L'Homme Qui Lit

À propos des livres

Catégorie : Polar (Page 1 sur 2)

La fille d’avant, J.P. Delaney

Ma note :

JP Delaney - La fille d'avantC’est un peu le thriller du moment, soutenu par un marketing très actif et une presse globalement emballée, La fille d’avant se veut « thriller psychologique haletant » dans une ambiance minimaliste. Publié il y a quelques mois aux États-Unis, ses droits ont été vendus dans 35 pays et le réalisateur Ron Howard – qui a dirigé les adaptations des romans de Dan Brown au cinéma – a déjà acheté les droits du livre pour un passage sur grand écran. Un immense jackpot pour l’auteur et publicitaire britannique Tony Strong, qui publie régulièrement sous différents pseudonymes, comme celui d’Anthony Capella, au point que je ne sois pas tout à fait certain de savoir lequel des deux est son nom réel.

Le récit est construit autour de deux occupantes d’une même maison, Emma, qui n’y vit plus puisqu’on apprend rapidement qu’elle est morte, et Jane, qui en est l’actuelle locataire, et qui tâche justement de découvrir ce qui est arrivé à Emma. Le point commun qui réunit ces deux femmes, c’est Edward Monkford, un énigmatique architecte devenu adepte du minimalisme après que sa femme et son fils ne trouvent la mort sur le chantier de cette intrigante maison du One Folgate Street.

Monkford est un propriétaire atypique, qui choisit ses locataires à l’aide d’un questionnaire intimiste aussi surprenant que dérangeant. Si les agences de location ne savent pas vraiment quels sont les critères de choix de l’architecte, qui propose un entretien en dernier lieu aux candidats sélectionnés, on comprend relativement vite qu’il choisit surtout des femmes ressemblant énormément à son épouse décédée, et victimes d’un drame personnel. Emma, a par exemple été violée lors du cambriolage de son précédent appartement, tandis que Jane a dû mettre au monde un enfant mort-né.

Si les deux femmes ont partagé à des époques différentes ce même amant, elles ont surtout réussi à vivre dans une maison exigeante, au règlement drastique, interdisant par exemple d’avoir des livres. Inspiré de la méthode KonMari, qui vise à se débarrasser du superflu en vivant entouré de vide (à ce propos, le même éditeur propose un essai antagoniste, « De la joie d’être bordélique » de Jennifer McCartney), le One Folgate Street est une demeure épurée et bardée de technologie, dans laquelle la vie privée n’existe pas, puisque tout se commande à l’aide de HouseKeeper, une application intrusive placée sur son téléphone qui commande l’ouverture des portes, l’intensité de la lumière selon son humeur, la température de l’eau sous la douche, mais surveille également les recherches faites sur internet.

C’est une sorte de remake de Cinquante nuances de Grey en version thriller-déco que propose l’auteur avec La fille d’avant, une histoire aux ingrédients savamment dosés, de l’archi dominateur aux morts pas franchement expliquées, en passant par une palette de second rôles qui tous pourraient jouer un double jeu. Pour autant, le roman souffre d’un style un peu attendu, comme s’il avait été écrit pour être vendu au cinéma, et le dénouement, un peu tiré par les cheveux, m’a laissé sur ma faim. Pas de coup de cœur, donc.

La fille d’avant, de J.P. Delaney, est publié aux États-Unis en janvier 2017 sous le titre « The Girl Before » . Il est publié en France le 8 mars 2017 dans une traduction de Jean Esch.

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Parmi les vivants, Charlotte Farison

Ma note :

Charlotte Farison - Parmi les vivantsIl y a les thrillers qui se ressemblent, ils se lisent avec une facilité déconcertante, on anticipe la plupart du temps l’évolution de l’histoire, les implications, qui sont les salauds, qui va mourir et comment le roman se terminera. C’est la recette facile, le truc sans risque pour les écrivains du genre qui laisse généralement le lecteur satisfait mais c’est souvent aussi vite oublié que dévoré. Et puis il y a ces bouquins atypiques, plus denses que la moyenne, qui essaient de nous semer au fil des pages, qui distillent les indices au point qu’on a irrémédiablement envie d’avancer pour en savoir un peu plus. C’est une prise de risque, qui parfois paie, mais qui peut décevoir si l’acmé n’est pas à la hauteur des espérances.

