L'Homme Qui Lit

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La Disparition de Josef Mengele, Olivier Guez

Ma note :

Olivier Guez - La disparition de Josef MengeleJ’ai déjà sûrement évoqué le plaisir que j’ai à lire des romans ou des essais concernant la seconde guerre mondiale, l’occupation française et le régime nazi, sans fascination morbide, mais avec une curiosité chaque fois renouvelée, comme incapable de croire que « nous ayons pu faire ça ». C’est ainsi que cette dernière rentrée littéraire m’a proposé L’ordre du jour, déception personnelle mais prix Goncourt 2017, et La Disparition de Josef Mengele, lauréat du prix Renaudot.

Mengele était un médecin allemand, officier de la SS servant une cause macabre dans les camps de concentration, et plus particulièrement à Auschwitz où il fût responsable du tri des déportés arrivant par wagons entiers, qu’il envoyait sans scrupules se faire gazer par centaines, et où il réalisait également d’effroyables expériences médicales dont on frissonne encore aujourd’hui, tant la cruauté et la perversité qu’elles demandaient sont incompatibles avec le progrès médical.

En 1945, lorsque l’Armée Rouge libère Auschwitz, il a déjà pris la fuite vers l’Ouest où les américains l’arrêtent, mais dans le chaos de la Libération, le laissent filer ne sachant pas qu’il était un criminel de guerre. C’est avec de faux papiers qu’il vivra quelques années en Allemagne, avant de prendre la fuite vers l’Amérique latine, aidé par un réseau d’anciens nazis spécialisé dans l’exfiltration d’anciens dignitaires et hauts gradés.

Le récit romancé d’Olivier Guez débute avec l’arrivée en 1949 de Mengele à Buenos Aires, en Argentine, où sous une fausse identité il travaille comme charpentier et loge dans une pension familiale, avant de rapidement se mettre en rapports avec d’anciens nazis arrivés avant lui, lui permettant de s’installer chez des amis dans une immense demeure. Commencera alors pour Mengele une période faste, celle d’un homme libre, qui se fait de l’argent en devenant commercial pour l’entreprise familiale d’engins agricoles, tout en échappant à tout travail d’enquête qui le vise.

Cela semble incroyable et pourtant, c’est avec sa véritable identité qu’il demande un passeport allemand et réussit même à se rendre en Allemagne pour voir son fils auprès de qui il prétend être un oncle, épousant même sa belle-sœur et la faisant s’installer en Argentine. Il mène alors, comme choisira l’auteur comme titre pour la première partie de ce roman, une vie de pacha.

Dans la seconde partie du récit, Le rat, la fuite tranquille de Mengele est mise à mal. Traqué par des chasseurs de nazis, qui obtiennent des autorités allemandes un mandat d’arrêt international, Mengele doit faire profil bas, et n’est plus bien vu en Argentine. Dans la même période, les services de renseignements israéliens, le Mossad, s’occupent de kidnapper et ramener en Israël le nazi Adolf Eichmann afin qu’il soit jugé et condamné à mort.

Pour Mengele, c’est de nouveau l’exil, au Brésil cette fois. Ses soutiens se font rares, et l’argent que sa famille lui accorde discrètement vient moins facilement depuis que les autorités enquêtent plus sérieusement. Dans cette seconde partie, Mengele ne mène plus une existence flamboyante, mais il se terre, et se cache dans une ferme avec un couple avec qui il entretient des rapports conflictuels. Malade, en déclin, l’homme finira par vivre comme un rat, fardeau pour tous ceux qui jusque là le supportaient par sympathie, ou par appât du gain.

Olivier Guez nous offre un récit fascinant, un travail extrêmement documenté, une enquête historique sous forme de roman qui méritait amplement le prix Renaudot. Si je connaissais les grandes lignes de la fuite de Mengele en Amérique latine, je n’avais jamais eu connaissance de tous ces détails, des complicités des régimes locaux, de la mauvaise volonté des autorités allemandes pour enquêter, des difficultés du Mossad pour poursuivre leur inéluctable vengeance. C’est un récit difficile, car à distance de ses crimes on pourrait être tenté de trouver Mengele sympathique dans sa nouvelle vie, quasiment ordinaire. Un roman à lire, si ce n’est pas encore fait.

La Disparition de Josef Mengele, d’Olivier Guez, est publié le 16 août 2017 aux éditions Grasset.

