L'Homme Qui Lit

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Catégorie : Polar (Page 1 of 3)

Le Poids du monde, David Joy

Ma note :
David Joy - Le Poids du monde

J’avais découvert l’écriture noire et ciselée de David Joy lors de la parution en France de son premier roman, Là où les lumières se perdent (que je vous conseille vivement si vous ne l’avez pas déjà lu, il est désormais disponible en poche chez 10/18). C’était il y a deux ans déjà, et pourtant le souvenir de cette lecture est toujours aussi étincelant, celui d’un roman sombre, violent, sans espoir, et terriblement réussi. Aussi, quand j’ai vu que son second roman allait sortir en librairie à la fin de l’été, je n’ai pas pu résister. Merci encore aux éditions Sonatine pour cette lecture anticipée.

Dans cette Amérique rurale et défavorisée, où le chômage, la drogue, la violence et la messe du dimanche rythment une vie de misère, Aiden et Thad sont d’inséparables amis. C’est que, pour ces deux ados, la vie a vraiment mal commencée, et c’est l’union de ces deux destins malheureux qui fera naître ce lien entre les deux garçons, à mi-chemin entre l’amitié et la fraternité. À douze ans, Aiden voit le crâne de sa mère voler en éclats lorsque son père lui tire dessus, avant de retourner l’arme contre lui, juste après lui avoir marmonné le seul « je t’aime » qu’il entendra de sa vie. Thad lui, est le fils non désiré d’un viol, poussé très jeune à vivre dans un mobil-home à bonne distance de sa mère et de son beau-père, qui ne sait que boire et cogner. Ceux que la vie rejetait ne pouvaient que se retrouver et s’entendre.

Des années plus tard, le pays est comme prostré, d’un côté il y a cette guerre contre les Talibans à l’autre bout du monde, qui ruine le pays et détruit toute une génération partie faire cette guerre sans y être préparée, de l’autre la crise économique qui frappe le pays plus durement que le terrorisme encore, et qui ravage tous ceux qui ne sont pas partis se battre en Afghanistan. À son retour de l’armée, Thad ne sera plus tout à fait le même, se réfugiant dans l’alcool et la drogue pour oublier ce dos en vrac et ces souvenirs dont il ne veut rien dire, et qui l’empêchent de dormir.

Avec Aiden, ils feront le coup de trop lorsque leur dealer, totalement défoncé, se fait exploser la cervelle en se collant le canon d’une arme qu’il pensait déchargée sur la tempe. Toute cette came, cet argent, ces armes, donnent de mauvaises idées aux deux voyous, qui se confronteront bien vite à un milieu qu’ils n’étaient pas prêts à affronter. Dans cet emballement pour sortir la tête de l’eau, dans cette course à l’argent facile, seul porteur d’espoir d’une vie meilleure, tous les chemins ne se valent pas, et ne conduisent pas au succès.

Et toutes les nuits, avant de se réveiller en frissonnant, il entendait les mots du Tout-Puissant, le Seigneur, qui disait : « Au bout du compte, c’est toujours le sang qui parle. »

David Joy nous offre une fois encore un roman réussi qui confirme le talent de l’auteur, au rythme parfaitement maîtrisé qui ne verse jamais dans le misérabilisme facile. L’écriture est percutante, et j’ai pris un plaisir fou à dévorer cette histoire, pourtant terriblement sinistre, et je vous invite à le découvrir dans quelques jours chez votre libraire, parmi toutes les publications de la rentrée littéraire. Son troisième roman venant tout juste d’être publié aux États-Unis, je ne peux qu’être pressé de le voir publié en France.

Le Poids du monde, de David Joy, est publié en mars 2017 aux États-Unis sous le titre « The Weight of This World » . Il paraît en France le 30 août 2018 aux éditions Sonatine, dans une traduction de Fabrice Pointeau.