Pour son premier roman, la parisienne Charlotte Farison n’a pas choisi la facilité. Son récit est raconté par la voix de deux personnages, Shula et Arturo, et même si l’on imagine que les deux récits vont à un moment entrer en collision, et que la lumière se fera sur ces histoires à priori sans aucun rapport, il faut s’armer de patience.

Nous sommes donc en 2002, et Arturo est un jeune homme un peu paumé, un peu hybride, qui se retrouve engagé par le PDG aussi invisible qu’énigmatique d’Hermonia, société nébuleuse spécialisée dans la sauvegarde des données d’autres entreprises, misant énormément sur le cloud. Chargé de gérer la branche mécénat de la société, Arturo prend la suite de Lise Marshall, décédée dans un dramatique accident de la circulation. Seulement dans sa boîte, rien n’est simple, et il se retrouve rapidement au croisements d’histoires et de querelles qui le dépassent, et dont il n’est pas certain de tirer son épingle du jeu.

Shula elle, est danseuse. Enfin, elle enseigne la danse à Paris, mais se livre également à des danses privées lors d’évènements particulièrement bien payés, histoire de mettre de l’argent de côté. Après qu’un contrat dans une immense villa de la Côté d’Azur ne vire au bain de sang, elle se retrouve malgré elle en exil forcé à Vienne, entourée de Victor Khan et de son associé, auxquels elle n’est pas tout à fait libre de fausser compagnie…

Arturo et Shula se remémorent pourtant des bribes d’une vie antérieure menée sur une île sans nom, qu’on comprend avoir été la proie d’une guerre civile, et dans laquelle des sociétés de mercenaires ont beaucoup gagné, et dans laquelle ils auront beaucoup perdu.

Ce roman atypique m’a laissé un sentiment très ambivalent à la fin de la lecture. Le livre fait plus de 600 pages, mais certains chapitres sont alourdis par des longueurs, et même si l’histoire est dense et globalement intéressante, je ne suis pas certain d’avoir bien saisi le dénouement de l’histoire, ce qui est un peu décevant après ces longues heures de lecture d’une intrigue languissante. Il faut pourtant reconnaître que d’une part, pour un premier roman, le récit est audacieux, et j’ai aimé cette histoire complexe et inattendue, et que d’autre part l’écriture de Charlotte Farison est talentueuse, car j’ai été happé dés les premières pages par ce style direct et envoûtant qui m’a rappelé Marco Mancassola. Une bonne lecture, dans l’ensemble, et une auteur à suivre.

Parmi les vivants, de Charlotte Farison, est publié le 2 mars 2017 aux éditions Super 8.

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Stasi Wolf, David Young

Ma note :

David Young - Stasi WolfQuand l’occasion se présente, j’aime lire des romans écrits en anglais et ce pour plusieurs bonnes raisons. La première, c’est que cela me permet de maintenir un semblant de niveau d’anglais, surtout pour le vocabulaire, la syntaxe et l’orthographe, que je complète par le visionnage tout aussi vorace de séries télévisées, pour maintenir l’oreille. La seconde raison est que je lis moins vite, donc j’ai l’impression de plus savourer ma lecture que lorsque j’achève un roman français en deux ou trois heures. Enfin, la dernière raison, et non des moindres, est que cela me permet de lire des titres qui ne sont pas encore publiés en France, une sorte d’avant première, si l’on peut dire.

Second roman d’une saga d’au moins trois tomes, Stasi Wolf fait suite à Stasi Child, qui avait été publié en France chez Fleuve éditions en novembre dernier et qui a remporté le CWA Endeavour Historical Dagger Award 2016 (un prix de l’association des auteurs de polars). A noter que l’auteur précise en préambule que Stasi Wolf peut être lu de manière indépendante, même sans avoir lu le précédent tome, ce qui est par ailleurs mon cas.

