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Le Poids du monde, David Joy

Ma note :
David Joy - Le Poids du monde

J’avais découvert l’écriture noire et ciselée de David Joy lors de la parution en France de son premier roman, Là où les lumières se perdent (que je vous conseille vivement si vous ne l’avez pas déjà lu, il est désormais disponible en poche chez 10/18). C’était il y a deux ans déjà, et pourtant le souvenir de cette lecture est toujours aussi étincelant, celui d’un roman sombre, violent, sans espoir, et terriblement réussi. Aussi, quand j’ai vu que son second roman allait sortir en librairie à la fin de l’été, je n’ai pas pu résister. Merci encore aux éditions Sonatine pour cette lecture anticipée.

Dans cette Amérique rurale et défavorisée, où le chômage, la drogue, la violence et la messe du dimanche rythment une vie de misère, Aiden et Thad sont d’inséparables amis. C’est que, pour ces deux ados, la vie a vraiment mal commencée, et c’est l’union de ces deux destins malheureux qui fera naître ce lien entre les deux garçons, à mi-chemin entre l’amitié et la fraternité. À douze ans, Aiden voit le crâne de sa mère voler en éclats lorsque son père lui tire dessus, avant de retourner l’arme contre lui, juste après lui avoir marmonné le seul « je t’aime » qu’il entendra de sa vie. Thad lui, est le fils non désiré d’un viol, poussé très jeune à vivre dans un mobil-home à bonne distance de sa mère et de son beau-père, qui ne sait que boire et cogner. Ceux que la vie rejetait ne pouvaient que se retrouver et s’entendre.

Des années plus tard, le pays est comme prostré, d’un côté il y a cette guerre contre les Talibans à l’autre bout du monde, qui ruine le pays et détruit toute une génération partie faire cette guerre sans y être préparée, de l’autre la crise économique qui frappe le pays plus durement que le terrorisme encore, et qui ravage tous ceux qui ne sont pas partis se battre en Afghanistan. À son retour de l’armée, Thad ne sera plus tout à fait le même, se réfugiant dans l’alcool et la drogue pour oublier ce dos en vrac et ces souvenirs dont il ne veut rien dire, et qui l’empêchent de dormir.

Avec Aiden, ils feront le coup de trop lorsque leur dealer, totalement défoncé, se fait exploser la cervelle en se collant le canon d’une arme qu’il pensait déchargée sur la tempe. Toute cette came, cet argent, ces armes, donnent de mauvaises idées aux deux voyous, qui se confronteront bien vite à un milieu qu’ils n’étaient pas prêts à affronter. Dans cet emballement pour sortir la tête de l’eau, dans cette course à l’argent facile, seul porteur d’espoir d’une vie meilleure, tous les chemins ne se valent pas, et ne conduisent pas au succès.

Et toutes les nuits, avant de se réveiller en frissonnant, il entendait les mots du Tout-Puissant, le Seigneur, qui disait : « Au bout du compte, c’est toujours le sang qui parle. »

David Joy nous offre une fois encore un roman réussi qui confirme le talent de l’auteur, au rythme parfaitement maîtrisé qui ne verse jamais dans le misérabilisme facile. L’écriture est percutante, et j’ai pris un plaisir fou à dévorer cette histoire, pourtant terriblement sinistre, et je vous invite à le découvrir dans quelques jours chez votre libraire, parmi toutes les publications de la rentrée littéraire. Son troisième roman venant tout juste d’être publié aux États-Unis, je ne peux qu’être pressé de le voir publié en France.

Le Poids du monde, de David Joy, est publié en mars 2017 aux États-Unis sous le titre « The Weight of This World » . Il paraît en France le 30 août 2018 aux éditions Sonatine, dans une traduction de Fabrice Pointeau.

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Les Mystères d’Avebury, Robert Goddard

Ma note :
Robert Goddard - Les Mystères d'Avebury

Je suis en retard : dans mes lectures, c’est vrai, mais encore plus dans la rédaction de ces petits avis dans lesquels je me lance parfois plusieurs mois après avoir terminé les dits romans. Et alors là, je vous assure, je dois mobiliser au mieux ma mémoire pour me souvenir non seulement de l’histoire, mais surtout de mes sentiments au fil des pages. C’est donc plus d’un an après la sortie de ce dernier roman du britannique Robert Goddard que je me lance dans cet avis, et exactement six mois après en avoir achevé la lecture. Vous pardonnerez donc quelques inexactitudes et commentaires assez vagues.

