L'Homme Qui Lit

À propos des livres

Catégorie : Rentrée littéraire 2015

Today we live, Emmanuelle Pirotte

Ma note :

Emmanuelle Pirotte - Today we liveLes rentrées littéraires savent si bien mettre en avant les auteurs phares des différentes maisons d’édition (on parlera d’auteurs bankables, car l’édition est une économie : les auteurs attendus font les gros tirages, donc les grosses rentrées d’argent), appelés à rafler la plupart des prix avec la même surprise feinte d’année en année, qu’on en oublierai que ces rentrées sont aussi celles des petits nouveaux, qu’ils laissent ou non leur empreinte dans le paysage littéraire français. C’est le cas d’Emmanuelle Pirotte, dont la quatrième de couverture nous informe laconiquement qu’elle est scénariste et que Today we live est son premier roman.

Nous sommes en 1944 dans les Ardennes belges, au moment où l’armée allemande tente dans un baroud d’honneur de contrer l’inexorable marche en avant des armées de la Libération. Mathias est un soldat allemand, un SS d’une unité spéciale utilisée pour l’opération Greif, visant à reprendre le contrôle de plusieurs ponts sur la Meuse afin de faciliter la progression des troupes allemandes. Comme tous ses camarades de cette unité si particulière, il parle un anglais quasi parfait, est revêtu d’un uniforme de soldat américain, et placé au volant d’une Jeep ennemie.

Le prenant pour un allié, un prêtre lui confie la petite Renée, une enfant juive dont l’existence est menacée par l’arrivée d’une colonne allemande dans son village. Au moment d’abattre l’enfant, et alors qu’elle tourne vers lui ses grands yeux noirs, Mathias réalise l’acte le plus surprenant et le plus humain de sa courte mais sombre carrière de SS : il décide, sans comprendre pourquoi, de la laisser vivre et de fuir cette guerre avec elle. La suite du roman raconte leur survie précaire dans une campagne belge épuisée et résignée, accueillant bon gré mal gré allemands puis américains, avec la même lassitude, n’aspirant qu’à vivre enfin paisiblement.

Today we live est un premier roman qui se lit bien, l’écriture est agréable, et on progresse facilement dans cette histoire qui ne manque pas d’originalité. Cependant et malgré ces débuts prometteurs, j’ai ressenti un manque de profondeur, un manque d’épaisseur dans les personnages et dans l’histoire en général, ce qui ne m’a pas empêché d’apprécier le livre dans son ensemble, mais qui parfois m’a laissé un peu sur ma faim. Un auteur à suivre, dans tous les cas.

Today we live, d’Emmanuelle Pirotte, est publié le 3 septembre 2015 au Cherche-Midi.

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Les promesses, Amanda Sthers

Ma note :

Amanda Sthers - Les promesses

Il est toujours un peu gênant d’avouer ne pas connaître un auteur dont on nous assure pourtant qu’il est à la fois connu et prolifique, et qu’il semble tout à fait incongru –pour ne pas dire suspect– qu’un amoureux des livres à temps plein, passant autant de temps en librairie, ne connaisse pas ne serait-ce que de nom. Mais quand même, tu sais bien, c’est l’ex de Bruel ?!

Après avoir fait un rapide tour sur Wikipédia, et découvert que cette cousine surdouée de Yann Quéffelec était quand même un peu plus que l’ex de, il était donc temps de m’attaquer à un de ses romans, et pour ne rien faire comme il faut, pourquoi ne pas commencer par le dernier en date, sorti à l’occasion de cette traditionnellement fastueuse rentrée littéraire ?

Les promesses, donc, écrit de la voix d’un homme, nous raconte Alexandre, que ses proches appelent Sandro, italien du côté de son père, français du côté de sa mère. De son enfance en Toscane à son mariage raté et ses enfants insipides, Sandro traversera la perte d’un père, la négligence d’une mère qu’on perçoit comme absente, et les turpitudes amoureuses avec diverses femmes, avant de finalement choisir une forme d’exil dans l’immense maison italienne de son richissime grand-père.

