L'Homme Qui Lit

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Catégorie : Premier roman Page 2 of 4

Un travail comme un autre, Virginia Reeves

Ma note :

Virginia Reeves - Un travail comme un autreTroisième lecture des quatre titres proposés par les éditions Stock aux dix membres du jury de cette 1ère édition du Prix SensCritique du Premier Bouquin… et enfin un roman qui m’a absorbé. La courte biographie de l’auteur sur son site nous informe qu’elle est diplômée en écriture par l’université d’Austin au Texas, et qu’elle est désormais retournée vivre en famille dans le Montana, d’où elle est originaire. Ce premier roman a par ailleurs été retenu lors de la première sélection de treize titres du Man Booker Prize, l’un des plus prestigieux prix littéraires anglophones, mais il n’a malheureusement pas été retenu parmi les six finalistes.

Alabama, années 1920. Roscoe T Martin est électricien, ancien employé de la compagnie d’électricité Alabama Power, parti s’installer avec son épouse Marie et leur jeune fils Gerald dans la ferme de ses beaux parents dont ils ont hérité. Fasciné depuis toujours par la magie de ce courant dont il perçoit très vite le développement fulgurant, il s’adapte mal à la vie de fermier et ne s’occupe guère de l’exploitation qui décline alors doucement. Un jour, il décide que ses compétences d’électricien peuvent servir à moderniser la ferme, et avec l’aide de Wilson leur employé noir, prend sur lui de détourner du courant électrique sur une ligne de son ancienne compagnie qui passe à proximité, laissant croire à tout le monde que la compagnie innove en électrifiant les exploitations agricoles.

La ferme reprend lentement vie, de même que le couple, et l’exploitation connaît alors une période relativement heureuse. Seulement voilà, un soir alors que la famille est en plein dîner, le shérif vient arrêter Roscoe pour vol, mais également pour homicide : un des employés d’Alabama Power chargé de la maintenance des lignes est tombé sur leur installation permettant de détourner le courant et est mort électrocuté par son transformateur maison.

Tandis que Wilson est condamné comme complice, et vendu comme prisonnier à une mine, Roscoe est envoyé dans la prison de Kilby après avoir été condamné à vingt ans de prison lors d’un procès bâclé où sa femme refusera de venir le voir.

Le roman alterne entre les récits de la vie en prison, une prison moderne qui vient de se doter de la chaise électrique, et l’histoire de cette famille jusqu’au drame qui la fit voler en éclat. Je n’avais absolument pas entendu parler de ce roman, et c’est dommage, parce que je l’ai littéralement dévoré ! Le personnage de Roscoe, autour de qui tourne le récit, est plus complexe qu’il n’y paraît et rend l’histoire plus surprenante, ses réactions moins prévisibles. Je me suis surpris à m’être attaché à celui qui, dans les premières pages, m’avait clairement rebuté. C’est un roman magnifique sur la famille, sur la prison, sur le pardon et la rédemption : une de mes lectures préférées de cette année !

Un travail comme un autre, de Virginia Reeves, est publié en mars 2016 aux États-Unis sous le titre “Work Like Any Other” . Il est publié en France le 24 août 2016 aux éditions Stock dans une traduction de Carine Chichereau.

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L’éveil, Line Papin

Ma note :

L'éveil - Line PapinJe suis un fervent utilisateur du site SensCritique depuis plusieurs années. J’ai regardé avec un brin de jalousie l’industrie du cinéma offrir les meilleurs partenariats commerciaux à ce site de partage de critiques (et de bien plus, d’ailleurs). Aussi quand j’ai vu passer l’info d’un partenariat avec un éditeur, j’ai sauté sur l’occasion pour proposer ma candidature : autant vous dire que j’étais super content d’être retenu avec neufs autres lectrices et lecteurs du site.

L‘idée, c’est de nous partager via la plateforme NetGalley quatre “premiers romans” publiés aux éditions Stock à l’occasion de cette rentrée littéraire, de nous demander de les lire puis d’en publier notre avis sans contrainte au moins sur SensCritique, afin de désigner un lauréat. Vous avez raison, c’est un peu biaisé, parce que c’est une opération commerciale avant tout, et j’aurais aimé comme certains d’entre vous que SensCritique propose un prix littéraire indépendant. Qui sait, les années suivantes peut-être ?!