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Médecin de combat, Denis Safran et Vincent Remy

Ma note :

Denis Safran - Médecin de combatDenis Safran est une figure emblématique de sa génération, celle de ces médecins retraités qui ont été là au commencement de tout, qui peuvent dire « j’en étais » quand on aborde avec nostalgie l’arrivée de telle ou telle transformation de la médecine, de la société, ou encore d’évènements marquants. Safran, ancien grand patron hospitalier, chef du service d’anesthésie réanimation du sulfureux Hôpital Européen Georges Pompidou, l’HEGP pour les néophytes, est aujourd’hui encore bien actif : à la BRI, la Brigade de Recherche et d’Intervention, à la préfecture de police de Paris ou encore au ministère de l’intérieur.

Le bouquin s’articule autour du récit croisé de Denis Safran, qui nous raconte quelques évènements marquants de sa carrière, et d’un portrait dressé par le journaliste Vincent Remy. On revient au fil des pages sur les jeunes années de Denis Safran, de sa vie d’interne à ses premiers faits d’arme auprès des mandarins de l’époque, ces grands patrons qui tenaient l’hôpital dans leur main, avant que Roselyne Bachelot ne leur enlève ce pouvoir, avec sa loi HPST.

On le suit dans ses aventures pas toujours très claires en Egype, où il fut appelé à s’occuper du Shah d’Iran alors en exil, et entrain de mourir, ou bien encore de son escapade en Corée du Nord, à donner un avis médical sur les blessures de la mère de Kim Jong-Un, qui est pourtant officiellement morte en France d’un cancer du sein…

Safran est aussi et surtout celui qui, à l’instar des autres forces d’intervention d’élite que sont le RAID et le GIGN, se bat pour la médicalisation de la BRI. C’est avec eux qu’il vit ses aventures d’aujourd’hui, puisque retraité de l’hôpital public, frappé par la limite d’âge. C’est avec eux, enfin, qu’il participera aux terribles attentats de Charlie Hebdo, des terrasses parisiennes et du Bataclan.

Médecin de combat est un récit intéressant, bien écrit, vite lu. On y suit avec intérêt ce parcours hors norme, on se drape avec plaisir dans l’évocation nostalgique de ces aventures d’une autre époque. Pourtant, si j’ai globalement apprécié la lecture du bouquin, j’ai quand même été marqué par l’ego impressionnant de Safran, qu’on sent particulièrement dépendant de son statut un peu unique, émoustillé par sa voiture de fonction lui permettant de traverser Paris au « gyro deux tons » , qui adore rappeler son statut de conseiller auprès du ministre. Bref, quelqu’un d’important et d’indispensable, à ses yeux. Pour vous dire, je me suis même demandé comment Safran allait continuer d’exister quand on lui dirait qu’il est trop vieux pour les colonnes d’assaut de la BRI, et plus désiré dans l’entourage d’un nouveau ministre…

Médecin de combat, de Denis Safran et Vincent Remy, est publié le 11 janvier 2017 aux éditions Grasset.

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L’expérience Utopia, Kyle Mills

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Kyle Mills - L'expérience UtopiaQuinze ans après sa mort, l’œuvre de Robert Ludlum vit encore grâce à la plume talentueuse d’écrivains méconnus, relégués à l’ombre par une rentable franchise, comme Eric Van Lustbader avec la poursuite de la saga Jason Bourne, ou bien pour la saga Covert-One qui nous intéresse ici, de nombreux autres auteurs dont Kyle Mills.

Covert-One est une agence non officielle, non gouvernementale, gérée par un espion, ami de longue date du président. Elle fait le sale boulot sans exister, détourne secrètement des fonds pour se financer, et remplit ses missions en utilisant les services et les hommes de différentes organisations fédérales, le tout sans éveiller l’attention.

Lorsque Dresner Industries dévoile son nouveau produit, le Merge, une véritable révolution technologique, humaine et militaire se profile. La machine, à peine plus grosse qu’un smartphone, se connecte à des implants cérébraux et transforme notre expérience de vie : amélioration de la vue, de l’ouïe, navigation web intuitive, programme Layer-Cake visant à déterminer si les personnes avec qui l’on interagit sont de bonnes personnes, mentent, …

Le colonel Smith, médecin microbiologiste de l’armée, est chargé de tester la version militaire du Merge, dont seule l’armée américaine serait dotée. Les applications sont incroyables, et rapidement un groupe de bureaucrates de l’armée met K.O. une équipe de Navy Seals dans une expérience visant à tester le potentiel du Merge.

