Ma note :

Comme un drôle de hasard, mes lectures de dystopies s’enchaînent, et alors que cette guerre sanitaire inopinée touche à sa fin, lire des œuvres de fiction décrivant un monde post-apocalyptique ou un monde du futur traversé par des crises majeures, comme des épidémies virales internationales, prend forcément une résonance toute particulière. J’ai donc lu en deux jours Survivre, quatrième roman de Vincent Hauuy qui se décrit comme « romancier, scénariste, concepteur de jeux vidéos » sur son site internet, et que je découvrais à l’occasion de ce roman.

L’auteur nous amène dans un avenir assez proche, dans quinze ans, en 2035. L’équilibre mondial est chamboulé par les grandes crises sanitaires, sociétales et climatiques que notre présence nuisible et chaque jour grandissante à la surface du globe a inexorablement fini par causer. Florian Starck est un ancien journaliste qui s’est exilé en ermite dans les Alpes après le décès de sa femme et de sa fille unique, à distance de la violence des émeutes des grandes villes, essayant de survivre paisiblement dans la nature avec la communauté voisine, sans demander grand chose à personne, malgré la présence de quelques pillards.

C’est sans compter sur sa sœur, Ministre de l’Intérieur d’un pays profondément fracturé, qui l’envoie enquêter sur l’inquiétante disparition de leur frère Pierrick aux États-Unis, où il était parti travailler à une biographie d’Alejandro Perez, milliardaire sur le point de lancer une émission de télé-réalité révolutionnaire dans un complexe hautement sécurisé. Officiellement, Starck a été choisi pour être un des coach de l’émission, tandis qu’en parallèle de son enquête et de l’émission, sa sœur lui demande de glaner quelques infos pour le compte de la DGSE…

J’étais assez mitigé dans la première moitié du roman, sur le style, la crédibilité de l’histoire, sur certaines libertés que les auteurs doivent prendre pour faire tenir leur intrigue mais qui parfois, aux yeux d’un lecteur, prennent des allures de ficelles un peu trop grosses. Et j’ai clairement été ennuyé par la lourde répétition des mots « bushcraft » et de « collapsologue » dans le récit au point que j’ai regretté de ne pas avoir compté le nombre de fois où j’ai pu les lire !

Malgré ces quelques points qu’un éditeur pourrait aider à corriger avant de boucler un manuscrit, j’ai été finalement assez étonné moi-même de me laisser prendre au jeu, si je puis dire, et d’être suffisamment happé par l’intrigue pour avoir hâte, le lendemain, de terminer ma lecture de ce roman et d’en connaître le dénouement. Les personnages prennent de l’épaisseur et deviennent attachants, l’histoire se complexifie dans le bon sens et il faut saluer au passage l’imagination de l’auteur pour un scénario aussi tordu mais appréciable. En somme, une découverte d’un auteur dont je vais désormais suivre les prochaines publications et une lecture agréable pour un roman qui ne peut, contexte oblige, que nous pousser à nous interroger.

Survivre, de Vincent Hauuy, est publié le 19 mars 2020 aux éditions Hugo Thriller.

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