Le roman s’ouvre sur le dernier lundi du moids de juillet de 1981, « par un été doux et pluvieux qui vient de virer à la canicule« , dans le petit village d’Avebury. David Umber est alors un jeune étudiant d’environ vingt-cinq ans qui sirote sa bière en attendant quelqu’un, installé en terrasse du Red Lion. C’est de là qu’il sera le témoin d’un drame qui verra naître la suite de l’histoire : l’enlèvement en pleine rue de la jeune Tamsin, puis sa soeur Miranda qui se lance à la poursuite du fourgon avant que celui-ci ne la percute en prenant la fuite.

Tout commence à Avebury. Mais ce n’est pas là que l’histoire se termine.

Vingt-trois ans après, Umber est guide touristique à Prague, et mène une existence tranquille depuis le suicide de sa compagne Sally, qui était la baby-sitter des trois enfants du drame d’Avebury, et autre témoin de cet épisode. C’est là-bas que l’inspecteur Sharp, alors retraité, va le retrouver pour lui demander de reprendre l’enquête avec lui sur la disparition de la petite Tamsin et sur l’accident ayant coûté la vie à sa grande soeur, ne s’étant jamais satisfait des aveux d’un homme qui pour lui n’est pas du tout lié à l’affaire. Pour convaincre Umber, il lui montrera un étrange courrier anonyme l’enjoignant de reprendre l’enquête, signé Junius.

Il faut dire que Junius, pseudonyme d’un célèbre polémiste anonyme du dix-huitième siècle, était précisément le sujet de la thèse d’Umber, et que ce fameux jour de 1981, c’est une source possédant des lettres prouvant la véritable identité de Junius qu’il attendait en terrasse du Red Lion.

Goddard, féru d’histoire et de crime, nous offre dans ce nouveau polar une enquête à la fois moderne et historique, un roman qui ne laisse guère de place à l’ennui et qui, comme souvent avec l’auteur, nous tient en haleine du début jusqu’à la fin. Un polar dévoré en quelques jours, dont je ne me souviens pas le dénouement avec exactitude mais que je sais m’avoir offert de beaux moments de lecture.

Les Mystères d’Avebury, de Robert Goddard, est publié au Royaume-Uni en 2005 sous le titre « Sight Unseen » . Il est publié en France aux éditions Sonatine le 11 mai 2017 dans une traduction de Maxime Berrée.

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La Saison des feux, Celeste Ng

Ma note :

Celeste Ng - La Saison des feuxVous vous souvenez peut-être de mon coup de cœur absolu pour le premier roman de cette jeune auteure américaine, Celeste Ng (prononcez « ing » , c’est même son pseudo sur Twitter, @Pronounced_Ing), Tout ce qu’on ne s’est jamais dit, déjà publié il y a deux ans chez Sonatine ? Et bien l’auteure est de retour dans nos librairies avec un nouveau roman tout aussi splendide, à la mécanique savoureusement articulée, que j’ai pu lire il y a plusieurs mois en anglais grâce à NetGalley, la plateforme qui met les blogueurs et les éditeurs en relation, et qui m’a permis de solliciter ce titre paru en septembre dernier chez Penguin Random House : Little Fires Everywhere.

L’histoire se déroule sous l’administration Clinton, dans une ville atypique de la banlieue de Cleveland dans l’Ohio : Shaker Heights est en effet connue pour son organisation différente, puisque faite de rues courbes et non rectilignes, et pour sa planification extrême dans la vie de la cité, rien n’étant laissé au hasard, tout étant calculé et particulièrement réglementé. « À Shaker Heights, il y avait un plan pour tout » .

C’est dans cette banlieue si paisible, à la vie millimétrée, que par un beau matin, la famille Richardson se retrouve dans la rue à contempler sa maison entrain d’être ravagée par les flammes. Et tous de songer en eux-mêmes : comment a-t-on pu en arriver là ? Ce sera toute l’histoire de ce roman. Comment la famille Richardson, tellement parfaite en apparence, dans sa grande maison de banlieue chic, le père avocat, la mère journaliste dans la station locale, et les quatre enfants bien insérés, ont pu se retrouver dans cette situation ?