Derrière cette façade révolutionnaire, Christian Dresner cache en réalité un projet fou, celui de l’amélioration de l’espèce humaine par l’épuration. Avec l’aide de Randi, une agent de la CIA qui découvrira en Afghanistan un village entièrement massacré, et qui fera le lien avec une expérience du Merge, le colonel Smith va devoir enquêter le plus discrètement possible sur les plans machiavéliques de son créateur, alors que chaque jour des dizaines de milliers de nouveaux Merge sont implantés…

Kyle Mills réussit avec L’expérience Utopia à refaire vivre l’esprit de Ludlum sous sa plume talentueuse. L’histoire est haletante, j’ai dévoré ce livre avec avidité, et j’ai souvent songé qu’il fallait une imagination débordante pour avoir songé à tel ou tel élément du bouquin. Ce n’est évidemment pas de la littérature intellectuelle, ça ne passera pas dans La Grande Librairie, mais c’est un sacré bon roman de divertissement comme je les aime !

L’expérience Utopia, de Kyle Mills, est paru aux aux États-Unis en mars 2013. Il est publié en France aux éditions Grasset le 19 octobre 2016 dans une traduction d’Alexandre Guégan.

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Anna, Niccolo Ammaniti

Ma note :

Niccolo Ammaniti - AnnaNous sommes en 2020, en Sicile. Sur cette petite île qui s’accroche presque à la botte de l’Italie, vivent Anna et son petit frère Astor, et pas grand chose d’autre. Quelques années plus tôt, un virus inconnu surnommé La Rouge a déferlé sur la planète, décimant tous les adultes plus où moins rapidement. De manière assez mystérieuse, la maladie ne se déclare chez les enfants qu’avec les signes de puberté. Les Grands réduits à l’état de cadavres à la décomposition plus où moins avancée, ne reste alors plus sur la planète qu’une génération d’enfants de moins de 14 ans, résignés à survivre en attendant la mort. Ou une guérison miraculeuse.

A Castellammare, au nord ouest de l’île, les deux enfants tentent de survivre dans la maison de leur mère. Astor, quatre ans, vit enfermé dans le terrain familial, effrayé par toutes les horreurs qu’Anna a inventé pour éviter que son petit frère n’aille se confronter à la laideur du monde. C’est elle qui explore les villes à l’abandon, errant de boutique saccagée en maison déjà fouillée, dans l’espoir de trouver quelques vieilles conserves leur permettant de se remplir l’estomac de temps en temps.

Sur cette île coupée du monde, livrée à elle-même, règne un espoir d’enfant : une Grande aurait survécu, et serait immunisée face au virus. Cette adulte érigée en déesse vivrait protégée par une meute d’enfants dans un hôtel du coin, et chacun y va de son histoire pour imaginer comment la contenter, afin d’obtenir d’elle une immunisation. Pour Anna et Astor, l’espoir se situe sur le continent, où elle est persuadée que certains ont survécu et mis au point un remède. De Palerme à Messine, commence alors un long périple dans un territoire peuplé de cadavres, de bandes d’enfants errants et de meutes de chiens affamés. Un voyage vers l’espoir.

Romancier italien bien connu à l’étranger, Niccolo Ammaniti voit la plupart de ses romans adaptés au cinéma. Anna dérogera peut-être à cette règle : si le roman se lit avec avidité, et que la plume est belle et l’histoire émouvante, haletante, impossible de s’enlever de l’esprit un air de déjà lu, de déjà vu. Anna pourrait être une variante de La Route de Cormac McCarthy, qui semble avoir posé les codes du genre. Les amateurs de série retrouveront également l’ambiance post-apocalyptique de The Walking Dead, zombies en moins. Un bon roman, mais qui m’a un peu déçu par son manque d’originalité.

Anna, de Niccolo Ammaniti, est publié en Italie en octobre 2015 sous le même titre. Il paraît en France le 31 août 2016 aux éditions Grasset dans une traduction de Myriem Bouzaher.

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Police, Hugo Boris

Ma note :

Hugo Boris - PolicePeu de professions vous exposent à la fascination et à la haine au quotidien. Les policiers français subissent la schizophrénie sociale d’un pays qui change de cible au gré du vent médiatique : on les applaudit pour les encourager après les attentats, on pleure leurs morts lors d’évènements dramatiques, on les caillasse sans vergogne lors des manifs, on les méprise lorsque l’exercice de leur profession vient déranger les petits arrangements qu’on prend avec la loi, on les suspecte d’être tout à la fois ignares, alcooliques, ripous et violents. Un amour vache, dira-t-on.