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Les Mystères d’Avebury, Robert Goddard

Ma note :
Robert Goddard - Les Mystères d'Avebury

Je suis en retard : dans mes lectures, c’est vrai, mais encore plus dans la rédaction de ces petits avis dans lesquels je me lance parfois plusieurs mois après avoir terminé les dits romans. Et alors là, je vous assure, je dois mobiliser au mieux ma mémoire pour me souvenir non seulement de l’histoire, mais surtout de mes sentiments au fil des pages. C’est donc plus d’un an après la sortie de ce dernier roman du britannique Robert Goddard que je me lance dans cet avis, et exactement six mois après en avoir achevé la lecture. Vous pardonnerez donc quelques inexactitudes et commentaires assez vagues.

Le roman s’ouvre sur le dernier lundi du moids de juillet de 1981, « par un été doux et pluvieux qui vient de virer à la canicule« , dans le petit village d’Avebury. David Umber est alors un jeune étudiant d’environ vingt-cinq ans qui sirote sa bière en attendant quelqu’un, installé en terrasse du Red Lion. C’est de là qu’il sera le témoin d’un drame qui verra naître la suite de l’histoire : l’enlèvement en pleine rue de la jeune Tamsin, puis sa soeur Miranda qui se lance à la poursuite du fourgon avant que celui-ci ne la percute en prenant la fuite.

Tout commence à Avebury. Mais ce n’est pas là que l’histoire se termine.

Vingt-trois ans après, Umber est guide touristique à Prague, et mène une existence tranquille depuis le suicide de sa compagne Sally, qui était la baby-sitter des trois enfants du drame d’Avebury, et autre témoin de cet épisode. C’est là-bas que l’inspecteur Sharp, alors retraité, va le retrouver pour lui demander de reprendre l’enquête avec lui sur la disparition de la petite Tamsin et sur l’accident ayant coûté la vie à sa grande soeur, ne s’étant jamais satisfait des aveux d’un homme qui pour lui n’est pas du tout lié à l’affaire. Pour convaincre Umber, il lui montrera un étrange courrier anonyme l’enjoignant de reprendre l’enquête, signé Junius.

Il faut dire que Junius, pseudonyme d’un célèbre polémiste anonyme du dix-huitième siècle, était précisément le sujet de la thèse d’Umber, et que ce fameux jour de 1981, c’est une source possédant des lettres prouvant la véritable identité de Junius qu’il attendait en terrasse du Red Lion.

Goddard, féru d’histoire et de crime, nous offre dans ce nouveau polar une enquête à la fois moderne et historique, un roman qui ne laisse guère de place à l’ennui et qui, comme souvent avec l’auteur, nous tient en haleine du début jusqu’à la fin. Un polar dévoré en quelques jours, dont je ne me souviens pas le dénouement avec exactitude mais que je sais m’avoir offert de beaux moments de lecture.

Les Mystères d’Avebury, de Robert Goddard, est publié au Royaume-Uni en 2005 sous le titre « Sight Unseen » . Il est publié en France aux éditions Sonatine le 11 mai 2017 dans une traduction de Maxime Berrée.

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La Saison des feux, Celeste Ng

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Celeste Ng - La Saison des feuxVous vous souvenez peut-être de mon coup de cœur absolu pour le premier roman de cette jeune auteure américaine, Celeste Ng (prononcez « ing » , c’est même son pseudo sur Twitter, @Pronounced_Ing), Tout ce qu’on ne s’est jamais dit, déjà publié il y a deux ans chez Sonatine ? Et bien l’auteure est de retour dans nos librairies avec un nouveau roman tout aussi splendide, à la mécanique savoureusement articulée, que j’ai pu lire il y a plusieurs mois en anglais grâce à NetGalley, la plateforme qui met les blogueurs et les éditeurs en relation, et qui m’a permis de solliciter ce titre paru en septembre dernier chez Penguin Random House : Little Fires Everywhere.

L’histoire se déroule sous l’administration Clinton, dans une ville atypique de la banlieue de Cleveland dans l’Ohio : Shaker Heights est en effet connue pour son organisation différente, puisque faite de rues courbes et non rectilignes, et pour sa planification extrême dans la vie de la cité, rien n’étant laissé au hasard, tout étant calculé et particulièrement réglementé. « À Shaker Heights, il y avait un plan pour tout » .