Il faudra alors remonter à l’arrivée en ville de Mia Warren et de sa fille Pearl, pour comprendre la cascade d’évènements qui aura permis de faire voler en éclat toute cette façade si tranquille. C’est que, chez les Warren, la vie n’a rien de commun avec celle des Richardson : sans attaches, toujours en mouvements, la mère célibataire et son adolescente de fille vivent un peu une vie d’artistes bohèmes. Aussi, chez les ados, la curiosité sera vite de mise, et si Pearl se lie d’amitié pour les Richardson et se retrouve régulièrement chez eux, on comprendra que la cadette de la fratrie, Izzy, la rebelle de la famille, se sente plus à l’aise en compagnie de Mia…

Seulement voilà, quand la meilleure amie de madame Richardson décidera de demander l’adoption du bébé asiatique abandonné que les services sociaux ont placé chez elle et son mari, et que sa mère biologique se décidera finalement à vouloir la récupérer, la vie des deux familles se cristallisera autour de cette délicate question, jusqu’au point de rupture.

Celeste Ng livre avec ce second roman une analyse absolument bluffante d’une banlieue chic américaine, avec ses faux semblants et ses rancœurs, son ouverture de façade et son racisme dissimulé. Elle y aborde sans concession la place de la femme, la filiation, le droit à l’enfant, l’avortement, et plus généralement ce que sont les familles, dans leurs modes de vie et leurs choix uniques. Comme dans son précédent roman, l’auteure réussit à disséquer parfaitement ces problématiques de société, le tout dans un récit à la langue savoureuse et qui jamais ne m’a ennuyé. Un roman à lire, et une auteure à suivre !

La Saison des feux, de Celeste Ng, est publié aux États-Unis en septembre 2017 sous le titre « Little Fires Everywhere » . Il est publié en France le 12 avril 2018 aux éditions Sonatine, dans une traduction de Fabrice Pointeau.

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Un coeur sombre, R.J. Ellory

Ma note :

RJ Ellory - Un coeur sombreUn an après l’excellent Les Assassins, et pour ne pas déroger aux habitudes, nous retrouvons Roger Jon Ellory avec son polar annuel, toujours chez Sonatine, l’éditeur spécialisé dans le roman frissonnant. Nous voici de nouveau au sein du célèbre NYPD, le département de police de la ville de New York cher à l’auteur, que l’on avait déjà apprécié dans Les Anges de New York.

Vincent Madigan est un de ces flics corrompu jusqu’à l’os, qui a tiré un trait quelques années plus tôt sur ses idéaux et la bonne morale, afin de se remplir les poches, et d’éponger diverses dettes. Homme de main et indic de Sandià, le mafieux du coin, Madigan est un sale type qui ne parle plus ni à ses ex femmes ni à ses enfants, carbure à l’alcool et aux médicaments, mais est toutefois un bon flic.

Je suis surpris chaque matin en me réveillant de m’apercevoir que personne ne m’a tué.

La grande spécialité de Madigan reste quand même de prendre de mauvaises décisions, comme par exemple celle de monter une équipe pour faire un casse dans une des planques qu’utilise Sandià pour stocker le fric de ses activités illégales. Après avoir dézingué les porte-flingues du mafieux et récupéré un paquet de pognon, il se débarrasse de ses partenaires d’un jour. Seulement voilà, rien n’est jamais aussi simple, et tandis qu’il se voit confier l’enquête sur l’une des deux tueries, il découvre une petite fille blessée par une balle perdue, cachée dans la maison de Sandià.

De son côté, le mafieux met la pression sur Madigan afin qu’il lui livre le nom des coupables, car son neveu faisait partie des porte-flingues abattus pour de l’argent de toute façon inutilisable, car lui-même volé lors d’un braquage, et donc tracé. Et comme si les mauvaises nouvelles ne suffisaient pas, il va devoir composer avec l’arrivée d’un inspecteur des affaires internes sur les enquêtes…

Sans surprise, Un coeur sombre est un excellent polar, un roman noir dans lequel j’ai retrouvé avec plaisir la plume d’Ellory, qui s’impose aujourd’hui comme une figure incontournable de la littérature policière. Les personnages sont creusés, épais, l’auteur prenant le temps de les faire exister avant de les jeter dans l’arène de son imagination macabre, dont il ne nous épargne aucun détail, ne nous fait grâce d’aucune cruauté. Une lecture passionnante, un anti-héros qu’on adore détester, une intrigue bien menée, bref, un très bon Ellory.