Hugo Boris nous plonge en immersion dans une mission ordinaire d’un équipage lambda de la police nationale, trois policiers comme on en croise tous les jours sans forcément y prêter attention. Virginie, la femme tourmentée par une grossesse non désirée qu’elle s’apprête à stopper, Aristide, le beau tas de muscles à la grande gueule, qui tente par tous les moyens de rester dans le giron de celle qu’il a réussi à mettre dans son lit un soir, et Erik, le major et chef d’équipage qui passe pour un vendu à la solde de sa hiérarchie.

Alors que l’incendie fait rage au Centre de Rétention Administrative de Vincennes, où s’entassent les immigrés clandestins en attente de décision de reconduite à la frontière, tous les trois se retrouvent embarqués pour une escorte d’un tadjik jusqu’à l’aéroport Charles de Gaulle. Cette mission en apparence banale, répétée des dizaines de fois par jour par des équipes spécialisées, va profondément transformer le destin de ces trois policiers, qui verront leurs certitudes voler en éclat.

C’est un roman qui se lit rapidement, deux cent pages qui nous plongent dans l’habitacle de cet équipage hétéroclite et plus complexe qu’il n’y paraît, à la manière d’un documentaire télévisé. L’histoire est touchante et empreinte d’humanité, ne verse pas dans le pathos, et nous rappelle, s’il en était besoin, que sous cet uniforme jamais assez bien taillé ne se cachent que des hommes et des femmes ordinaires, passionnés par un métier qui les use, et parfois même bien incapables de cacher leur sensibilité derrière leur gilet pare-balles.

Police, de Hugo Boris, est publié le 24 août 2016 aux éditions Grasset.

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Monsieur l’écrivain, Joachim Zelter

Ma note :

Joachim Zelter - Monsieur l'écrivainJe me fais toujours un peu avoir par les couvertures, surtout lorsqu’elles mettent en avant des bouquins, et à plus forte raison encore lorsqu’elles montrent des bibliothèques entières. Seulement voilà, n’écrit pas Confiteor qui veut, et dernièrement j’ai été déçu par ces romans aux couvertures accrocheuses, ce bookporn qui fait rêver les blogueuses littéraires.

L’expérience ne fut guère plus positive avec Monsieur l’écrivain, de l’allemand Joachim Zelter, une nouvelle qui sort en 128 pages chez Grasset trois ans après sa publication outre-Rhin. L’auteur y dénonce de manière satirique les travers du monde de l’édition avec le personnage de Selim Hacopian, qui envoie une missive aussi brève qu’irritante à un écrivain de renom : « Selim Hacopian a écrit un livre ».

L’homme en question n’y joint pas un extrait de son manuscrit, non, il fournit un curriculum vitae aussi farfelu que sa missive, et face à l’absence d’emballement de la part de ce célèbre écrivain, se décide à l’interpeller directement dans la rue. Bon gré mal gré, les deux hommes prennent pour habitude de se retrouver dans un café pour travailler ensemble les écrits calamiteux de cet homme ne maîtrisant même pas la langue, et dont la prose semble ne pouvoir jamais être publiée. Seulement voilà, alors que l’éditeur de l’écrivain commence à moins s’intéresser à celui ci, le style de Selim Hacopian séduit une grande maison d’édition…

Cette mini-satire n’est pas catastrophique, mais je l’ai lue sans passion et avec assez peu d’intérêt. Le style est un peu lourd, l’histoire pas franchement transcendante, et ça ne devrait pas ébranler le monde de l’édition. Heureusement que c’était vite lu !

Monsieur l’écrivain, de Joachim Zelter, est une nouvelle publiée en août 2013 en Allemagne sous le titre « Einen Blick werfen » . Elle est publiée en France le 4 mai 2016 aux éditions Grasset.

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Le dernier paradis, Antonio Garrido

Ma note :

Antonio Garrido - Le dernier paradisLe krach boursier de 1929 et la Grande Dépression qui le suivit laissèrent des milliers d’américains dans la détresse. C’est le cas de Jack, un jeune ouvrier spécialisé qui travaille dans une usine Ford de Détroit, et qui est licencié en raison de ses origines juives. Réfugié chez son père alcoolique à New-York, il essaie par tous les moyens de trouver du travail afin de payer les arriérés que le propriétaire de son père lui réclame. Quand survient un drame, Jack ne pense qu’à prendre la fuite pour éviter la prison.