Le roman se lit bien, est même assez agréable, mais les chapitres sont courts, les marges immenses, la police un peu augmentée, et on se doute que le roman s’il sort un jour en poche sera mince comme l’espoir d’un monde sans guerres. Sur le fond, j’ai traversé ces 300 pages avec une question en suspens : faut-il vraiment détester autant les hommes ? A lire Amanda Sthers, on pourrait voir en Sandro l’archétype du mâle : obsédé sexuel, obnubilé par ses érections (mais qu’est-ce qu’elle a avec ses érections toutes les trois pages, elle nous imagine priapiques ?, pensais-je), père déçu, mari raté, courtisant les femmes, se vautrant dans l’argent.

Les promesses non tenues rendraient-elles les écrivains acides ?

Les promesses, d’Amanda Sthers, est paru le 26 août 2015 chez Grasset.

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Le Livre des Baltimore, Joël Dicker

Ma note :

Joel Dicker Le livre des baltimoreL’ébulition de la rentrée littéraire retombe à peine sur les très ennuyeux prix littéraires, que la sphère culturelle s’agite de nouveau, et qu’un seul nom revient sur toutes les lèvres : Joël Dicker. Le bel écrivain suisse francophone de 30 ans semble à peine remis de la déferlante internationale de son précédent roman « La vérité sur l’Affaire Harry Quebert » et de ses millions d’exemplaires vendus, que le voilà déjà à courir d’un studio de radio à un plateau télévisé, en passant par une séance de dédicaces en librairie, pour assurer la promotion de son dernier roman Le Livre des Baltimore.

On retrouve Marcus Goldman, écrivain américain à succès, aux côtés duquel l’on avait déjà résolu l’Affaire Harry Quebert. Cette fois, l’auteur annonce la couleur : il va nous parler du clan des Baltimore, de cette famille pour laquelle tout bascula après le Drame.

Alternant un récit actuel dans lequel on le découvre empêtré dans l’écriture, surveillé par la presse à scandale, et encore amoureux d’une chanteuse populaire ; avec des retours dans son passé et celui de sa famille, Marcus nous retracera la vie haute en couleur des Goldman-de-Montclair et des Goldman-de-Baltimore, les familles de deux frères qui semblent à la fois si proches et à la fois tellement opposées, comme en perpétuelle compétition, et de l’amitié si forte qu’il exista entre leurs enfants, qui s’appelaient le « Gang des Goldman ».

En filigrane de cette histoire familiale se dessine le Drame, qu’on perçoit initialement comme mystérieux, et que l’on entrevoit plus nettement au fur et à mesure que le récit avance, qu’il se rapproche, jusqu’à la révélation des dernières pages, cet emballement du récit, ce moment magique où les secrets se dévoilent, les intrigues se terminent, les vies ses brisent, et où le lecteur se retrouve le souffle coupé.

J’aurai du mal à cacher que j’ai dévoré ce livre, que j’attendais avec une certaine fébrilité, après avoir été conquis par Harry Quebert et le style de cet écrivain qui n’avait jusque là pas rencontré le succès. Je l’ai englouti comme un boulimique littéraire, progressant dans l’histoire comme si je la vivais moi-même, impressionné par la qualité de l’écriture, la capacité à maintenir une intrigue sans jamais tomber dans les facilités et les ficelles habituelles. Joël Dicker réussi quelque chose de formidable : il arrive à me secouer les neurones, à sortir du lot, à rendre sa lecture passionnante. Et pour ça, chapeau. Et merci.

Le Livre des Baltimore, de Joël Dicker, est publié le 30 septembre 2015 aux éditions de Fallois.

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La neige noire, Paul Lynch

Ma note :

Paul Lynch - La neige noireJe n’avais jamais rien lu de Paul Lynch, bien qu’il ai déjà publié chez Albin Michel en 2014 son premier roman « Un ciel rouge, le matin » (Red sky in morning), que j’avais acheté en édition numérique auprès de son éditeur anglophone (un avantage de lire en anglais, les livres y sont souvent moins chers), mais pas encore lu.

Je débutais donc La neige noire sans aucun a priori, plutôt impatient de me retrouver à déambuler dans le Donegal et de me perdre dans ces grandes plaines d’Irlande, pays que j’ai à coeur de visiter un jour, que j’imagine aussi beau, humide et verdoyant que sur la photographie du bandeau accompagnant le livre.

La famille Kane vit de l’élevage de quelques animaux dans une vieille ferme isolée, au milieu d’un grand terrain escarpé. Avant de revenir vivre avec son épouse et leur fils sur la terre de ses ancêtres, Barnabas Kane faisait partie de ces milliers d’immigrés irlandais partis tenter l’aventure américaine, construisant toujours plus haut ces immeubles new-yorkais qui chatouillent les nuages.