Concernant ma première lecture, L’éveil, je suis moins enthousiaste. J’ai découvert au moment de rédiger cet avis très bref que son auteur, Line Papin, avait tout juste vingt ans, et je n’avais même pas pris le temps de lire le résumé du roman, aussi on ne pourra pas penser que j’en ai débuté la lecture avec un à priori.

Nous sommes au Viêt Nam, à Hanoï. Un français expatrié bosse comme serveur et lors d’une fête, y fait la rencontre de Juliet, la fille de l’ambassadeur d’Australie. C’est mignon, ça sent bon les amourettes de vacances, on s’imagine déjà les balades dangereuses accrochés l’un contre l’autre sur un scooter dans les rues bondées, à jouer du klaxon pour essayer de n’écraser personne, et le coucher de soleil la tête de la fille posée sur l’épaule du garçon, doigts entrelacés, le regard perdu dans l’immensité du paysage teinté d’une douce chaleur rose orangée. On rêve un peu, on pourrait oublier avoir déjà subi Marc Lavoine et Zoé Félix dans le même genre de scène au cinéma.

Et en fait, non. Pour rester dans la tradition culturelle française, on se retrouve embarqué dans un ménage à trois avec une autre française, Laura, qui vient brouiller les cartes avec son anorexie, ses excès, son instabilité.

Tout n’est pas à jeter avec l’eau du bain, dans ce premier roman. Bon, c’est peut-être parce que je suis un mec, allez savoir, mais ces atermoiements émotionnels féminins, ça m’épuise : c’est lors de ce genre de lecture que je suis heureux d’être gay, pour tout vous dire. Et qu’on écrive un roman où le mec réfléchit comme une femme, c’est un mauvais point. Pour autant, il faut reconnaître que l’essentiel de la lecture est plutôt agréable et que la plume de l’auteur est prometteuse. À surveiller, donc.

L’éveil, de Line Papin, est publié le 24 août 2016 aux éditions Stock.

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Là où les lumières se perdent, David Joy

Ma note :

David Joy - Là où les lumières se perdent« La vie dans laquelle j’étais né semblait avoir été gravée dans le marbre à l’instant où mon nom de famille avait été griffonné sur mon acte de naissance » , nous lance en guise d’avertissement Jacob McNeely. C’est que, dans le comté de Caroline du Nord où il vit avec son père Charly, porter ce nom condamne à une sorte de malédiction, celle d’être jugé comme un moins que rien, au mieux, ou comme un délinquant, au pire. Et toujours, d’inspirer la peur et le dégoût autour de soi.

« J’avais été chié par une mère accro à la meth qui venait juste d’être libérée de l’asile de fous. J’étais le fils d’un père qui me planterait un couteau dans la gorge pendant mon sommeil si l’humeur le prenait » . Alors que son père est un des gros dealers de meth de la région, le môme grandit à ses côtés en apprenant quelques règles simples, ne faire confiance à personne, ne jamais se retourner, être toujours sur ses gardes. Pour son père, Jacob est une sorte de relève, et c’est désormais à lui qu’il confie la mission de corriger un de leurs associés à la langue trop pendue.

Dans cette vie jalonnée de ratés, Jacob trouvera pourtant une raison d’espérer, de rêver à un avenir meilleur, à une vie différente que celle à laquelle son nom et ses origines le destinent. C’est Maggie, une voisine avec qui il a grandit et dont il est éperdument amoureux malgré leur récente séparation, qui lui donne l’envie de tout changer. « Maggie savait d’où je venais, elle savait ce qu’on cherchait à faire de moi, et elle croyait tout de même que je pourrais m’en sortir » .

Seulement rien n’est jamais simple dans la vie, encore moins pour ceux qui ont grandi en tournant le dos à la chance, et lorsque le passage à tabac merdera dans les grandes largeurs, Jacob n’aura pas d’autre choix pour s’en sortir que de couper les liens, se libérer de ses entraves : il va devoir affronter son père.