C’est dans cette banlieue si paisible, à la vie millimétrée, que par un beau matin, la famille Richardson se retrouve dans la rue à contempler sa maison entrain d’être ravagée par les flammes. Et tous de songer en eux-mêmes : comment a-t-on pu en arriver là ? Ce sera toute l’histoire de ce roman. Comment la famille Richardson, tellement parfaite en apparence, dans sa grande maison de banlieue chic, le père avocat, la mère journaliste dans la station locale, et les quatre enfants bien insérés, ont pu se retrouver dans cette situation ?

Il faudra alors remonter à l’arrivée en ville de Mia Warren et de sa fille Pearl, pour comprendre la cascade d’évènements qui aura permis de faire voler en éclat toute cette façade si tranquille. C’est que, chez les Warren, la vie n’a rien de commun avec celle des Richardson : sans attaches, toujours en mouvements, la mère célibataire et son adolescente de fille vivent un peu une vie d’artistes bohèmes. Aussi, chez les ados, la curiosité sera vite de mise, et si Pearl se lie d’amitié pour les Richardson et se retrouve régulièrement chez eux, on comprendra que la cadette de la fratrie, Izzy, la rebelle de la famille, se sente plus à l’aise en compagnie de Mia…

Seulement voilà, quand la meilleure amie de madame Richardson décidera de demander l’adoption du bébé asiatique abandonné que les services sociaux ont placé chez elle et son mari, et que sa mère biologique se décidera finalement à vouloir la récupérer, la vie des deux familles se cristallisera autour de cette délicate question, jusqu’au point de rupture.

Celeste Ng livre avec ce second roman une analyse absolument bluffante d’une banlieue chic américaine, avec ses faux semblants et ses rancœurs, son ouverture de façade et son racisme dissimulé. Elle y aborde sans concession la place de la femme, la filiation, le droit à l’enfant, l’avortement, et plus généralement ce que sont les familles, dans leurs modes de vie et leurs choix uniques. Comme dans son précédent roman, l’auteure réussit à disséquer parfaitement ces problématiques de société, le tout dans un récit à la langue savoureuse et qui jamais ne m’a ennuyé. Un roman à lire, et une auteure à suivre !

La Saison des feux, de Celeste Ng, est publié aux États-Unis en septembre 2017 sous le titre « Little Fires Everywhere » . Il est publié en France le 12 avril 2018 aux éditions Sonatine, dans une traduction de Fabrice Pointeau.

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De la terre dans la bouche, Estelle Tharreau

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Estelle Tharreau - De la terre dans la boucheJe n’avais jamais entendu parler des confidentielles éditions Taurnada jusqu’à ce qu’ils me contactent pour me présenter leur catalogue et leurs dernières publications : une excellente idée, puisque j’y ai noté quelques titres qui me donnaient envie de découvrir ce jeune éditeur basé à Nice. et que je me suis lancé dans la lecture du troisième roman d’Estelle Tharreau.

L’histoire débute en 1986, dans une étude notariale, où après le décès de sa grand-mère Rose, la jeune Elsa reçoit un drôle d’héritage : une maison dont elle n’avait jamais entendu parler, La Braconne. Très vite, on comprend qu’un secret de famille explique le mystère gardé autour de cette maison isolée dans la forêt à Mont-Éloi, commune fictive qu’on place sous Besançon et Dijon.

Pourtant la jeune fille se rendra sur place pour évaluer ce bien qu’elle imagine en ruine : on comprendra sa surprise lorsque, entrant dans cette cabane nichée dans la forêt, elle tombera sur Fred, grand gaillard entrain de jurer par tous les dieux en bricolant sous l’évier.

Leur rencontre inattendue et les questions qu’elle soulèvera auprès de leurs familles ré-ouvrira les plaies mal cicatrisées de la seconde guerre mondiale, où les trahisons et les amours interdits ont laissé de profondes blessures, tant pendant la guerre qu’après.