Un coeur sombre, de R.J. Ellory, est publié aux États-Unis en avril 2013 sous le titre « A Dark and Broken Heart » . Il est publié en France le 1er octobre 2016 aux éditions Sonatine, dans une traduction de Fabrice Pointeau.

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Là où les lumières se perdent, David Joy

Ma note :

David Joy - Là où les lumières se perdent« La vie dans laquelle j’étais né semblait avoir été gravée dans le marbre à l’instant où mon nom de famille avait été griffonné sur mon acte de naissance » , nous lance en guise d’avertissement Jacob McNeely. C’est que, dans le comté de Caroline du Nord où il vit avec son père Charly, porter ce nom condamne à une sorte de malédiction, celle d’être jugé comme un moins que rien, au mieux, ou comme un délinquant, au pire. Et toujours, d’inspirer la peur et le dégoût autour de soi.

« J’avais été chié par une mère accro à la meth qui venait juste d’être libérée de l’asile de fous. J’étais le fils d’un père qui me planterait un couteau dans la gorge pendant mon sommeil si l’humeur le prenait » . Alors que son père est un des gros dealers de meth de la région, le môme grandit à ses côtés en apprenant quelques règles simples, ne faire confiance à personne, ne jamais se retourner, être toujours sur ses gardes. Pour son père, Jacob est une sorte de relève, et c’est désormais à lui qu’il confie la mission de corriger un de leurs associés à la langue trop pendue.

Dans cette vie jalonnée de ratés, Jacob trouvera pourtant une raison d’espérer, de rêver à un avenir meilleur, à une vie différente que celle à laquelle son nom et ses origines le destinent. C’est Maggie, une voisine avec qui il a grandit et dont il est éperdument amoureux malgré leur récente séparation, qui lui donne l’envie de tout changer. « Maggie savait d’où je venais, elle savait ce qu’on cherchait à faire de moi, et elle croyait tout de même que je pourrais m’en sortir » .

Seulement rien n’est jamais simple dans la vie, encore moins pour ceux qui ont grandi en tournant le dos à la chance, et lorsque le passage à tabac merdera dans les grandes largeurs, Jacob n’aura pas d’autre choix pour s’en sortir que de couper les liens, se libérer de ses entraves : il va devoir affronter son père.

Premier roman d’un jeune écrivain américain, Là où les lumières se perdent nous plonge dans une vie de malchance. C’est un récit noir de crasse et rouge du sang versé, où la lumière apparaît au bout d’un interminable tunnel, insaisissable espoir d’une vie différente, folle utopie d’échapper à sa destinée. Un roman sur le désir de rédemption, sur l’amour, sur le destin et sur cette putain de vie, qui parfois prend plus qu’elle ne donne. Un excellent premier roman d’un auteur dont il faut absolument suivre les prochaines publications, et qu’on ne manquera pas j’en suis certain, de retrouver bientôt au cinéma.

Là où les lumières se perdent, de David Joy, est publié aux États-Unis en mars 2015 sous le titre « Where all light tends to go » . Il paraît en France le 25 août 2016 aux éditions Sonatine dans une traduction de Fabrice Pointeau.

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Tout ce qu’on ne s’est jamais dit, Celeste Ng

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Celeste Ng - Tout ce qu'on ne s'est jamais ditEn furetant chez son libraire, repartir avec un roman paru chez Sonatine est presque toujours la certitude de lire un bon roman, tant cette jeune maison d’édition – elle fêtera cette année ses 8 ans d’existence –  semble vouée à ne faire paraître que d’excellents thrillers et autres romans noirs. Avec Tout ce qu’on ne s’est jamais dit, le premier roman de Celeste Ng (prononcez « ing« ), l’éditeur reste fidèle à ses habitudes en publiant un roman incroyablement puissant qui a déjà rencontré outre-Atlantique un franc succès littéraire.

La famille Lee pourrait ressembler à une famille modèle, si l’on ne s’y attardait pas. Le père, James, est professeur d’université, tandis que son épouse Marylin est femme au foyer. Ils ont trois enfants, Nath, Lydia et Hannah, qui s’en tirent honorablement dans leurs études, et pour lesquels ils nourrissent de grandes ambitions.