Premier roman d’un jeune écrivain américain, Là où les lumières se perdent nous plonge dans une vie de malchance. C’est un récit noir de crasse et rouge du sang versé, où la lumière apparaît au bout d’un interminable tunnel, insaisissable espoir d’une vie différente, folle utopie d’échapper à sa destinée. Un roman sur le désir de rédemption, sur l’amour, sur le destin et sur cette putain de vie, qui parfois prend plus qu’elle ne donne. Un excellent premier roman d’un auteur dont il faut absolument suivre les prochaines publications, et qu’on ne manquera pas j’en suis certain, de retrouver bientôt au cinéma.

Là où les lumières se perdent, de David Joy, est publié aux États-Unis en mars 2015 sous le titre « Where all light tends to go » . Il paraît en France le 25 août 2016 aux éditions Sonatine dans une traduction de Fabrice Pointeau.

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Voici venir les rêveurs, Imbolo Mbue

Ma note :

Imbolo Mbue - Voici venir les rêveursNous sommes en 2007, en pleine crise financière des marchés américains. Jende Jonga est un camerounais originaire de Limbé, une station balnéaire anglophone située en bord de mer, et résidant illégalement sur le sol états-unien après que son visa ait expiré. Après plusieurs années à vivre de petits boulots, son cousin Winston lui obtient un entretien avec Clark Edwards, un associé de la banque d’investissement Lehman Brothers. Lorsque ce dernier l’engage comme chauffeur pour la famille, la vie de Jende s’en voit bouleversée.

Sa femme Neni et leur fils de six ans vont enfin pouvoir jouir de sa prospérité nouvelle, et la famille réfugiée dans un minuscule deux pièces de Harlem imagine déjà la Green Card à portée de main, leur ouvrant alors toutes les perspectives de réussite et de bonheur. Neni travaille dur pour espérer débuter un jour ses études afin de devenir pharmacienne, et ce nouvel emploi au service des Edwards les soulage des difficultés financières.

Entre Jende et son patron Clark, un respect mutuel s’établit, et les deux hommes partagent même quelques bons moments, ainsi que quelques secrets. C’est que, malgré leurs positions si distinctes, ils savent s’appuyer sur ce qui les rassemble : une certaine vision de la morale, le plaisir simple d’un coucher de soleil, le sens de la famille.

Mais pour les Jonga, l’attente de la réponse des services de l’immigration concernant leur demande d’asile, se fait chaque jour un peu plus difficile, l’épée de Damoclès d’une expulsion étant toujours bien présente, et « ils perdraient la chance de grandir sur une terre merveilleuse, peuplée de rêveurs » . Chez les Edwards, tout prend l’eau, et les tensions professionnelles de Clark à propos de sa banque, alors en plein remous, n’aident pas à apporter de la stabilité à son couple. Alors que tout vacille, vers quoi se tourneront-ils pour ne pas s’effondrer ?

Premier roman d’une camerounaise elle-même originaire de Limbé et partie étudier aux États-Unis en 1998, Voici venir les rêveurs s’est fait remarquer lors de la Foire du livre de Francfort il y a deux ans, et l’éditeur américain l’a alors acheté pour un joli montant. Réjouissons-nous qu’il sorte en France cinq jours avant les États-Unis, car ce magnifique roman est un des immanquables de cette rentrée littéraire, une magnifique histoire pleine d’humanité, confrontant deux hommes à l’American Dream. C’est beau, c’est touchant, c’est bruyant comme une avenue de Manhattan, ça sent la cuisine africaine à chaque page, et j’ai lu chaque dialogue en imaginant la voix chantante et mélodieuse d’Alain Mabanckou. Bref, c’est un coup de coeur : vous allez adorer !

Voici venir les rêveurs, de Imbolo Mbue, est publié aux États-Unis le 23 août 2016 sous le titre « Behold the Dreamers » . Il est publié en France le 18 août 2016 aux éditions Belfond dans une traduction de Sarah Tardy.