Son employé et vieil ami meurt alors qu’un mystérieux incendie détruit la grange attenante à la ferme, anéantissant par la même occasion tout son élevage, tandis que Barnabas échappe de peu au même sort, tiré des fumées par un voisin venu apporter son aide.

Après ce drame, qui bouleversa sa famille et le village, rien ne sera plus jamais pareil dans la vie de la famille Kane. De malheur en déception, affrontant l’hostilité toujours plus grande de ces habitants historiques les considérants comme des étrangers, Barnabas devra faire face à des choix décisifs pour tenter d’en sortir la tête haute.

La neige noire est un roman sans concession, au rythme langoureux et à l’écriture d’une rare poésie. J’ai été subjugué par le style, la beauté des phrases, cette façon de décrire les paysages, les émotions. L’histoire est aussi belle que sombre, et c’est le coeur serré que l’on en referme les dernières pages. A n’en pas douter, Paul Lynch est un auteur qui a trouvé son style, et je ne manquerai pas de rattraper mon retard en lisant son précédent roman, tout en surveillant ses prochaines parutions.

La neige noire, de Paul Lynch, est paru au Royaume-Uni en mars 2014 sous le titre « The Black Snow », et publié le 19 août 2015 chez Albin Michel dans une traduction de Marina Boraso.

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La Zone d’intérêt, Martin Amis

Ma note :

La Zone d'intérêt, Martin AmisEst-il encore nécessaire de présenter Martin Amis, l’écrivain britannique lui-même fils d’écrivain, qui compte aujourd’hui parmi les auteurs de la couronne les plus réputés ? La plume grinçante et satirique d’Amis nous revient en France chez Calmann-Lévy à l’occasion de la rentrée littéraire (Antoine Gallimard, son éditeur historique, ayant refusé d’en acquérir les droits), dans une comédie détonnante se déroulant pendant la Shoah orchestrée par les nazis lors de la seconde guerre mondiale, époque dans laquelle l’auteur s’était déjà aventuré en 1991 dans La flèche du temps où il racontait dans un procédé de narration original la vie d’un médecin nazi.

Alors peut-on rire de tout, en littérature ? Réponse en lisant La Zone d’intérêt…

L’histoire se lit comme une pièce de théâtre, un vaudeville de camp de concentration réunissant Paul Doll, commandant du camp de concentration, alcoolique et obsédé, Hannah son épouse, belle et rebelle, et Angelus Thomsen, un officier de liaison SS qu’on nous dit maniéré, mais qui tombe éperduement amoureux de la femme du commandant.

Autour d’eux ? La mort, évidemment. L’abominable machine de destruction nazie tourne à plein régime, les trains se succèdent, les cadavres deviennent une problématique sanitaire : l’odeur des charniers rend l’air irrespirable et contamine l’eau. Pour les prisonniers encore en vie, c’est le travail forcé pour les industriels allemand, l’ultime effort de guerre, jusqu’à ce que leur cadavre rejoigne les nombreux autres qui attendent d’être réduits en cendre.

Au loin, les échos du front Russe, qui ne trompent personne sur le déclin de ce Troisième Reich qui devait durer mille ans, et qui n’en tiendra même pas dix. Dans cette ambiance cernée de tristesse, cette machine de mort, Thomsen courtisera Hannah sous les yeux fous de jalousie de Doll, lui-même pas très fidèle, et bien décidé à se débarasser de son épouse trop libertine…

Martin Amis signe avec La Zone d’intérêt un roman brillant, une comédie amère, cynique, dont l’effroi historique sert de décors irréaliste à une histoire aussi louffoque que ridicule, mais qu’on dévore avec un étrange plaisir, celui de découvrir un peu d’amour et de légèreté dans cette époque de destruction. Un très bon roman, à lire avec beaucoup de recul !

La Zone d’intérêt, de Martin Amis, est paru au Royaume-Uni en août 2014 sous le titre « The Zone of Interest », et publié le 19 août 2015 aux éditions Calmann-Lévy dans une traduction de Bernard Turle.

