À propos des livres

Catégorie : Fantasy

La menace Andromède, Michael Crichton

Ma note :

Vous vous demandez quel est le point commun entre la série Westword, les dinosaures de Jurassic Park et l’équipe des urgences du County General Hospital de Chicago ? La réponse est simple : Michael Crichton ! Si l’auteur slash scénariste slash producteur est décédé depuis douze ans, son œuvre lui a depuis survécu et permet qu’aujourd’hui encore, comme pour d’autres grands auteurs de la fiction américaine, on poursuive son travail en s’inspirant de son style et en publiant des titres sous son nom. Cinquante ans après La variété Andromède (The Andromeda Strain), voilà qu’une suite est publiée par HarperCollins son éditeur américain, grâce à la plume de Daniel H. Wilson, The Andromeda Evolution.

L’histoire se déroule donc cinquante ans après qu’un incident impliquant une bactérie d’origine extraterrestre ai ravagé une petite communauté des États-Unis, ne laissant que deux survivants d’âges extrêmes. Le gouvernement américain a depuis mis sur pieds un projet top secret disposant d’un financement indécent pour surveiller la résurgence de cette bactérie andromède et de sa mutation, pour lequel il collabore avec des experts internationaux. Quand une surveillance satellite aidée d’algorithmes d’analyse repère en pleine forêt amazonienne une masse noire semblant croître et détruisant toute forme de vie autour d’elle, l’alerte remonte au plus haut niveau et une équipe de scientifiques coordonnée par l’armée est projetée sur place pour essayer de contenir la menace avant qu’elle n’infecte et ne détruise toute forme de vie sur Terre.

Si j’ai aimé le premier tiers, disons la première moitié du livre, j’ai ensuite rapidement perdu pied. Le style est assez rythmé et j’ai vraiment bien aimé le genre de narration « rapport d’incident » au début du roman, qui laisse entrevoir qu’il y a un après, des survivants pour témoigner, mais que nous sommes en chemin vers une catastrophe inéluctable. La petite équipe panachée qui crapahute dans la jungle hostile, c’était bien. Et puis ensuite, et bien ensuite on tombe dans la science-fiction, le récit s’encombre parfois de lourdes explications scientifiques ou tout du moins d’allure scientifique, tandis qu’à d’autres moments et bien on ne comprend pas trop comment les choses sont possibles mais elles sont écrites comme ça et c’est ainsi.

C’est peut-être mon allergie chronique à la science-fiction qui parle, mais globalement j’ai été plusieurs fois déçu par des raccourcis faciles, des orientations « what the fuck » de l’histoire sans parler de la traduction un peu étonnante qui utilise de temps en temps des mots rares pour ne pas dire désuets, ce qui détonne beaucoup pendant la lecture d’un techno-thriller d’anticipation. Les fans apprécieront peut-être, moi j’ai globalement un avis plutôt réservé, je l’ai débuté avec enthousiasme mais terminé sans plaisir. À vous de vous faire votre avis !

La menace Andromède, de Daniel H. Wilson dans le style de Michael Crichton, est publié aux États-Unis chez HarperCollins en décembre 2019 sous le titre « The Androma Evolution » . Il paraît en France le 18 juin aux éditions de l’Archipel dans une traduction de Philippe Rège et Antoine Guillemain.

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Survivre, Vincent Hauuy

Ma note :

Comme un drôle de hasard, mes lectures de dystopies s’enchaînent, et alors que cette guerre sanitaire inopinée touche à sa fin, lire des œuvres de fiction décrivant un monde post-apocalyptique ou un monde du futur traversé par des crises majeures, comme des épidémies virales internationales, prend forcément une résonance toute particulière. J’ai donc lu en deux jours Survivre, quatrième roman de Vincent Hauuy qui se décrit comme « romancier, scénariste, concepteur de jeux vidéos » sur son site internet, et que je découvrais à l’occasion de ce roman.

L’auteur nous amène dans un avenir assez proche, dans quinze ans, en 2035. L’équilibre mondial est chamboulé par les grandes crises sanitaires, sociétales et climatiques que notre présence nuisible et chaque jour grandissante à la surface du globe a inexorablement fini par causer. Florian Starck est un ancien journaliste qui s’est exilé en ermite dans les Alpes après le décès de sa femme et de sa fille unique, à distance de la violence des émeutes des grandes villes, essayant de survivre paisiblement dans la nature avec la communauté voisine, sans demander grand chose à personne, malgré la présence de quelques pillards.