Cet american dream va durement s’interrompre lorsque le cadavre de Lydia sera retrouvé au fond du lac situé à quelques pas de la maison. Que s’est-il passé cette nuit où leur fille a disparu ? Alors que l’enquête de la police s’oriente vers un suicide, personne ne veut y croire dans sa famille, Lydia était une fille tellement heureuse. Personne, sauf son frère Nath, qui a toujours vu clair en sa soeur.

Le roman est froid et sombre comme l’eau du lac dans lequel on a repêché Lydia. Celeste Ng dissèque avec un talent rare cette famille, construite sur des faux semblants, où les parents cherchent à faire de leurs enfants ce qu’ils n’ont jamais réussi à être. Tandis que le père essaie de prendre sa revanche sur les moqueries liées à son origine ethnique, et rêve que ses enfants soient les plus intégrés possible, leur mère frustrée d’avoir dû interrompre ses études scientifiques pour tenir la maison et s’occuper d’eux, essaie de faire de sa fille un petit génie afin qu’elle puisse, enfin, voir son désir de femme médecin accompli.

L’auteur réussit à écrire un roman saisissant d’intelligence, la lente mais parfaite autopsie d’un drame annoncé, d’une famille aux vicissitudes presque ordinaires. Un excellent livre, très bien écrit, parfaitement construit et que je conseille sans réserve : un gros coup de coeur !

Tout ce qu’on ne s’est jamais dit, de Celeste Ng, est publié en juin 2014 aux États-Unis sous le titre « Everything I never told you ». Il est publié en France le 3 mars 2016 aux éditions Sonatine dans une traduction de Fabrice Pointeau.

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Les Assassins, R.J. Ellory

Ma note :

R.J. Ellory - Les AssassinsIl aura fallu attendre beaucoup d’années pour que Roger Jon Ellory, connu comme R.J. Ellory, soit publié en France. L’honneur en revient à l’inquiétante maison d’édition Sonatine, fournisseur officiel de frissons, qui publia l’année de sa création Seul le silence, le premier R.J. Ellory traduit dans l’hexagone. De l’auteur britannique dont le succès est désormais international, on apprend dans sa biographie qu’il aura essuyé des centaines de refus d’éditeurs britanniques comme américains, avant que son premier roman ne soit finalement publié en 2003.

Depuis, et avec une heureuse régularité, l’auteur dont les thrillers se déroulent aux États-Unis enchaîne les succès en s’attaquant à la culture populaire américaine : la mafia dans Vendetta, le célèbre NYPD dans Les Anges de New-York, la CIA dans Les Anonymes. Avec Les Assassins, Ellory nous met une nouvelle fois sur la piste d’un insaisissable tueur en série.

Alors que la police peine à résoudre les centaines d’homicides sur lesquels elle planche, faute de moyens humains et financiers, un enquêteur du quotidien City Herald et la journaliste avec laquelle il collabore arrivent à relier plusieurs meurtres entre eux. John Costello est l’un des rares rescapés d’un tueur en série, encyclopédie vivante sur le phénomène, il va découvrir que ces meurtres en apparence très distincts sont en réalité des reconstitutions de crimes réalisés des années plus tôt, exactement le même jour.

Aux côtés de l’inspecteur Ray Irving, ils vont tenter de débusquer ce tueur qui semble toujours avoir un coup d’avance, et qui laisse dans son sillage de plus en plus de victimes, et jamais aucun indice sur son identité ou ses motivations…

Les Assassins marque une fois encore l’excellence d’Ellory dans son domaine, avec un roman palpitant, que l’on dévore avec autant d’impatience que d’effroi, et dont la lente progression est un merveilleux supplice. Le travail de documentation est saisissant, rendant l’histoire des plus réalistes, parvenant même à me coller la chair de poule et à me faire rallumer la lumière alors que je lisais au fond de mon lit. Un roman maîtrisé, une histoire glaçante : le plaisir absolu d’un merveilleux thriller.

Les Assassins, de R.J. Ellory, est paru aux États-Unis en 2010 sous le titre « The Anniversary Man », et publié en France aux éditions Sonatine le 19 août 2015 dans une traduction de Clément Baude.

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