L’histoire se déroule donc en 1975, en Allemagne de l’Est, alors officiellement République Démocratique Allemande (la RDA ou DDR en allemand), territoire issu de la zone d’occupation soviétique à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Karin Müller est une officier de la police criminelle de Berlin, la Kriminalpolizei, ou Kripo. Suite à un refus d’intégrer la Stasi, elle se retrouve mise au placard, obligée de gérer des infractions de droit commun.

Quand elle est envoyée dans la ville modèle de Halle-Neustadt pour enquêter sur la disparition de deux jumeaux d’à peine quelques semaines, dont l’un a été retrouvé mort dans une valise au bord d’une voie ferrée, elle n’a pas d’autre choix que d’accepter si elle veut reprendre en main son unité. Aidée d’un technicien de police scientifique et de la police locale, elle va vite comprendre qu’elle n’aura pas les coudées franches pour mener son enquête, car la Stasi lui demande d’enquêter sans faire de vague… Elle sera même chaperonnée par un duo d’enquêteurs du Ministère de la Sécurité d’État, nom très officiel de cette police politique que l’on a appelé la Stasi.

Roman historique mais également polar, ce second roman de David Young réussit à conjuguer avec succès une intrigue qui nous tient en haleine jusqu’aux dernière pages, à un cadre historique inédit, celui d’un régime aux allures totalitaires. Le personnage de Karin Müller est attachant, et plus particulièrement dans cette enquête qui tournera autour de la filiation et de la maternité, sujet qui la concerne à bien des égards. Une lecture originale et captivante, servie par une plume talentueuse et richement documentée.

Stasi Wolf, de David Young, est publié au Royaume-Uni aux éditions Bonnier-Zaffre le 9 février 2017.

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The Cruelty, Scott Bergstrom

Ma note :

Scott Bergstrom - The CrueltyJ’ai toujours regardé d’un œil circonspect l’emballement des lecteurs de ma génération pour la littérature adolescente, ou « young adult » comme il est coutume de l’appeler avec une très légère hypocrisie, y voyant là une sorte de syndrome de Peter Pan pour blogueuse immature. Parce que la littérature doit aussi permettre de s’ouvrir à l’inconnu, j’ai mis de côté mon a priori pour le genre en me lançant dans The Cruelty, premier roman de Scott Bergstrom, et premier tome d’une saga déjà annoncée, donc.

Gwendolyn Bloom est une adolescente américaine de dix-sept ans, fille de diplomate et habituée à suivre son père d’un pays à l’autre au gré de ses mutations pour le Département d’État. Pourtant, le lycée privé qu’elle fréquente actuellement à New-York ne lui réussit pas franchement, car elle se retrouve exclue après une altercation avec une petite peste de son établissement.

Alors que son père disparaît sans laisser de traces lors d’un séjour à Paris et que des agents fédéraux l’interrogent et passent leur appartement au peigne fin, elle découvre que son père n’est en réalité pas diplomate, mais espion au sein de la très célèbre CIA. Placée malgré elle chez une tante qu’elle n’a pas vu depuis des années, et contrainte de partir vivre chez elle au Texas, Gwendolyn décide d’aller demander de l’aide à ses voisins, amis proches de la famille.

L’adolescente se retrouve donc en Europe, où elle sera apprentie espionne auprès d’une agent israélienne devant des services à son père. Une fois son entraînement terminé, elles se lanceront toutes les deux sur les traces de son père, de Paris à Prague, où Gwendolyn découvrira un monde impitoyable où il faut savoir tuer pour espérer rester en vie le plus longtemps possible.

The Cruelty est un roman conforme à sa description, destiné à un public plutôt adolescent, avec comme dans les romans de mon enfance (comprendre Le Club des Cinq), une héroïne adolescente qui vit des aventures improbables d’adulte, forcée de mûrir rapidement, etc. Cet aspect mis de côté, on retrouve un premier roman de qualité, à l’écriture agréable et aux rebondissements assez riches pour m’avoir tenu jusqu’au bout. Un roman formaté pour que ses droits d’adaptation soient vendus, à l’image de Hunger Games et de tous les autres romans du même genre. Une affaire à suivre, donc !

