Ma note :

Marylène Patou Mathis - Neanderthal de A à ZJ’ai gardé de nombreux souvenirs de l’école primaire, tous heureux, dont l’apprentissage de la lecture et de l’écriture qui aujourd’hui me permet de vous parler de tous ces livres que je dévore au fil des mois. C’est aussi la période où l’on m’a appris, dans les grandes lignes, l’histoire de l’Humanité, et même si je n’en ai quasiment rien retenu sauf l’idée générale, j’ai ce souvenir tendre et un peu naïf de mes copains et moi qui, après avoir appris que la terre regorgeait de vestiges du passé, étudions avec le plus grand sérieux différents cailloux récoltés dans les champs voisins, persuadés que nous allions dénicher ici, un silex ayant abattu un mammouth, là une griffe de dinosaure.

C’est avec cette nostalgie que j’ai commencé à lire ce dictionnaire de Marylène Patou-Mathis, directrice de recherches au CNRS et préhistorienne spécialiste de l’homme de Neandertal. Il faut d’abord le resituer dans notre passé, et c’est aux environs de 450000 à 35000 ans avec le présent qu’il peuplait une partie des continents, en même temps que l’homme moderne, c’est à dire l’homo sapiens.

L’état de mes connaissances était probablement proche de celui de la plupart des gens non spécialistes, et j’imaginais ces néandertaliens comme des bipèdes à mi-chemin entre le singe et l’homme moderne. La lecture de ce dictionnaire m’a permis d’en savoir plus sur cet ancêtre pas si lointain dans l’histoire de l’Homo, et pourtant tellement éloigné, à l’échelle de notre civilisation.

On y apprendra que ces chasseurs-cueilleurs étaient potentiellement doués de parole, en tout cas les structures anatomiques qui le permettent aujourd’hui étaient déjà présentes. Qu’être social, il vivait en petites communautés, mais que la population néandertalienne était minime, aussi il n’était pas gêné par ses voisins… Cannibale à certaines occasions, il enterrait ses morts, avec peut-être même des rites funéraires, selon les découvertes effectuées dans certaines grottes. Chasseur mais malin, il préférait piéger les animaux afin qu’ils meurent plutôt que de devoir s’attaquer à eux (la chasse à l’abîme), et même s’il possédait des lances pour la chasse, il pratiquait également le charognage.

Si ce dictionnaire regorge de petites informations intéressantes, j’ai pourtant trouvé que sa lecture était parfois alourdie par l’absence d’illustrations, car j’allais voir sur internet ce dont il était question, comme par exemple lorsque l’on parle des bifaces et du débitage Levallois (une méthode de taille de la pierre). Il faudra peut-être privilégier la version papier au format numérique, car sur ma liseuse j’étais dans l’impossibilité de naviguer entre les termes, ce qui en début d’ouvrage fut un peu difficile quand l’auteur faisait référence à l’acheuléen, au moustérien, à l’aurignacien, au châtelperronien, et que je me demandais de quoi il pouvait s’agir.

J’ai malgré tout été impressionné par l’immense travail réalisé par l’auteur, tant pour essayer de rendre accessible ces connaissances pointues que pour rassembler toutes ces références. Un dictionnaire très riche, qui m’a énormément appris, et qui m’a donné envie de me rendre au Musée de l’Homme pour visualiser quelques vestiges. À noter d’ailleurs que Marylène Patou-Mathis sera co-commissaire de l’exposition Neandertal au Musée de l’Homme, en partenariat avec l’INRAP, qui se tiendra du 28 mars au 7 janvier 2019. Une exposition que j’irai parcourir à l’occasion d’un passage à Paris.

Neandertal de A à Z, de Marylène Patou-Mathis, est publié le 25 janvier 2018 aux éditions Allary.

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