Ma note :

J’ai encore les neurones totalement désordonnés par cette lecture dont j’ai enfin vu le bout, et dans cet imbroglio synaptique je vais essayer de résumer ce récit et de vous partager mon ressenti, aussi inutile et décousu soit-il. Pour celles et ceux qui n’ont jamais croisé la route de ce livre, il s’agit d’un True Crime, un récit qui se rapproche de l’enquête journalistique et prend parfois des allures romancées, et revient sur une histoire criminelle réelle (et je dirais plutôt, lointaine). Comme De sang froid de Truman Capote ou L’Adversaire d’Emmanuel Carrère, quand il parlait moins de lui et plus des autres.

Jaenada refait donc le récit de la disparition du petit Luc Taron en mai 1964, suivie de la découverte de son corps sans vie le lendemain, et de la longue danse médiatique à laquelle son assassin se livrera les semaines suivantes sous le pseudonyme de L’Étrangleur, jusqu’à l’arrestation de Lucien Léger en juillet de la même année. À la fin de cette première partie qui synthétise les faits connus, on serait tenté de se dire « voilà, la messe est dite » tout en s’interrogeant sur le contenu des cinq cent pages restantes.

C’est là le talent incroyable de Jaenada : ne pas s’arrêter aux apparences. L’air de rien, entre deux péripéties médicales, une pandémie et des commentaires qu’il adore glisser dans des parenthèses (et parfois, des parenthèses dans les parenthèses (un peu comme ça (vous vous y ferez))), il nous explique que Lucien Léger est innocent, et que la seule certitude de cette histoire est qu’un enfant de 11 ans a été tué.

Le reste, c’est du vent. Tout le monde dans cette histoire a menti, je parle au passé car il me semble que quasiment tous les protagonistes sont morts, emportant avec eux la part de vérité qu’ils détenaient. Une partie des enquêteurs semble d’une incompétence crasse, les parents, l’assassin présumé, l’entourage, personne n’a été honnête, et si l’enquête méticuleuse et acharnée à laquelle s’est livrée l’auteur n’apporte pas de réponses, elle permet de se poser énormément de questions, et notamment d’offrir un immense « doute valable » quant à la culpabilité de Lucien Léger.

Un récit globalement passionnant mais qui est tombé au mauvais moment dans ma vie : j’ai mis trois semaines à l’achever et il m’a donné l’impression d’être interminable ! Je ne peux que vous le conseiller si vous aimez le True Crime, prévoyez juste un peu de temps devant vous.

Au printemps des monstres de Philippe Jaenada a paru le 18 août 2021 aux éditions Mialet-Barrault.