The Cruelty, de Scott Bergstrom, est publié aux États-Unis en février 2017, sous le même titre. Il est publié en France aux éditions Hachette Romans le 1er février 2017 dans une traduction d’Alice Delarbre.

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Un cri sous la glace, Camilla Grebe

Ma note :

Camilla Grebe - Un cri sous la glaceJe sais pas chez vous, mais ici il pleut, il fait froid, et je suis enrhumé : d’excellentes raisons pour me plonger dans mes nombreuses lectures en retard, même si c’est avec un roman qui se passe à Stockholm en plein hiver, et que ça ne réchauffe pas franchement l’atmosphère. Un cri sous la glace est le premier roman en solo de la jeune Camilla Grebe, sorti il y a deux ans en Suède, après qu’elle ait publié une saga policière avec sa sœur.

Emma travaille comme employée dans une boutique de fringues, et c’est sur son lieu de travail qu’elle va faire la rencontre qui changera bientôt sa vie. C’est que la jeune femme vit une relation aussi secrète que passionnée avec Jesper Orre, sulfureux patron de sa chaîne de boutiques, connu de la presse pour ses aventures à répétitions et son management très rigoureux.

Quand Jesper est porté disparu et qu’on retrouve le cadavre d’une femme décapitée dans sa maison, l’enquête pousse Peter, un flic de la criminelle, et Hanne, profileur qui bosse parfois comme consultante pour la police, à retravailler ensemble. Les choses ne s’annoncent pourtant pas aussi simplement : Peter et Hanne ne se sont pas parlé depuis dix ans après une rupture pas très élégante, mais en plus Hanne souffre d’une forme de démence précoce, qui lui grignote peu à peu la mémoire.

Alors que l’enquête piétine, c’est vers une affaire similaire vieille de dix ans que les enquêteurs se tourneront pour tenter de comprendre, et de retrouver l’assassin.

Un cri sous la glace est un polar finement mené, ou le suspens reste intact jusqu’aux derniers chapitres, et ou l’enquête racontée en parallèle de la vie personnelle de chacun des protagonistes s’épaissit au fur et à mesure que les failles des principaux suspects se dévoilent. C’est avec beaucoup de plaisir et d’hypothèses contraires sur l’identité du tueur que j’en ai dévoré les 450 pages !

Un cri sous la glace, de Camilla Grebe, est publié en Suède en août 2015 sous le titre « Älskaren från huvudkontoret » . Il est publié en France aux éditions Calmann-Lévy le 1er février 2017 dans une traduction d’Anna Postel.

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Terminus Elicius, Karine Giebel

Ma note :

Karine Giebel - Terminus EliciusLe monde de l’édition est parfois fait de mystère, de choix étranges, et je m’interroge toujours sur l’opportunité – et les motivations – qu’ont eu les éditions Belfond de republier ce tout premier roman de Karine Giebel, auteur française de polar désormais bien connue, qui était paru en 2004 dans la collection Rail Noir des éditions La Vie du Rail, un groupe de presse spécialisé dans la publication de magazines et de romans en rapport avec le transport ferroviaire.

Terminus Elicius nous emmène donc à Marseille, dans un commissariat de la ville où travaille Jeanne, une employée administrative un peu particulière, oscillant entre des rituels maniaques et les décompensations psychotiques. Au bureau, elle est discrète au point d’en devenir invisible, même si elle aimerait que le capitaine Esposito la remarque un peu plus.

Jeanne donc, très ritualisée, prend tous les jours le même train pour se rendre de Istres – où elle vit avec sa mère, dépressive neurasthénique – à Marseille, où elle travaille. Et inversement, le soir. Toujours le même train, la même place, les mêmes habitudes.

Un jour, glissée entre deux sièges, Jeanne trouve une lettre laissée là à son attention. A l’intérieur, un courrier d’un mystérieux Elicius, qui lui annonce la surveiller depuis longtemps, l’aimer, et être un tueur. Et ça tombe bien, pendant ce temps, le capitaine Esposito et son équipe traquent en vain un tueur en série dans les environs de Marseille.

