L'Homme Qui Lit

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Étiquette : calmann lévy

Combo Jack Reacher, de Lee Child

Ma note :
Lee Child - La Cible était française

Je suis clairement à la bourre pour lire toutes les nouveautés que je voudrais dévorer, et je suis encore plus en retard sur la rédaction de ces petites chroniques… Pour rattraper mon retard sur les titres obtenus auprès des éditeurs par le biais de NetGalley, je me suis donc plongé dans des titres « anciens » avant de me précipiter comme à chaque fois sur les nouveautés. Et là, parmi la liste de tous ces bouquins qui me faisaient de l’oeil, j’avais laissé La Cible était française, un bouquin de Lee Child, l’auteur – entre autres – de la saga Jack Reacher, que j’adore lire et voir adaptée au cinéma (mais si, avec Tom Cruise, vous savez !).

Ni une ni deux, je profite d’une météo automnale pendant mes vacances en Corse avec ma Kindle pour rattraper mon retard, et je me lance dans ce premier bouquin sorti l’été précédent. Reacher rend service à ses anciens employeurs militaires pour traquer un tireur d’élite qui a tenté d’assassiner le Président français à plus de mille trois cent mètres, heureusement protégé par une toute nouvelle vitre blindée. À quelques jours de la tenue du G8 à Londres, les services de sécurité sont sur les dents, et lorsqu’une liste d’auteurs potentielle circule, on appelle Reacher pour s’occuper de l’américain qu’il avait déjà mis en prison par le passé.

Le bouquin était top, j’ai adoré la façon dont l’intrigue s’est lentement épaissie, et ce moment où les gentils ne semblent plus tellement l’être est toujours aussi jubilatoire lorsqu’on ne l’avait pas vu venir. À peine la dernière page tournée, je découvre qu’un nouveau titre de la saga Jack Reacher vient de paraître chez Calmann-Lévy, aussi j’en profite pour solliciter Bienvenue à Mother’s Rest auprès de l’éditeur, afin de pouvoir rester encore un peu plus avec Reacher.

Ce second titre est un peu différent, on se retrouve perdu dans les étendues de maïs aux États-Unis, à la gare de Mother’s Rest, comptoir céréalier s’étant trouvé sur le chemin de Reacher, qui s’est arrêté intrigué par le nom de cette ville.  Il ne sera pas déçu du voyage, car la ville et ses habitants lui paraissent très rapidement suspects, comme s’ils avaient tous quelque chose à cacher. Il y rencontrera Michelle Chang, une ancienne agent du FBI devenue détective privée, qui cherche en vain son collègue Keever après qu’il lui ai demandé de rappliquer illico-presto. L’ambiance est radicalement différente de La Cible était française, car Reacher n’est en mission pour personne d’autre que lui-même et son besoin de rétablir la justice. Dans ce bouquin, pas de barbouzerie, pas de militaires, juste des gens d’apparence ordinaire, pourtant pas très clairs avec un secret à protéger, quitte à tenter d’éliminer les étrangers de passage qui se montrent un peu trop curieux. Je ne dévoilerai rien du reste de l’intrigue, si ce n’est que c’est clairement gore, comme dans un bon polar de R.J. Ellory.

La Cible était française est publiée en août 2014 au Royaume-Uni sous le titre Personal, et est publié en France aux éditions Calmann-Lévy le 6 septembre 2017 dans une traduction d’Elsa Maggion. Le titre est également disponible au format poche depuis le 5 septembre 2018 aux éditions Le Livre de Poche.

Bienvenue à Mother’s Rest est publié en septembre 2015 au Royaume-Uni sous le titre Make Me, et est publié en France aux éditions Calmann-Lévy le 19 septembre 2018 dans une traduction d’Elsa Maggion.

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Un cri sous la glace, Camilla Grebe

Ma note :

Camilla Grebe - Un cri sous la glaceJe sais pas chez vous, mais ici il pleut, il fait froid, et je suis enrhumé : d’excellentes raisons pour me plonger dans mes nombreuses lectures en retard, même si c’est avec un roman qui se passe à Stockholm en plein hiver, et que ça ne réchauffe pas franchement l’atmosphère. Un cri sous la glace est le premier roman en solo de la jeune Camilla Grebe, sorti il y a deux ans en Suède, après qu’elle ait publié une saga policière avec sa sœur.

