy Seals américain qui s’est tristement distingué en Irak par le record de tués confirmés de l’histoire de l’armée américaine, avec 160 personnes abattues devant témoin, et probablement 255 au total. Chris Kyle est vétéran de l’armée quand il publie en 2012 son best-seller « American Sniper » , une histoire de héros à l’américaine : celle d’un militaire blanc hétérosexuel du Texas qui tue les bad guys pour établir la justice de son pays partout dans le monde. Vous connaissez peut-être l’histoire, son récit ayant été adapté au cinéma par Clint Eastwood avec Bradley Cooper dans le rôle de Chris Kyle.

Au Texas, où il est adulé par une large partie de la population, il cherche à venir en aide aux vétérans souffrant du syndrome de stress post-traumatique… en les accueillant sur un stand de tir spécialement dédié. C’est là qu’il vivra les dernières secondes de sa vie, abattu en février 2013 par Eddie Ray Routh, un vétéran comme lui dont la santé mentale est précaire depuis qu’il a quitté l’armée. C’est sur le destin croisé de ces deux hommes, et sur la vie de la veuve de Chris Kyle que Fabien Nury et Brüno se sont penchés pour ce roman graphique. Sans jugement ni prise de position, ils racontent et illustrent ce déclin brutal du héros américain causé par un inconnu déséquilibré. J’ai beaucoup aimé me plonger dans les 162 pages de ce roman !

L’Homme qui tua Chris Kyle, de Fabien Nury et Brüno est publié le 29 mai 2020 chez Dargaud et existe également dans une version noir et blanc.

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