Pour la faire court, Jeanne et le tueur correspondent plus où moins, entre deux crises de nerf et deux égorgements de victimes, tandis que la police patauge littéralement dans un bain de sang. Le capitaine Esposito est pourtant déterminé, comme l’illustre cette brillante phrase : « Désormais, il en faisait une affaire personnelle. Il y passerait ses jours, ses nuits, sa vie entière s’il ne fallait. Et sa traque ne connaîtrait ni répit ni pitié » .

Bref, ce roman fut très vite lu, et c’est tant mieux. Je l’ai trouvé plein de bons sentiments, de grosses ficelles, d’amateurisme, de clichés en veux-tu en voilà. J’en étais désolé pour Karine Giebel, pour qui j’ai beaucoup d’estime littéraire, car je ne comprends pas qu’on ai voulu remettre en avant ce livre qui a toutes les qualités, et tous les défauts, d’un premier roman. Si vous ne connaissez pas encore l’auteur, attaquez-vous plutôt à Purgatoire des innocents ! Enfin, on notera la présence d’une nouvelle inédite en fin d’ouvrage, pour faire passer la pilule du roman : une bonne idée, mais loin d’être suffisante.

Terminus Elicius, de Karine Giebel, est publié en 2004 aux éditions La Vie du Rail et republié le 3 novembre 2016 aux éditions Belfond. Le titre est également disponible au format poche depuis octobre 2011 aux éditions Pocket.

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En pleine turbulence, Jon Ottar Olafsson

Ma note :

Jon Ottar Olaffson - En pleine turbulenceLes auteurs islandais ne courent pas les rayonnages de nos librairies, mais à l’échelle de ce petit pays et de ses 337 610 habitants au recensement de 2016, on compte un nombre important d’auteurs dont le succès dépasse les frontières de cette île. Il suffit de se rendre dans les polars dans sa librairie pour voir apparaître des noms aux consonances typiques, comme Arnaldur Indridasson, Audur Ava Olafsdottir, Ragnar Jonasson, Yrsa Sigurdardottir… et Jon Ottar Olafsson.

Titulaire d’un doctorat en sciences criminelles, et ayant travaillé plusieurs années au sein des forces de l’ordre avant d’intégrer un bureau d’enquête spécialisé dans les crimes liés à crise économise de 2008, l’auteur signe avec « En pleine turbulence » son second roman après avoir publié en 2014 « Une ville sur écoute » , déjà aux Presses de la cité.

Nous retrouvons dans ce roman l’inspecteur David Arnarson de la police criminelle, qui se retrouve détâché comme officier de liaison avec la police britannique après qu’un jeune islandais, doctorant à Cambridge, ait été retrouvé mort dans sa chambre, criblé de balles. Quelques heures plus tôt, l’inspecteur avait reçu un étrange message lui demandant de venir l’aider à Cambridge, signé par l’étudiant assassiné, dont il n’avait jusque là pas entendu parler.

En Angleterre, les choses se compliqueront pour notre inspecteur, car cet homicide en apparence simple, que la police locale pense lié à un traffic de drogues auprès de riches étudiants, cache en réalité un complot terroriste d’envergure internationale. Intégrant temporairement le célèbre MI5, service de sécurité intérieur britannique, il sera pourvu de quelques gadgets bien utiles, surtout lorsqu’il devra sauver sa peau après qu’un groupe de tueur essaie  de se débarrasser de lui.

J’ai dévoré ce roman finalement assez vite lu, à l’écriture très fluide et au récit plein de rebondissements. Il n’en fallait pas beaucoup plus au fan de James Bond que je suis que de voir débarquer le MI5 pour ne plus pouvoir reposer ce bouquin ! Je n’ai finalement été déçu que par la fin de l’histoire, un peu bâclée en quelques pages, mais les perspectives ouvertes lors des toutes dernières pages donnent clairement envie de surveiller la publication des prochaines aventures de l’inspecteur islandais !

En pleine turbulence, de Jon Ottar Olafsson, est publié en Islande en novembre 2014 sous le titre « Ókyrrð ». Il est publié le 20 octobre 2016 aux éditions Presses de la cité dans une traduction de Jean-Christophe Salaun.