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En attendant Bojangles, Olivier Bourdeaut

Ma note :

Olivier Bourdeaut - En attendant BojanglesInstallez-vous confortablement dans votre coin de lecture favoris, faites résonner Nina Simone dans votre appartement et plongez-vous sans retenue dans ce court roman à la pétillante mélancolie. Premier roman couronné du Grand Prix RTL / Lire, du Prix du roman France Télévision, et d’autres encore, En attendant Bojangles fut la découverte inattendue de ce début d’année 2016, la recommandation qui fut sur toutes les bouches, et c’est avec quelques mois de retard que je me suis enfin laissé emporter dans ce tourbillon de vie de 160 pages.

Un fils raconte avec enchantement son enfance haute en couleur, dans un foyer fantasque. Le père aimait s’inventer des vies aux origines exotiques pour faire fantasmer son auditoire, jusqu’à ce qu’il rencontre celle dont il tombera éperdument amoureux, et qui partagera son excentricité. « Quand la réalité est banale, inventez-moi une belle histoire, vous mentez si bien, ce serait dommage de nous en priver » , lui demande celle qui deviendra sa femme. Des écrits du père, cités par son fils pour édulcorer ses propres souvenirs d’enfant, la rencontre se résume ainsi : « le temps d’un cocktail, d’une danse, une femme folle et chapeautée d’ailes, m’avait rendu fou d’elle en m’invitant à partager sa démence » .

La famille vit alors des jours heureux, ce foyer vibre d’un amour sans restriction, d’un bonheur sans limite. Aux côtés de Mademoiselle Superfétatoire, une grue ramenée d’Afrique servant d’animal de compagnie, toutes les folies sont tolérées, les fêtes sont sans fin, les cocktails coulent à flot, et les contraintes semblent ne pas exister. « Les invités s’exclamaient que c’était vraiment la fiesta tout le temps, et papa répondait que la vie c’était bon comme ça » .

Avec le temps, les excès et les énervement l’emportent sur l’amusement, « nous nous étions dit que son originalité continuait à monter les escaliers, qu’elle avait atteint un nouveau palier » . Après la folie de trop, la mise en danger, c’est l’internement, la confrontation à la réalité : celle de la maladie mentale. « De toute façon, j’ai toujours été un peu folle alors un peu plus, un peu moins, ça ne va pas changer l’amour que vous avez pour moi » , tempère celle qui règne rapidement sur le service de psychiatrie dans lequel elle vit, et où son fils et son mari viennent la voir chaque jour.

Lors d’une ultime escapade, comme un pied de nez aux contraintes de la vie, alors que la famille se réfugie dans son château en Espagne « après des années de fêtes, de voyages, d’excentricités et d’extravagante gaieté » , la chute se prépare, aussi vertigineuse qu’inéluctable, me laissant alors dans cette douce mélancolie des lendemains de fête, la tête pleine de souvenirs artificiels des folles soirées passées à écouter Nina Simone chanter. Le spleen des bons romans.

En attendant Bojangles, d’Olivier Bourdeaut, est publié en janvier 2016 aux éditions Finitude.

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Les adeptes, Ingar Johnsrud

Ma note :

Ingar Johnsrud - Les adeptesJ’ai toujours idéalisé la Scandinavie, ces terres de vikings que l’on connaît surtout pour ses meubles aux noms imprononçables et son modèle social souvent cité en exemple, pour ses prisons, son système de santé, sa politique migratoire, son idéal de formation aux gestes de premiers secours, la moralité de ses élus, etc. Depuis une grosse dizaine d’année et l’arrivée de Stieg Larsson, ces pays se sont taillés la part belle dans les polars édités en France, avec quelques têtes d’affiche comme Henning Mankell, Jo Nesbo, Jussi Adler-Olsen ou encore Camilla Lackberg. Il faudra aujourd’hui compter sur un petit nouveau qui devrait s’installer durablement, Ingar Johnsrud.

Le titre original« Wienerbrorskapets » est imprononçable mais se traduit par « la confrérie de Vienne« , en référence à la Société pour l’hygiène raciale dont il est question dans le roman. L’éditeur français a choisi un titre plus proche de celui de l’éditeur anglophone, qui avait choisi « Those who follow« , plus en lien avec l’aspect sectaire de l’histoire.