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Lontano, Jean-Christophe Grangé

Ma note :

Grangé, LontanoFaut-il vraiment refaire ici la biographie de Jean-Christophe Grangé ? Difficile d’être passé à côté de l’un des rares (bons) auteurs de thrillers en France, surtout quand certains de ses titres ont été adaptés sur grand écran. Pour cette rentrée littéraire, Grangé sort donc un nouveau roman aussi sombre et aussi fou que ses précédents, en prévenant d’avance qu’une suite sera publiée en 2016, de quoi rendre fébrile n’importe quel aficionado.

Lontano, c’est la traque haletante d’un tueur ressurgi du passé, c’est une plongée dans les blessures et la folie d’une famille à deux doigts de l’implosion, c’est un regard cynique sur les ruines encore fumantes de la Françafrique et d’un passé colonial pas si éloigné que ça.

Erwan Morvan est commandant à la brigade criminelle, quai des orfèvres : il est chargé par son père – un flic de la vieille école, mi-barbouze mi-conseiller place Beauvau – de mener l’enquête en Bretagne sur la mort intriguante d’un élève officier pilote dans une école de l’aéronautique navale, survenue en plein bizutage. Son enquête est rendue difficile par ce que son père, qui semble être impliqué de près ou de loin dans cette histoire sordide, lui cache.

Alors qu’un second cadavre mutilé est retrouvé à Paris, l’enquête s’oriente vers une piste improbable : un ancien tueur en série ayant sévi au Congo, l’Homme-Clou, arrêté à l’époque par son père, et mort depuis quelques années dans une unité spécialisée en Bretagne…

Erwan devra alors mener de front une enquête de plus en plus complexe, une famille au bord de l’abîme, des magouilles dans l’exploitation minière que possède son père au Congo, une vie sentimentale chaotique ; le tout l’entraînant dans l’exploration de ses limites, de la noirceur de la perversité humaine, sur les traces de l’Homme-Clou.

J’ai dévoré cet excellent Grangé malgré ses 800 pages, sur le sillon de cette histoire totalement folle mais qui prend sens dans les derniers chapitres. On y retrouve une thématique chère à l’auteur, celle des modifications génétiques, mais qui ne dévie cette fois pas trop dans la science-fiction : de quoi rallier les déçus des précédents titres.

Lontano, de Jean-Christophe Grangé, est publié le 9 septembre 2015 chez Albin-Michel.

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Miroitements, Erwin Mortier

Ma note :

CouvertureFayard publie pour cette édition 2015 de la rentrée littéraire le septième roman d’Erwin Mortier, un auteur belge flamand néerlandophone qui fêtera cette année ses 50 ans. Infirmier de formation, celui qui débuta sa carrière en psychiatrie se consacra par la suite à l’écriture de romans, de poèmes, d’essais historiques ou encore de chroniques pour un quotidien flamand progressiste, De Morgen.

Dans Miroitements, il retrouve l’époque de la première guerre mondiale, époque qui lui tient à coeur et dans laquelle il avait déjà plongé sa plume lors d’un précédent roman, Sommeil des dieux.

Edgard Demont est homosexuel, et se raconte sans pudeur dans ce récit en filigrane, où il est question de ses amants. Il y a Matthew, le mari britannique de sa soeur (la narratrice du Sommeil des dieux) avec qui il vit une histoire aussi belle que clandestine durant de nombreuses années, qu’il rencontra dans l’hôpital militaire où il fut soigné pour ses blessures lors de la première guerre.

Il y a Pierre également, un jeune homme qui reste à ses côtés comme un domestique, et qui troque son rôle de valet lorsque la nuit tombe pour se glisser sous les draps de son maître. Il y a le cousin Paul, il y a les garçons d’un soir, et ceux des gestes brusques dans l’intimité d’une ruelle. Et probablement ceux qu’Edgard ne raconte pas.

De ce récit de vie se dégage une grande mélancolie, l’histoire se raconte comme un bilan désabusé, des blessures restées ouvertes, des cicatrices qui défigurent. C’est un roman complexe et douloureux à la fois, mêlant une écriture parfois poétique aux passages grivois sans prévenir. Miroitements s’achève comme un pincement au coeur, se referme sur les illusions d’Edgard.

Je regrette néanmoins les très nombreux dialogues en anglais, et certains en allemand, qui ne sont traduits qu’en fin d’ouvrage plutôt qu’en note de bas de page, et qui saccadent la lecture si l’on n’est pas anglophone (on retrouvait ce procédé fastidieux dans Les Bienveillantes, de Jonathan Littell).