Emma travaille comme employée dans une boutique de fringues, et c’est sur son lieu de travail qu’elle va faire la rencontre qui changera bientôt sa vie. C’est que la jeune femme vit une relation aussi secrète que passionnée avec Jesper Orre, sulfureux patron de sa chaîne de boutiques, connu de la presse pour ses aventures à répétitions et son management très rigoureux.

Quand Jesper est porté disparu et qu’on retrouve le cadavre d’une femme décapitée dans sa maison, l’enquête pousse Peter, un flic de la criminelle, et Hanne, profileur qui bosse parfois comme consultante pour la police, à retravailler ensemble. Les choses ne s’annoncent pourtant pas aussi simplement : Peter et Hanne ne se sont pas parlé depuis dix ans après une rupture pas très élégante, mais en plus Hanne souffre d’une forme de démence précoce, qui lui grignote peu à peu la mémoire.

Alors que l’enquête piétine, c’est vers une affaire similaire vieille de dix ans que les enquêteurs se tourneront pour tenter de comprendre, et de retrouver l’assassin.

Un cri sous la glace est un polar finement mené, ou le suspens reste intact jusqu’aux derniers chapitres, et ou l’enquête racontée en parallèle de la vie personnelle de chacun des protagonistes s’épaissit au fur et à mesure que les failles des principaux suspects se dévoilent. C’est avec beaucoup de plaisir et d’hypothèses contraires sur l’identité du tueur que j’en ai dévoré les 450 pages !

Un cri sous la glace, de Camilla Grebe, est publié en Suède en août 2015 sous le titre « Älskaren från huvudkontoret » . Il est publié en France aux éditions Calmann-Lévy le 1er février 2017 dans une traduction d’Anna Postel.

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No Home, Yaa Gyasi

Ma note :

Yaa Gyasi - No HomeIls sont rares ces romans qui vous happent, qui dés les premières pages libèrent une magie littéraire, vous jettent un sort qui vous empêche d’en arrêter la lecture avant d’en tourner la dernière page, exténué par une lecture frénétique. Ils sont assez rares pour que l’on puisse en parler comme des coups de cœur, des révélations, des pépites, et qu’on veuille essayer de convaincre tout le monde autour de soi que c’est LE roman à lire, le titre qu’il ne faut surtout pas rater, et dont on espère qu’il deviendra avec le temps un grand classique de la littérature américaine.

Le roman débute dans la fin du 18ème siècle, dans les terres de Côte-de-l’Or, le Ghana actuel, autour du destin de deux soeurs, Effia et Esi, nées d’une même mère dans deux villages différents d’une province tribale du pays fanti. Effia sera mariée à un colon anglais du fort de Cape Coast, vivant alors du commerce avec l’Afrique mais surtout de la traite négrière. Sa soeur Esi, dont elle ignore l’existence, sera elle aussi envoyée dans le fort, mais dans ses immondes cachots, ou elle sera vendue comme esclave puis envoyée en Amérique.

Au fil des générations, le lecteur suit la descendance de ces deux sœurs promises à des destinées que tout oppose et qui pourtant, chacune à leur façon, fait écho à ses racines. Les enfants d’Effia resteront dans ces terres d’Afrique, seront de ces Grands Hommes, chefs de tribus, lettrés, enseignants, condamnés à voir les clans s’entretuer pour survivre et vendre à l’homme blanc sa précieuse marchandise qu’est l’homme noir.

Aux États-Unis, la descendance d’Esi connaîtra l’enfer de l’esclavage, des champs de coton aux coups de fouets, du travail forcé dans les mines à l’injuste ségrégation, de la guerre de sécession à l’enfer de la drogue. Sept générations plus tard, les destins entremêlés de Marjorie et de Marcus, chacun porteur de la très longue histoire de leur famille, faite d’espoir et de souffrance, riches de leurs racines africaines, qui se retrouvent enfin au fort de Cape Coast, le point originel.