De la terre dans la bouche fut donc une bonne surprise, celle d’un roman numérique accessible pour moins de cinq euros d’abord, puis celle d’une lecture agréable et originale, que j’ai situé dans les forêts de pins entourant Pontarlier dans le Haut-Doubs, pour mon plaisir de lecteur. Une belle rencontre donc, que je vous invite évidemment à faire à votre tour.

De la terre dans la bouche, d’Estelle Tharreau, est publié le 18 janvier 2018 aux éditions Taurnada.

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Tu tueras l’ange, Sandrone Dazieri

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Sandrone Dazieri - Tu tueras l'angeVous avez peut-être déjà lu « Tu tueras le père » , dont je vous avais parlé lors de sa sortie en 2015, et qui constituait le premier volet d’une saga en devenir autour du personnage atypique mais attachant de Dante Torre. L’auteur italien Sandrone Dazieri revient donc avec une suite sous forme d’une nouvelle enquête pour le binôme inattendu que forment Dante et la commissaire Colomba Caselli, tête brûlée de la police italienne.

C’est elle qui sera appelée lorsque arrive en gare le train reliant Milan à Rome, et dans lequel tous les passagers de la classe affaire sont retrouvés morts, manifestement tués par un gaz neurotoxique. Branle bas de combat dans la capitale italienne, les forces spéciales et l’armée s’en mêlent, l’attentat fait grand bruit. Pour Caselli, l’affaire semble trop vite entendue, et elle doute sérieusement qu’il s’agisse d’un attentat terroriste.

Pour y voir plus clair, elle fait appel à Dante, « l’homme du silo » avec qui elle avait travaillé dans Tu tueras le père, bien que son comportement quasi-autistique rende sa présence difficile pour le reste de la police, et surtout sa hiérarchie. Son enquête la mènera rapidement sur la piste d’autres assassinats à travers le monde, parfois déguisés en accidents, parfois en crime sordide, qui révèlent qu’un tueur est prêt à tout pour atteindre sa cible.

Ce tueur prend des allures quasi fantomatiques d’après les rares témoignages que Caselli et Torre réussissent à rassembler à travers l’Europe, et c’est sur la piste d’une femme mystérieuse et insaisissable que le binôme s’orientera, une sorte de Giltiné, l’ange lituanien des morts.

Si j’avais apprécié ma première rencontre avec le binôme Caselli-Torre dans Tu tueras le père, je n’ai pas retrouvé le même plaisir de lecture en me plongeant dans cette suite. Les premières pages laissant imaginer une enquête pour attentat m’ont bien plu, et j’ai finalement été assez déçu de cette histoire d’une tueuse vengeresse insaisissable avec laquelle j’ai peu accroché. Il y aura sûrement une suite à ces aventures, mais je crois que ce sera sans moi.

Tu tueras l’ange, de Sandrone Dazieri, est publié en Italie en novembre 2016 sous le titre « L’Angelo » . Il est publié en France le 18 mai 2017 dans la collection La Bête Noire aux éditions Robert Laffont dans une traduction de Delphine Gachet.

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Le tunnel, Carl-Johan Vallgren

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Carol-Johan Vallgren - Le tunnelVoilà un polar éminemment atypique ! Son auteur, Carl-Johan Vallgren, est un touche-à-tout : à 53 ans, l’homme est tour à tour chanteur, comédien ou écrivain, et fait publier ses derniers romans sous le pseudonyme de Lucifer, sauf en France où les éditeurs ont bien perçu que ça n’était pas très vendeur… Le tunnel, c’est un second roman avec le même personnage principal, Danny Katz, un toxicomane vaguement sevré, génie de l’informatique, et détective privé quand il le faut. Et après ses premières mésaventures dans Le garçon de l’ombre (chez le même éditeur), force est de constater que notre anti-héros s’attire les histoires compliquées.