Il est recueilli par Andrew, un ancien ami devenu communiste convaincu, qui tente par tous les moyens de rejoindre l’URSS, qui recrute alors des ouvriers américains pour faire fonctionner la toute nouvelle usine Ford que Staline vient de faire construire, baptisée l’Autozavod. Pour les américains affamés, cette nouvelle vie en Russie se présente comme une terre d’abondance ou chacun peut venir jouir des richesses du dernier paradis.

Sur place, tout se compliquera, et rien ne correspondra vraiment à l’idéal soviétique que la propagande communiste laissait espérer, et Jack va devoir décupler d’habileté pour tirer son épingle du jeu. Embauché par le directeur américain à qui il a sauvé la vie, il se retrouvera malgré lui au coeur d’une complexe machination, à devoir enquêter sur des cas de sabotage tout en essayant d’éviter de disparaître comme nombre de ses compatriotes, enlevés par les services secrets.

Antonio Garrido signe après son roman à succès, Le lecteur de cadavres, un nouveau polar historique passionnant. J’ai découvert à cette occasion que Staline avait passé un accord avec Ford pour cette usine unique en son genre, et je me suis régalé des aspects historiques très documentés du roman. Une lecture qui m’a transporté des États-Unis à l’URSS pendant une période de l’histoire difficile, et qui m’a rappelé avec grand plaisir ma lecture de l’opulente saga Chronique des Clifton de Jeffrey Archer. Les amateurs apprécieront !

Le dernier paradis, d’Antonio Garrido, est publié en Espagne en juin 2015 sous le titre « El Último Paraíso ». Il est publié en France en mai 2016 aux éditions Grasset, dans une traduction d’Alex et Nelly Lhermillier.

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Enfants de nazis, Tania Crasnianski

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Tania Crasnianski - Enfants de nazisLa période de l’histoire entourant la seconde guerre mondiale est intriguante à bien des égards, et ma curiosité et mon besoin d’essayer de comprendre la survenue du pire me pousse régulièrement à lire des essais historiques, rédigés comme de véritables enquêtes. C’est sur la descendance de certains des pires nazis que s’est penchée Tania Crasnianski dans ce récit glaçant et troublant à la fois.

Leurs noms sonnent souvent comme les pires passages de notre histoire récente, celle du nazisme, des crimes de guerre, de l’abandon de l’humanité au profit de la barbarie, de la haine, d’une folie inqualifiable. Pourtant, Himmler, Mendele, Göring, Bormann, Speer et les autres furent des parents ordinaires, voire de bons parents, aimants, pour certains.

Comment ces hommes voués à la défense de l’état nazi et de la solution finale, pouvaient-ils faire exécuter des centaines d’hommes, de femmes et d’enfants dans les camps de concentration la journée, et rentrer chez eux le soir, jouer avec leurs enfants ? Quelle part de dualité existait-il dans l’esprit de ces hommes sans pitié, qui pourtant aimaient éperdument leurs enfants ?

C’est à cette étrange dichotomie que s’est intéressée Tania Crasnianski, avocate pénaliste aux origines variées, dans cet essai dédié aux enfants de nazis. Qu’est devenue la descendance de ces hommes, condamnés pour la plupart lors des procès de Nuremberg ? Certains suivront les pas de leurs parents, perpétuant une tradition extrémiste, frôlant avec le négationnisme. D’autres prendront des chemins radicalement opposés, changeront de nom, se convertiront au judaïsme, se feront stériliser pour éviter toute descendance, comme si la folie de l’homme n’était qu’une maladie transmissible. Un essai aussi complet qu’étonnant, richement documenté et passionnant à lire.

Enfants de nazis, de Tania Crasnianski, est publié le 9 mars 2016 aux éditions Grasset.

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Les vrais durs, T.C. Boyle

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TC Boyle - Les vrais dursLes vrais durs ne sont pas toujours ceux auxquels l’on pense, pourrait songer Sten Stensen lorsque les dernières pages de ce roman nous invitent à le ranger dans les méandres de notre mémoire de lecteur. Si lors d’un voyage organisé au Costa Rica, une de ces croisières pour retraités que les américains affectionnent tout particulièrement, Sten neutralise à mains nues un jeune homme armé bien décidé à alléger son groupe en visite de leurs portefeuilles, son geste tient plus du réflexe d’ancien Marine que de l’action héroïque.

Glorifié malgré lui à son retour au pays, il retrouve avec sa femme Carolee la vie ennuyeuse d’un ancien proviseur à la retraite, affublé d’un fils errant entre folie et marginalité, qu’il tente sans vraiment trop s’en donner les moyens, de canaliser en le laissant vivre dans la maison de sa grand-mère fraîchement décédée.