Yaa Gyasi signe à 26 ans un premier roman d’une extraordinaire maturité, d’une beauté qui transcende la littérature. L’histoire de cette famille qui traverse les siècles, nourrie par l’espoir d’une vie meilleure, qui toujours garde la tête haute, est tout simplement magnifique. C’est une lecture passionnante, à l’écriture maîtrisée, un roman polyphonique de personnages aussi sensibles que touchants, qu’il faut absolument découvrir. Un très grand livre !

No Home, de Yaa Gyasi, est publié aux États-Unis en juin 2016 sous le titre « Homegoing ». Il est publié en France le 4 janvier 2017 aux éditions Calmann-Lévy dans une traduction de Anne Damour.

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Jack Reacher Never go back (Retour interdit), Lee Child

Ma note :

Lee Child - Jack Reacher retour interditIl en aura parcouru du chemin depuis 1997, notre combattant affecté à la police militaire ! Le héros de Lee Child fêtera cette année ses vingt ans d’existence sur le papier, vingt et un livres à son actif, et s’il approche théoriquement de la cinquantaine, Jack Reacher n’a pas pris une ride. Never go back, titré en France dans les deux langues (c’est étrange, mais c’est comme ça), est donc sorti trois semaines avant la sortie au cinéma du film éponyme. Ce dix-huitième roman de la saga Jack Reacher est donc la seconde adaptation du personnage sur grand écran. Vous suivez toujours ?

Comme je suis à la bourre dans mes lectures, j’ai dévoré ce bouquin pour le nouvel an, bien après être allé voir le film au cinéma. Je me suis un peu fait violence, pas que le livre ne m’intéresse pas, au contraire même, mais je suis toujours rebuté à l’idée de cumuler lecture de l’oeuvre d’origine et adaptation au cinéma, l’un polluant forcément l’autre, bien au delà de la simple intrigue.

J’ai donc lu ce roman en connaissant déjà l’histoire, mais pour autant et sans grande surprise, je l’ai préféré au film. Reacher est donc sur les routes des États-Unis, toujours à l’affût de son ombre, bien décidé à rencontrer le major Turner, nouveau commandant de son ancienne unité, et à l’inviter au restaurant. Et oui, Reacher devient romantique en vieillissant.

Seulement voilà, alors qu’il approche de son ancienne base, Reacher se fait menacer par quelques gros bras assurément militaires, qui l’invitent à ne pas remettre les pieds dans le coin. Et quand il va quand même à la rencontre de Turner, on lui apprend qu’elle a été placée aux arrêts pour trahison, et que lui-même est sous le coup de deux enquêtes : une pour homicide, datant de seize ans, et une pour une reconnaissance de paternité…

Reacher et Turner se retrouvent donc isolés dans l’appareil judiciaire de l’armée, et lorsqu’ils deviennent fugitifs, recherchés par la police militaire, la police de Washington, le FBI et les gros bras, ils n’ont pas d’autre choix que de mener eux-même l’enquête afin de s’innocenter, et de comprendre qui tire les ficelles, et pourquoi.

Ce roman est exactement comme je les aime, plein d’action, pas dénué d’humour, avec un personnage fort et une histoire à rebondissement. C’est sans surprise une lecture agréable, qui diffère sur de nombreux points de son adaptation au cinéma.

Jack Reacher Never go back (retour interdit), de Lee Child, est paru aux États-Unis en septembre 2013 sous le titre « Never go back » . Il est publié en France le 21 septembre 2016 aux éditions Calmann-Lévy dans une traduction d’Elsa Maggion.

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Déserteur, Boris Bergmann

Ma note :

Boris Bergmann - DéserteurDans un avenir fictif, mais ô combien tangible, la France déclare une guerre totale au terrorisme après une vague d’attentats meurtriers, et pour contenter un électorat en mal de vengeance, le gouvernement utilise une armée de drones pour bombarder sans relâche l’ennemi dans son propre camp.

Notre narrateur, génie de l’informatique et hacker sans aucune morale, qui « fait partie d’une génération pour qui toute technologie est organique » , rejoint les drapeaux après une rupture sentimentale lui ayant laissé l’amer goût de la revanche. Aucun patriotisme chez cet homme mystérieux dont on ne sait presque rien, sinon qu’il s’engage pour l’argent, et prend un certain plaisir à programmer chaque jour dans des bureaux climatisés à Paris des codes servant à assurer cette guerre propre qui se joue à distance, devant des écrans et joystick à la main.