Jorma Hedlund décide de se lancer dans un dernier braquage après avoir reçu des infos inespérées d’un homme travaillant pour une compagnie de transport de fond : lui qui voulait prendre sa retraite et se retirer du banditisme, c’est raté. Seulement, rien n’est jamais aussi simple dans la vie que sur le papier, et le braquage tournera au fiasco, obligeant Jorma à prendre la fuite et à se terrer.

Katz lui, retrouvera son ami et ancien dealer Ramon, qui vit désormais avec sa copine Jenny. Des retrouvailles de courte durée, puisque le premier sera retrouvé raide mort quelques jours plus tard, et que la seconde sera portée disparue.

Enquêtant sur la disparition de son ami, Katz va se retrouver au cœur d’un trafic glauque au possible, mêlant la drogue et la prostitution, et les hommes d’influence à un mystérieux réseau d’orgies sado-maso, à l’origine de nombreuses disparitions.

Le tunnel mérite amplement son titre original, « Les porcs » , quand il s’agit de résumer l’esprit global du roman. Si l’intrigue tient la route malgré les bas fonds dans lesquels elle évolue, j’ai pour autant eu beaucoup de mal à avancer dans ce roman – ce n’était peut-être tout simplement pas la bonne période – et j’ai mis plus de deux mois à en venir à bout. La saga Danny Katz s’arrêtera donc là pour moi…

Le tunnel, de Carl-Johan Vallgren, est publié en Suède en octobre 2015 sous le titre « Svinen » . Il est publié en France aux éditions JC Lattès le 10 mai 2017 dans une traduction d’Esther Sermage.

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La Fille idéale, Gilly Macmillan

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Gilly Macmillan - La fille idéaleJ’avais découvert Gilly Macmillan avec son premier roman « Ne pars pas sans moi » que j’avais lu l’an dernier et à propos duquel je gardais un très bon souvenir, celui d’un polar très britannique, sombre et humide à la Broadchurch, sans l’aspect grandiloquent des thrillers américains. Aussi quand j’ai vu passer son nouveau roman, La Fille idéale, il était hors de question de rater l’occasion de retourner dans l’ambiance de cette auteure pleine de promesses.

Zoé est, en apparence, une jeune fille idéale, studieuse, évoluant dans une famille recomposée mais aimante, sur le point de donner un récital de piano devant pas mal d’invités. Bref, une jeune fille avec un brillant avenir. Et pourtant, ce soir là, tout s’effondrera lorsqu’un homme interrompra la représentation.

Très vite, nous comprendrons que Zoé est rattrapée par son passé, duquel sa nouvelle famille ne sait rien, sa mère ayant préféré leur cacher. C’est que, plus jeune, elle a tué trois de ses camarades dans un tragique accident de la route alors qu’elle conduisait sous l’influence de l’alcool et d’une drogue qu’elle clame avoir reçu à son insu. Après avoir purgé sa peine en centre de détention, Zoé et sa mère ont déménagé pour se lancer dans un nouvelle vie, prendre un nouveau départ.

Comme le superbe film Boy A (sorti en 2007) nous l’avait déjà appris, difficile pour ces jeunes au passé trouble de repartir de zéro, de faire table rase du passé. Zoé devra même revivre un nouveau drame au sein de sa famille, mettant chacun sous la loupe de la police, à la recherche d’un coupable pour cette macabre histoire.

J’ai été un peu moins emballé par cette seconde lecture de Gilly Macmillan, l’histoire ayant quelques airs de déjà-vu, et mis à part le twist final que j’attendais sans grande surprise, je ne peux pas dire que j’ai été plus passionné que cela par ce roman. C’est dommage, le talent est là, l’histoire a du potentiel, mais j’ai juste l’impression d’être passé à côté.

La Fille idéale, de Gilly Macmillan, est publié au Royaume-Uni en septembre 2016 sous le titre « The Perfect Girl » . Il est paraît en France aux éditions Les Escales le 4 mai 2017 dans une traduction de Christel Paris.