Difficile de résumer ce roman sans trop en dire afin de ne pas gâcher l’intrigue ! Le commissaire Fredrik Beier est chargé d’enquêter sur la disparition de la fille et du petit fils d’une responsable politique chrétien-démocrate au sein d’une secte s’appelant La Lumière de Dieu. Une flic du renseignement intérieur, Kafa Iqbal, est chargée de lui prêter main forte. Une enquête banale, jusqu’à ce que la ferme dans laquelle s’était retirée la communauté ne devienne la cible d’un bain de sang, et que la plupart de ses membres soient portés disparus. Autre élément troublant, celle ci cachait dans son sous-sol un laboratoire ultra-sécurisé, dont personne n’est capable de dire à quoi il pouvait bien servir. La suite est une course contre la montre, mêlant pêle-mêle un tueur aussi redoutable qu’insaisissable, des morts, un couple d’homosexuels kidnappés, encore des morts, du terrorisme biologique et des nazis.

Premier roman d’une trilogie qui s’annonce franchement pas mal, Les adeptes est un très bon polar, chargé d’hémoglobine et aux rebondissements incessants, avec une histoire qui pour autant tient la route. J’ai adoré dévorer ce roman, et une fois la moitié du bouquin atteinte, impossible de m’arrêter de lire ! Je ne peux que conseiller, et être impatient que le second tome, Kalypso, qui sort ce mois-ci en Norvège soit publié en France.

Les adeptes, d’Ingar Johnsrud, est publié en janvier 2015 en Norvège sous le titre « Wienerbrorskapets » . Il paraît en France le 19 mai 2016 dans la collection La Bête Noire aux éditions Robert Laffont, dans une traduction d’Hélène Hervieu.

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En veilleuse, Matt Sumell

Ma note :

Matt Sumell - En veilleuseJe suis en général assez bon lecteur, quand il ne s’agit pas d’essais politiques ou de bouquins pseudo-philosophiques sur le sens de la vie, de l’amour ou de la mort (le triptyque Coelho-Lévy-Musso). Il y a des bouquins que je déteste, qui m’ulcèrent, qui déclenchent des émotions négatives, mais des émotions quand même. Je les lis presque par masochisme, pour en éprouver la nullité. En tout cas, ce sont des livres dont je me souviens. Et malgré tout ça, entre les livres que j’adore et les livres que je déteste, il m’arrive de me lancer dans des bouquins avec lesquels je ne partage rien.

Mais rien de chez rien. Du genre, tu en as déjà lu un quart, et tu ne comprends toujours pas ce qui est censé se passer, où l’auteur t’emmène. Et puis arrivé à la moitié, tu restes perplexe face à tant d’indifférence, tu lis les pages presque mécaniquement, en pensant à ta liste de courses, ou si tu as bien fermé le robinet de la salle de bain. Mais quand même, tu continues, parce que tu te dis que si un éditeur a acheté les droits de ce bouquin en particulier, et a fait l’effort de le publier alors que des milliers de manuscrits sont refusés, c’est qu’il y a forcément quelque chose.

Et soudain l’histoire se termine et je me retrouve bien embêté, parce que j’ai tout de même envie de partager cette expérience de lecture, d’en résumer l’histoire sur ce blog, mais que… par où commencer ? C’est donc l’histoire d’Alby, qui est un type ordinaire, immature, asocial, peut-être même plutôt désagréable. Quand sa mère meurt, comme tous les types un peu bizarres, il compense par plus de bizarrerie, parce qu’on fond ça le touche quand même. Bon, le livre comporte un peu plus de détails, parce qu’il fait quand même 300 pages, mais en gros c’est un peu tout.

En veilleuse, de Matt Sumell, est publié aux États-Unis en février 2015 sous le titre « Making Nice » . Il est publié en France le 10 mars 2016 aux éditions Plon, dans une traduction de Jérôme Schmidt.

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De chair et d’Ombre, Alex Lether

Ma note :

Alex Lether - De chair et d'ombreAdolescent, un peu perdu avec cette homosexualité difficile à assumer, j’étais friand d’histoires d’amour entre hommes, plus ou moins érotiques, mais qui me permettaient de rêver à une vie normale, une relation stable, une folle histoire d’amour, un schéma classique malgré les obstacles. Aux balbutiements d’internet, je dévorais des nouvelles sur Nifty (site anglophone) et Textesgais (devenu uniquement éditeur), des histoires d’amour avec des garçons de mon âge qui vivaient les mêmes choses que moi. Des petites nouvelles de quelques centaines de signes, des longues épopées, des récits personnels, des sagas : toutes ces lectures m’ont fait un bien fou, ont été un support formidable, une ouverture face à l’intériorité.