C’est sans compter sur sa sœur, Ministre de l’Intérieur d’un pays profondément fracturé, qui l’envoie enquêter sur l’inquiétante disparition de leur frère Pierrick aux États-Unis, où il était parti travailler à une biographie d’Alejandro Perez, milliardaire sur le point de lancer une émission de télé-réalité révolutionnaire dans un complexe hautement sécurisé. Officiellement, Starck a été choisi pour être un des coach de l’émission, tandis qu’en parallèle de son enquête et de l’émission, sa sœur lui demande de glaner quelques infos pour le compte de la DGSE…

J’étais assez mitigé dans la première moitié du roman, sur le style, la crédibilité de l’histoire, sur certaines libertés que les auteurs doivent prendre pour faire tenir leur intrigue mais qui parfois, aux yeux d’un lecteur, prennent des allures de ficelles un peu trop grosses. Et j’ai clairement été ennuyé par la lourde répétition des mots « bushcraft » et de « collapsologue » dans le récit au point que j’ai regretté de ne pas avoir compté le nombre de fois où j’ai pu les lire !

Malgré ces quelques points qu’un éditeur pourrait aider à corriger avant de boucler un manuscrit, j’ai été finalement assez étonné moi-même de me laisser prendre au jeu, si je puis dire, et d’être suffisamment happé par l’intrigue pour avoir hâte, le lendemain, de terminer ma lecture de ce roman et d’en connaître le dénouement. Les personnages prennent de l’épaisseur et deviennent attachants, l’histoire se complexifie dans le bon sens et il faut saluer au passage l’imagination de l’auteur pour un scénario aussi tordu mais appréciable. En somme, une découverte d’un auteur dont je vais désormais suivre les prochaines publications et une lecture agréable pour un roman qui ne peut, contexte oblige, que nous pousser à nous interroger.

Survivre, de Vincent Hauuy, est publié le 19 mars 2020 aux éditions Hugo Thriller.

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La cité des miroirs, Justin Cronin

Ma note :

Justin Cronin - La Cité des miroirsJ’ai débuté  la lecture de La cité des miroirs avec des sentiments assez ambivalents : le plaisir immuable de me lancer dans une nouvelle aventure, et de découvrir un roman dont le résumé m’avait beaucoup plu sur le site de l’éditeur, qui entraient en collision frontale avec un court prologue un peu lourd, écrit dans le style d’un texte religieux, et qui m’a rapidement permis de comprendre que je rentrais dans une trilogie… par son dernier tome !

Passés les premiers chapitres d’un roman fleuve de plus de 800 pages, il fallait que je me rende à l’évidence : j’en avais pour un sacré moment, mais j’allais adorer.

Je serai tenté de parler de science-fiction pour caractériser ce livre, un genre un peu fourre-tout qui en général me rebute, mais je ne suis pas assez fin connaisseur pour être certain que ce soit adapté. L’auteur lui, parle de « speculative fiction » pour caractériser cette trilogie à mi-chemin entre une saga sur les vampires et une épopée post-apocalyptique comme dans la célèbre série The Walking Dead.

Une chose est sûre, même sans avoir lu les deux premiers tomes : autour de ces dernières années, un scientifique américain, Tim Fanning, s’est fait contaminer par un virus lors d’une expédition dans la jungle. A l’avenir, cet homme deviendra Zéro, sorte de vampire ayant projeté un funeste destin sur le monde. De ce qu’on comprend d’épisodes que le roman ne détaille pas, et qu’on imagine faire parti des deux premiers tomes, douze détenus extraits du couloir de la mort ont servi de cobaye dans un projet de recherche du gouvernement afin de tester des formes modifiées du virus. Ils se feront appeler Les Douze.

Suite à l’expérience, et pour essayer de résumer rapidement, le virus s’est propagé sur Terre, tuant des milliards d’individus, en contaminant un paquet d’autres qu’on appelle les virules, et qui ne sont pas très très sympas… Dans ce troisième tome, les virules semblent avoir disparus, Les Douze ont été tués par Amy, et finalement les derniers survivants se sont organisés en quelques poches de population qui tentent de reprendre une vie normale. Ambiance The Walking Dead garantie.