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Ilya Kalinine, Nathalie Hug et Jérôme Camut

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Nathalie Hug & Jérôme Camut - Ilya KalinineQuand deux écrivains se rencontrent et se mettent à écrire à quatre mains, cela donne en général des romans bien ficelés, mais on peut également observer dans de rares cas la naissance d’une histoire d’amour qui conduit les deux auteurs à se marier. Cette anecdote mise à part, le couple d’écrivains a fait un carton avec sa trilogie W3 parue aux éditions Télémaque et disponible depuis au format poche au Livre de Poche, et offre aux lecteurs une préquelle à sa trilogie, explorant les origines du tueur Ilya Kalinine.

Le roman  se veut le témoignage de Vera Obolanski, mère aimante d’un enfant ordinaire ayant plongé trop tôt dans ce que le monde avait de plus sombre à offrir pour espérer s’en sortir sans séquelles. Jumeaux nés d’un amour de passage, Ilya et sa sœur Tania sont condamnés à grandir dans la sordide misère de l’orphelinat de Kaliningrad par cette Russie qui les considère comme enfants illégaux.

Face aux épreuves de la vie, à la cupidité des adultes, à la lubricité des hommes, à la duplicité d’un orphelinat censé assurer leur sécurité, Ilya n’aura pas d’autre choix que de fuir avec sa sœur pour échapper aux prédateurs. C’est une histoire qui, très tôt, s’inscrit irrémédiablement dans la violence. La suite, c’est la fuite et la survie, les coups durs et les victoires, puis enfin l’espoir d’une vie tranquille. Quand sa sœur sera kidnappée afin d’alimenter un réseau de prostitution en Europe, s’en est trop pour Ilya, et un déferlement de violence s’abat alors sur ceux qui lui ont pris sa sœur. Un atout macabre qui n’échappera pas à l’œil intéressé des services de renseignement français…

Je n’ai pas encore lu la saga W3, qui trône pourtant dans une de mes étagères de livres de poche, mais j’ai adoré cette première lecture, et j’ai désormais hâte de me plonger dans les trois pavés dont on m’a toujours dit le plus grand bien. Pour les fans, sachez que les deux auteurs publient leur prochain roman Islanova le 12 octobre aux éditions Fleuve Noir.

Ilya Kalinine, de Nathalie Hug et Jérôme Camut, est publié le 3 mai 2017 aux éditions Le livre de Poche.

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Stockholm Delete, Jens Lapidus

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Jens Lapidus - Stockholm DeleteJens Lapidus est un auteur discret et trop peu connu en France malgré l’adaptation au cinéma des deux premiers tomes de sa trilogie Stockholm noir, parue chez Plon entre 2008 et 2013 pour les traductions françaises. Pour cet avocat suédois dans la quarantaine, habitué à baigner dans le milieu des grands criminels, c’est un retour dans l’univers sombre des réseaux mafieux qui s’opère avec ce quatrième roman.

Dans une maison isolée d’une petite île à l’écart de la ville, un crime a été commis. L’agent de sécurité dépêché sur place pour répondre à une alarme ne peut que constater le décès d’une victime tellement amochée qu’il ne sera pas possible de l’identifier. A proximité immédiate de la résidence, il trouvera une personne dans le coma à bord d’un véhicule, et rapidement les soupçons de la police se porteront sur cet homme qui n’est pas décidé à coopérer.

Il ne demande qu’une chose : Emelie Jansson. Pour cette jeune avocate bien en vue dans son cabinet d’affaires, accepter de prendre la défense d’un dossier pénal ne sera pas sans risque pour sa carrière, ses associés ne voyant pas d’un bon œil cette activité risquée et chronophage qui peut ternir l’image du cabinet.

Flanquée de Teddy, un ancien détenu ayant purgé sa peine et travaillant désormais comme enquêteur et homme à tout faire du cabinet, elle devra essayer de comprendre les tenants et aboutissants d’une affaire qui ne sera pas sans surprise. Celui ci devra affronter son passé et l’homme qu’il a kidnappé des années plus tôt afin de permettre à l’enquête d’avancer, en plus de devoir s’occuper de son neveu qui glisse dans la délinquance et qu’il espère pouvoir remettre sur le droit chemin.