Miroitements, d’Erwin Mortier, est paru en Belgique en mars 2014 sous le titre « De spiegelingen », et publié le 26 août 2015 aux éditions Fayard dans une traduction (du néerlandais) de Marie Hooghe.

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Ma rentrée littéraire 2015 en (presque) 10 titres

Selection rentrée littéraire

Comme évoqué dans un billet précédent, j’ai retenu dix titres à lire pour cette rentrée littéraire, dont je parlerai ici après lecture. Il s’agit donc, de gauche à droite, de : (cliquez sur le titre pour retrouver mon avis, et sur l’éditeur pour retrouver la page de présentation du titre sur le site de l’éditeur)

Se sont rajoutés quelques titres qui n’étaient pas prévus mais pour lesquels la tentation fut grande, où l’occasion trop belle…

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Là où tombe la pluie, Catherine Chanter

Ma note :

CouvertureRuth Ardingly et son mari ont quitté Londres et l’accusation sordide qui les poursuivaient pour s’intaller dans une vieille ferme isolée de la campagne britannique. A une époque qui n’est pas spécifiée mais qu’on imagine actuelle, le pays souffre d’une implacable sécheresse, qui répand autour d’elle le malheur et la folie. A La Source tout est différent, et dans cette oasis de verdure la pluie continue de tomber ça et là, et l’eau coule en abondance.

Alors que leur fille Angie passe du temps en famille entre deux épisodes d’égarement, accompagnée de leur petit-fils Lucien, La Source attire autant la curiosité que la jalousie, et le gouvernement, les voisins, Internet, les médias et même quelques fanatiques religieux semblent avoir fait de cette inégalité leur centre d’intérêt principal.

Après que Les Soeurs de la Rose de Jéricho se soient installées sur leurs terres, avec à la tête de cette étrange secte féministe la troublante Amelia, Ruth sera proclamée comme l’élue, et adhèrera à cette étrange religion, négligeant alors l’entretien de la ferme, plongeant son couple dans le conflit, et délaissant son petit-fils dont elle avait la garde, jusqu’au matin où ce dernier est retrouvé noyé.

Accusée de meurtre par négligence, entre autres charges liées à l’utilisation d’eau en pleine période de sécheresse, Ruth est assignée à résidence sous garde armée par le gourvernement, et n’a alors de cesse que de reconstituer le fil ayant mené au drame, de son endocrinement au délitement de son couple.

Dans ce roman un peu hybride entre la science-fiction et le polar, Catherine Chanter signe un premier roman séduisant, construit autour  de souvenirs confus, dans une ambiance confinée. Si l’histoire connaît quelques longueurs, l’ensemble forme un récit puissant et captivant dans sa dernière ligne droite, une lecture originale.

Là où tombe la plue, de Catherine Chanter, est publié en 2015 sous le titre « The Well » au Royaume-Uni, et publié le 19 août 2015 aux éditions Les Escales dans une traduction de Philippe Loubat-Delranc.

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Rentrée littéraire 2015

Rentrée littéraireComme chaque année, et de plus en plus tôt, c’est la rentrée littéraire. Cette année un peu moins de 600 romans font leur entrée dans les librairies, dont pas loin de 70 premiers romans. Dans ce tsunami littéraire, quelques titres culminent en haut de la vague médiatique, le reste étant comme chaque année noyé sous la masse, et il faut choisir avec prudence ses lectures, à défaut de pouvoir tout lire.

Aussi comme j’en ai l’habitude, je choisis par soucis d’économie une liste réduite de dix titres que j’achète et que je lis en priorité, après avoir lu autant de critiques et de dossiers thématiques que possible, dans divers magazines, podcasts d’émissions littéraires, blogs et autres sites internets.

Pour le moment ma liste n’est pas encore complète, mais j’ai commencé quelques achats et même la première lecture. Il faudra donc compter sur Là où tombe la pluie de Catherine Chanter, La zone d’intérêt de Martin Amis, La petite femelle de Philippe Jaenada, Paradis amer de Tatamkhulu Afrika, Six jours de Ryan Gattis, Miroitements d’Erwin Mortier et enfin Lontano de Jean-Christophe Grangé. Les trois autres titres restent encore indécis, mais ne seront pas Delphine de Vigan ni Christine Angot, pour sûr…

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