Sauf que Fanning, le monstre à l’origine de tout, qui trône dans un New-York vide d’habitants, a mis au point un plan visant à tuer Amy, dernier espoir d’une humanité au bord de l’extinction.

Je suis mort et j’ai été ramené à la vie, la plus vieille histoire du monde. Je suis revenu de la mort et qu’ai-je contemplé ? J’étais dans une pièce baignée de la lumière la plus bleue qui soit – un bleu pur, céruléen, le bleu qu’aurait le ciel s’il était marié à la mer.

Ce bouquin est bluffant, et il faut s’accrocher ! Outre le fait que l’histoire soit bien écrite, et bien traduite, j’ai été totalement absorbé par les différentes parties du récit, avec une mention toute particulière au récit du souvenir qui hante Fanning, qui serait presque un roman dans le roman. C’est une histoire finalement pas tant « fantasy » que ça, car il s’agit avant tout du destin d’un groupe d’hommes et de femmes qui tentent de survivre, de faire durer l’humanité, face à une menace aussi folle qu’effrayante. J’avais débuté ce livre avec des sentiments troubles, mais je l’ai terminé avec un sentiment très clair : la tristesse de devoir me séparer de ces personnages auxquels je m’étais attaché au fil de ces heures de lectures. C’était long, mais c’était génial !

La cité des miroirs, de Justin Cronin, est le troisième et dernier tome de la saga Le Passage. Il publié en mai 2016 aux États-Unis sous le titre « The City of Mirrors » et est publié le 16 mars 2017 en France aux éditions Robert Laffont, dans une traduction de Dominique Haas.

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De chair et d’Ombre, Alex Lether

Ma note :

Alex Lether - De chair et d'ombreAdolescent, un peu perdu avec cette homosexualité difficile à assumer, j’étais friand d’histoires d’amour entre hommes, plus ou moins érotiques, mais qui me permettaient de rêver à une vie normale, une relation stable, une folle histoire d’amour, un schéma classique malgré les obstacles. Aux balbutiements d’internet, je dévorais des nouvelles sur Nifty (site anglophone) et Textesgais (devenu uniquement éditeur), des histoires d’amour avec des garçons de mon âge qui vivaient les mêmes choses que moi. Des petites nouvelles de quelques centaines de signes, des longues épopées, des récits personnels, des sagas : toutes ces lectures m’ont fait un bien fou, ont été un support formidable, une ouverture face à l’intériorité.

Aujourd’hui, je lis plus qu’avant, et mes lectures sont plus variées. L’habitude de la lecture m’a rendu plus exigeant vis à vis de la qualité de l’écriture, mais je garde pour ces récits amateurs une singulière affection, et j’apprécie encore assez régulièrement ce type de lecture, moins littéraire, plus midinette.

Avec De chair et d’Ombre, Alex Lether publie son premier roman aux éditions HQN, la filière numérique « coup de jeune » des éditions Harlequin. Un brin fantasy, le roman prend surtout des allures de conte pour adultes, avec son couple royal frappé d’une malédiction, son joli château au coeur du royaume imaginaire de Méragenne et Adamon, son séduisant chef de la garde. La tableau serait incomplet si je ne citais pas Méthias, fanfaron méprisé mais proche du roi le jour, cambrioleur insaisissable et cabotin la nuit, qui se joue des soldats et de leur chef, dont il est secrètement amoureux depuis toujours. Le royaume étant menacé par un complot impliquant la cour du roi et un monstre assoiffé de sang, le Dépeceur, Méthias et Adamon vont devoir se rapprocher pour travailler main dans la main…

J’ai dévoré ce livre numérique à l’écriture très simple, plein de bons sentiments mais à l’histoire originale et au romantisme latent dés les premières confrontations entre les deux personnages. Alex Lether prouve s’il en était encore besoin que les femmes savent écrire des histoires d’amours masculines avec sensibilité mais crédibilité, n’ayant pas peur de s’attaquer à quelques rares passages érotiques. Le roman idéal pour faire rêver du prince charmant les adolescents un peu perdus dans leur orientation sexuelle.

De chair et d’Ombre, d’Alex Lether, est publié au format numérique le 22 novembre 2013 aux éditions HQN.

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