Malgré un potentiel plutôt sympa, je n’ai pas réussi à accrocher avec ce roman qui m’a demandé beaucoup trop de semaines de lecture sans passion afin d’en venir à bout. Le souvenir sombre de l’immersion dans le milieu mafieux de la précédente saga n’est pas retrouvé dans ce roman qui manque un peu de noirceur, et reste souvent trop technique, comme un mauvais Grisham. Dommage.

Stockholm Delete, de Jens Lapidus, est publié en Suède le 7 octobre 2015 sous le titre « STHLM Delete ». Il paraît aux États-Unis le 18 avril 2017 aux éditions Vintage Books de Penguin Random House.

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La fille d’avant, J.P. Delaney

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JP Delaney - La fille d'avantC’est un peu le thriller du moment, soutenu par un marketing très actif et une presse globalement emballée, La fille d’avant se veut « thriller psychologique haletant » dans une ambiance minimaliste. Publié il y a quelques mois aux États-Unis, ses droits ont été vendus dans 35 pays et le réalisateur Ron Howard – qui a dirigé les adaptations des romans de Dan Brown au cinéma – a déjà acheté les droits du livre pour un passage sur grand écran. Un immense jackpot pour l’auteur et publicitaire britannique Tony Strong, qui publie régulièrement sous différents pseudonymes, comme celui d’Anthony Capella, au point que je ne sois pas tout à fait certain de savoir lequel des deux est son nom réel.

Le récit est construit autour de deux occupantes d’une même maison, Emma, qui n’y vit plus puisqu’on apprend rapidement qu’elle est morte, et Jane, qui en est l’actuelle locataire, et qui tâche justement de découvrir ce qui est arrivé à Emma. Le point commun qui réunit ces deux femmes, c’est Edward Monkford, un énigmatique architecte devenu adepte du minimalisme après que sa femme et son fils ne trouvent la mort sur le chantier de cette intrigante maison du One Folgate Street.

Monkford est un propriétaire atypique, qui choisit ses locataires à l’aide d’un questionnaire intimiste aussi surprenant que dérangeant. Si les agences de location ne savent pas vraiment quels sont les critères de choix de l’architecte, qui propose un entretien en dernier lieu aux candidats sélectionnés, on comprend relativement vite qu’il choisit surtout des femmes ressemblant énormément à son épouse décédée, et victimes d’un drame personnel. Emma, a par exemple été violée lors du cambriolage de son précédent appartement, tandis que Jane a dû mettre au monde un enfant mort-né.

Si les deux femmes ont partagé à des époques différentes ce même amant, elles ont surtout réussi à vivre dans une maison exigeante, au règlement drastique, interdisant par exemple d’avoir des livres. Inspiré de la méthode KonMari, qui vise à se débarrasser du superflu en vivant entouré de vide (à ce propos, le même éditeur propose un essai antagoniste, « De la joie d’être bordélique » de Jennifer McCartney), le One Folgate Street est une demeure épurée et bardée de technologie, dans laquelle la vie privée n’existe pas, puisque tout se commande à l’aide de HouseKeeper, une application intrusive placée sur son téléphone qui commande l’ouverture des portes, l’intensité de la lumière selon son humeur, la température de l’eau sous la douche, mais surveille également les recherches faites sur internet.

C’est une sorte de remake de Cinquante nuances de Grey en version thriller-déco que propose l’auteur avec La fille d’avant, une histoire aux ingrédients savamment dosés, de l’archi dominateur aux morts pas franchement expliquées, en passant par une palette de second rôles qui tous pourraient jouer un double jeu. Pour autant, le roman souffre d’un style un peu attendu, comme s’il avait été écrit pour être vendu au cinéma, et le dénouement, un peu tiré par les cheveux, m’a laissé sur ma faim. Pas de coup de cœur, donc.

La fille d’avant, de J.P. Delaney, est publié aux États-Unis en janvier 2017 sous le titre « The Girl Before » . Il est publié en France le 8 mars 2017 dans une traduction de Jean Esch.

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