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Je sais pas, Barbara Abel

Ma note :

Barbara Abel - Je sais pasJe n’aime pas les enfants. Ça paraît souvent exagéré, lancé comme une provocation, une boutade, mais c’est pourtant vrai : j’ai horreur des chères têtes blondes devant lesquelles la plupart de mes congénères s’extasient. Avec ce nouveau polar de l’auteur belge Barbara Abel, soit son dixième roman, les choses ne sont pas prêtes de s’arranger…

Lors d’une sortie scolaire en forêt, Mylène la jeune institutrice se retrouve dans une situation difficile lorsque la jeune Emma, cinq ans, décide de n’en faire qu’à sa tête. En perfide manipulatrice, elle réussit parfaitement à cliver les adultes autour d’elle, opposant avec une facilité déconcertante sa maîtresse et une autre accompagnante, tout comme ses parents, un peu plus tard dans la lecture.

Seulement voilà, puisqu’il faut un drame dans ce genre de roman, Emma est manquante lorsque les enfants sont comptés à l’issue de la balade. Ni une ni deux, notre courageuse mais globalement immature enseignante part à sa recherche dans les bois, armée d’un extraordinaire sens de l’orientation féminin. Elle trouvera l’enfant, tombée dans une sorte de puit naturel, et se retrouvera elle-même coincé avec elle lorsqu’elle tentera de l’aider.

Un peu plus tard, alors que la petite Emma est retrouvée par les gendarmes mobilisés après sa disparition, et bien que l’on soit toujours sans nouvelles de Mylène, l’enfant déclarera « je sais pas » lorsqu’on la questionnera sur la localisation de sa maîtresse, dont elle porte le foulard noué autour du bras. Machiavélique, l’enfant.

La suite du roman tourne autour de la disparition de l’institutrice, au passé agité, diabétique sous insuline, et dont le père n’est autre que l’amant de la mère de la petite Emma. Vous les voyez, les grosses ficelles ?

Je n’ai pris aucun plaisir à la lecture de ce polar trop facile, rarement raccord. Peut-être que ne partage pas l’hypersensibilité d’un lectorat féminin, mais j’avais en permanence l’impression que les personnages étaient au bord de l’hystérie, la mère d’Emma étant particulièrement insupportable. L’enfant n’est absolument pas crédible, l’auteur lui prêtant volontiers des traits totalement inadaptés pour une enfant de cinq ans, la transformant en petite créature diabolique aux calculs froids. Probable déformation professionnelle, mais je n’ai pas non plus été emballé par la pseudo urgence amenée par le diabète, l’histoire étant sur ce point irréaliste. Enfin, j’ai globalement été agacé par cette usante sensibilité à fleur de peau, cette panique permanente. Un bouquin qui donne envie de se bouffer un Lysanxia et de se faire un bilan thyroïdien. Décevant !

Je sais pas, de Barbara Abel, est publié le 6 octobre 2016 aux éditions Belfond.

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Un coeur sombre, R.J. Ellory

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RJ Ellory - Un coeur sombreUn an après l’excellent Les Assassins, et pour ne pas déroger aux habitudes, nous retrouvons Roger Jon Ellory avec son polar annuel, toujours chez Sonatine, l’éditeur spécialisé dans le roman frissonnant. Nous voici de nouveau au sein du célèbre NYPD, le département de police de la ville de New York cher à l’auteur, que l’on avait déjà apprécié dans Les Anges de New York.

Vincent Madigan est un de ces flics corrompu jusqu’à l’os, qui a tiré un trait quelques années plus tôt sur ses idéaux et la bonne morale, afin de se remplir les poches, et d’éponger diverses dettes. Homme de main et indic de Sandià, le mafieux du coin, Madigan est un sale type qui ne parle plus ni à ses ex femmes ni à ses enfants, carbure à l’alcool et aux médicaments, mais est toutefois un bon flic.

Je suis surpris chaque matin en me réveillant de m’apercevoir que personne ne m’a tué.