Adam, son fils d’une trentaine d’année, se fait appeler Colter en mémoire de John Colter, un explorateur américain dont les aventures dans la région du parc de Yellowstone sont dignes du film The Revenant, récemment à l’écran. Ainsi il quitte régulièrement la maison que ses parents ont laissé à sa disposition pour aller crapahuter dans la montagne, essayant de se protéger de ceux que ses délires schizophréniques le font appeler « les hostiles ».

Dans son périple, il rencontrera Sarah, une de ces pseudo-révolutionnaires un peu barrées, persuadée que l’état fédéral n’a pas de légitimité sur elle, et qu’elle n’a ni à lui rendre de compte, ni à obtempérer. Forcément, quand un agent de police la contrôle sur la route, les choses s’enveniment…

Dans la région, les mexicains sont vite pointés du doigt dés que quelque chose va de travers, et quand il s’agit de défendre la forêt, qui abriterait la source d’un traffic de drogue, c’est Sten Stensen le héros d’un jour que l’on vient chercher. Jusqu’à ce que l’on découvre, ébahi, que son fils Adam est à l’origine des récents évènements dans cette forêt, et que, armé et délirant, il refuse de se rendre.

Boyle livre un roman dérangeant,  librement inspiré des 36 jours de traque policière d’Aaron Bassler, qui interroge avec une plume acide et moqueuse, les dérives culturelles américaines, la folie banalisée, la xénophobie, la résistance vis à vis de l’état fédéral, l’attitude colonaliste des touristes américains, l’héroïsation à tout va, la toute puissance d’une police lourdement armée… Un roman sympathique mais un peu trop fourre-tout à mon goût.

Les vrais durs, de T.C. Boyle, est publié en mars 2015 aux États-Unis sous le titre « The Harder They Come ». Il est publié en France le 23 mars 2016 aux éditions Grasset dans une traduction de Bernard Turle.

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Oh la vache !, David Duchovny

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David Duchovny - Oh la vacheVous aurez peut-être du mal à vous faire à cette idée, mais le plus célèbre des agents du FBI et par ailleurs hypersexué notoire fait sa grande entrée dans le monde de la littérature ! Une sombre histoire de scénario refusé par Disney et Pixar, et voilà David Duchovny contraint de publier Oh la vache ! sous forme de roman, et pas des moindres…

Elsie Bovary est une vache, oui, mais pas n’importe quelle vache. Comme sa mère avant, et la mère de sa mère, ainsi que toutes leurs mères respectives, elle vit dans une ferme où chaque jour, avec plus ou moins de considération, les fils du fermier la traient avant de la faire patûrer, pour la traire encore avant qu’elle ne s’endorme. Avec sa copine Mallory, elle rêve d’aller voir les taureaux qui font certes un peu peur, mais dégagent quelque chose d’incroyablement irrésistible, un brin bestial…

Un soir, un des humain distrait par ce drôle de petit appareil qu’ils appellent un portable, laisse la porte de l’étable ouverte. L’occasion est trop belle, et les deux copines vont flirter avec les taureaux. Profitant de cette soudaine liberté, Elsie s’approche de la ferme dans laquelle elle découvre sur une étrange machine que les humains regardent ensemble, ce qu’il advient des animaux d’élevage et en particulier des vaches comme elle.

C’est décidé, elle va devoir s’exiler pour survivre ! Après quelques recherches, elle découvre que l’Inde fera une excellente terre d’accueil, puisqu’elle y sera sacrée. Voilà comment, flanquée de ses deux complices que sont Shlomo le cochon auto-proclamé juif et Tom la dinde, elle s’évadera pour survivre, et devra affronter bien des obstacles et des difficultés pour parvenir à ses fins.

Oh la vache ! est un livre assez bref, résolument original et qui ne se prend pas trop au sérieux. On pourrait à tort le prendre pour un livre pour enfants, mais c’est une vraie comédie d’adulte que cette escapade animale internationale, et si la légèreté dirige l’ensemble du récit, c’est avec beaucoup d’humour que David Duchovny nous emmène à travers le monde aux côtés de ces drôles d’animaux. Quel meilleur prétexte que l’humour pour mettre le doigt où ça fait mal ?

Oh la vache !, de David Duchovny, est publié en février 2015 aux États-Unis sous le titre « Holy Cow ». Il est publié en France le 13 janvier 2016 aux éditions Grasset, dans une traduction de Claro.

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