Quand il est envoyé sur le terrain pour une mission au Moyen-Orient, il découvre l’aberration de cette guerre moderne et clinique, où les drones assument les risques à la place des soldats. C’est au côté de jeunes militaires à la ferveur blessée qu’il passe ses journées, et tandis qu’il programme ces avions sans pilote, eux s’ennuient du combat, de cet essentiel corps à corps avec l’ennemi.

Lentement, l’auteur transforme le récit, et ce qui aurait pu passer pour une altération de la réalité, une discrète anticipation, devient science fiction, et l’essor des machines sur l’homme se fait angoissant lorsque l’on découvre que certaines de ces machines ultra-secrètes sont totalement autonomes, et se passent de contrôle humain. Quand survient l’inéluctable mutinerie, l’armée n’hésite pas à laisser les drones sacrifier les hommes, quitte à faire passer la tuerie pour un assaut terroriste supplémentaire. Dans ce terrain hostile, notre hacker saura-t-il seulement sauver sa peau ?

Déserteur est un récit atypique, glissant au fil des pages dans un univers de science fiction. La langue est belle et maîtrisée, et j’ai pris un réel plaisir littéraire à la lecture de ce roman, qui s’est achevé d’une traite. Le propos est intelligent, et interroge avec justesse sur ces guerres modernes, où chaque militaire mort au combat porte le poids de l’échec de la Nation à protéger ses soldats lors de ses conflits. Un roman actuel et lucide, mon premier de la rentrée littéraire 2016, qui place d’emblée la barre haute !

Déserteur, de Boris Bergmann, est publié le 17 août 2016 aux éditions Calmann-Lévy.

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Terminus oasis, Lawrence Osborne

Ma note :

Lawrence Osborne - Terminus OasisLawrence Osborne est globalement méconnu en France, où il vécut pourtant, mais à l’étranger ce globe-trotter est un essayiste connu pour ses publications hétéroclites, passant d’un essai sur l’autisme à un recueil de voyage, en passant par plusieurs livres sur l’alcool et par d’innombrables contributions à des périodiques internationaux. Il débarque dans les librairies françaises avec son premier roman, The Forgiven, et quelque chose me fait dire que nous n’avons pas fini d’entendre parler de cet auteur.

David et Jo sont un couple de britanniques un peu old school, en plein déclin : lui est médecin et alcoolique, en plus d’être passablement irritant, et sa jeune compagne est une auteur de livres pour enfants qui s’ennuie un peu. Ils sont invités par un couple de richissimes expatriés homosexuels, vivant dans une casbah marocaine en plein coeur du désert, au milieu d’autres convives aux nationalités variées.

Roulant de nuit dans une vieille voiture de location, avec quelques verres dans le nez, sur une route qu’il ne connaît pas, David heurte accidentellement un jeune homme dans le désert. En panique, il embarque le corps dans la voiture, et poursuit sa route jusqu’à la propriété de ses amis, où la fête bat déjà son plein.

Tandis que les convives profitent d’une fastueuse orgie de nourriture dans ce désert dont les habitants sont pourtant si pauvres, les propriétaires se retrouvent obligés de gérer cet ennuyeux cadavre avec l’aide de leurs serviteurs, qui gardent pour eux tout le mépris que leur mode de vie leur inspire. Quand le père du jeune homme viendra réclamer le corps de son fils, tout le monde retient son souffle : ces habitants du désert réclament que David les accompagnent pour l’enterrement.

Voici un roman original, qui dépeint l’exubérance d’un mode de vie occidental dans une région austère, aux moeurs moins théâtrales, mais aussi le désir de vengeance d’un père envers l’assassin de son fils. Un roman sur l’introspection, qui nous réserve quelques surprises car les victimes sont parfois des salauds. Une lecture agréable d’un auteur à surveiller, qui n’a sûrement pas fini de nous parler du déraillements de nos vies.

Terminus oasis, de Lawrence Osborne est publié en septembre 2012 aux États-Unis sous le titre « The Forgiven ». Il est publié en France le 2 mars 2016 aux éditions Calmann-Lévy.

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