La grande spécialité de Madigan reste quand même de prendre de mauvaises décisions, comme par exemple celle de monter une équipe pour faire un casse dans une des planques qu’utilise Sandià pour stocker le fric de ses activités illégales. Après avoir dézingué les porte-flingues du mafieux et récupéré un paquet de pognon, il se débarrasse de ses partenaires d’un jour. Seulement voilà, rien n’est jamais aussi simple, et tandis qu’il se voit confier l’enquête sur l’une des deux tueries, il découvre une petite fille blessée par une balle perdue, cachée dans la maison de Sandià.

De son côté, le mafieux met la pression sur Madigan afin qu’il lui livre le nom des coupables, car son neveu faisait partie des porte-flingues abattus pour de l’argent de toute façon inutilisable, car lui-même volé lors d’un braquage, et donc tracé. Et comme si les mauvaises nouvelles ne suffisaient pas, il va devoir composer avec l’arrivée d’un inspecteur des affaires internes sur les enquêtes…

Sans surprise, Un coeur sombre est un excellent polar, un roman noir dans lequel j’ai retrouvé avec plaisir la plume d’Ellory, qui s’impose aujourd’hui comme une figure incontournable de la littérature policière. Les personnages sont creusés, épais, l’auteur prenant le temps de les faire exister avant de les jeter dans l’arène de son imagination macabre, dont il ne nous épargne aucun détail, ne nous fait grâce d’aucune cruauté. Une lecture passionnante, un anti-héros qu’on adore détester, une intrigue bien menée, bref, un très bon Ellory.

Un coeur sombre, de R.J. Ellory, est publié aux États-Unis en avril 2013 sous le titre « A Dark and Broken Heart » . Il est publié en France le 1er octobre 2016 aux éditions Sonatine, dans une traduction de Fabrice Pointeau.

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La Rage, Zygmunt Miloszewski

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Zygmunt Miloszewski - La RageS’il semble parfois difficile de trouver un polar qui s’aventure un peu hors des sentiers battus, qui ne respecte pas totalement les codes du genre, qui réussisse à me surprendre dans le développement de son intrigue, c’est que je n’avais encore jamais lu Zygmunt Miloszewski, un auteur polonais de quarante ans dont le nom semble à première vue imprononçable. Il faut remercier ici Fleuve éditions ainsi que Netgalley pour cette découverte originale, passée un peu inaperçue chez mon libraire.

Il y a déjà le héros de ce roman noir, Teodore Szacki, qui n’a rien à renier à ses concurrents conventionnels : fringuant, cynique, un peu misogyne, psychorigide, superbement sapé, l’homme n’est ni policier, ni détective privé, mais procureur. Au début, j’étais dubitatif sur ce personnage atypique pour un enquêteur, mais l’aspect procédurier de l’histoire rend vite ce héros hors norme crédible. Et puis entre nous, quel plaisir de ne pas se coltiner le traditionnel policier alcoolique, blessé de la vie, séparé, renégat du service, tête brûlée, …

Ensuite, l’environnement est rapidement hostile : finis les égouts ancestraux d’Italie, les cathédrales parisiennes, les étendues enneigées de Scandinavie, nous voici catapultés à Olsztyn, au nord-est de la Pologne dans la région de Varmie-Mazurie, une ville qui déprime notre héros nostalgique de Varsovie, et où l’ancien rattachement à l’Allemagne semble aussi important que la présence de onze lacs dans la ville.

Enfin, l’histoire s’épaissit au fil des pages, et j’ai apprécié comment chaque nouveau chapitre compliquait un peu plus l’intrigue : tout démarre avec un squelette retrouvé dans un ancien abri aérien d’un hôpital de la ville, qu’on pense d’abord être celui d’un soldat de la seconde guerre mondiale, avant de réaliser que la victime n’a disparue que depuis quelques jours, et la fin est aussi inattendue que réussie.

La Rage fut donc une bonne lecture, un polar original et efficace, différent de ce que j’ai pu lire jusque là, avec un héros atypique mais par ailleurs sympathique. Troisième roman de la saga, il m’a donné envie de rattraper l’histoire en me plongeant dans les deux premiers tomes.

La Rage, de Zygmunt Miloszewski, est publié en Pologne en octobre 2014 sous le titre Gniew. Il est publié en France chez Fleuve éditions le 8 septembre 2016 dans une traduction de Karim Barbarski.

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