Aujourd’hui, je lis plus qu’avant, et mes lectures sont plus variées. L’habitude de la lecture m’a rendu plus exigeant vis à vis de la qualité de l’écriture, mais je garde pour ces récits amateurs une singulière affection, et j’apprécie encore assez régulièrement ce type de lecture, moins littéraire, plus midinette.

Avec De chair et d’Ombre, Alex Lether publie son premier roman aux éditions HQN, la filière numérique « coup de jeune » des éditions Harlequin. Un brin fantasy, le roman prend surtout des allures de conte pour adultes, avec son couple royal frappé d’une malédiction, son joli château au coeur du royaume imaginaire de Méragenne et Adamon, son séduisant chef de la garde. La tableau serait incomplet si je ne citais pas Méthias, fanfaron méprisé mais proche du roi le jour, cambrioleur insaisissable et cabotin la nuit, qui se joue des soldats et de leur chef, dont il est secrètement amoureux depuis toujours. Le royaume étant menacé par un complot impliquant la cour du roi et un monstre assoiffé de sang, le Dépeceur, Méthias et Adamon vont devoir se rapprocher pour travailler main dans la main…

J’ai dévoré ce livre numérique à l’écriture très simple, plein de bons sentiments mais à l’histoire originale et au romantisme latent dés les premières confrontations entre les deux personnages. Alex Lether prouve s’il en était encore besoin que les femmes savent écrire des histoires d’amours masculines avec sensibilité mais crédibilité, n’ayant pas peur de s’attaquer à quelques rares passages érotiques. Le roman idéal pour faire rêver du prince charmant les adolescents un peu perdus dans leur orientation sexuelle.

De chair et d’Ombre, d’Alex Lether, est publié au format numérique le 22 novembre 2013 aux éditions HQN.

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Aurora, Vincent Peillon

Ma note :

Vincent Peillon - AuroraLes hommes politiques s’essaient parfois à la littérature, sans y laisser des traces inaltérables, et plus souvent dans les mêmes genres : la sempiternelle biographie écrite avec un peu (beaucoup ?) d’aide, ou l’essai historique assez pointu sur une figure paternelle en politique. Vincent Peillon, ministre de l’éducation nationale pendant près de deux ans dans les gouvernements de Jean-Marc Ayrault et député européen, publie son premier roman dans un genre inattendu, celui du thriller géopolitique.

Dans un monde un peu clivé, où le bien affronte le mal dans un combat perpétuel, Kuntz est à la tête d’un groupe d’anciens agents du Mossad, tueurs grisonnants mais reprenant du service pour défendre l’humanité, et surtout les intérêts d’Israël, comme au bon vieux temps. Face à lui, un richissime homme d’affaire allemand, Hans Ritter, nazi plein de rancoeur, qui oeuvre secrètement depuis des décennies pour faire renaître de ses cendres un nouvel empire à la croix gammée.

Pour mettre le monde à genoux, Ritter s’est allié avec quelques autres ennemis des États-Unis dans un consortium baptisé Aurora afin de faire main basse sur les réserves de pétrole et de gaz du Groenland. S’ils comptent sur le soutien de quelques puissances, de pas mal de sympathisants nazis et de plusieurs services de renseignements, ils n’auront pas celui de Kuntz et ses amis.

Décidé à les éliminer, l’heure est venu pour notre groupe indépendant de se mettre en mouvement. Comptant eux aussi sur des alliés disséminés partout sur la planète, au sommet de certains états et dans plusieurs organisations internationales comme l’OTAN, ils vont s’attaquer à ce délirant projet sans y aller par quatre chemins.

Aurora se lit bien. J’ai été agréablement surpris par la complexité et la documentation du propos, l’intrigue est dense, la géopolitique est partout, et on pourrait imaginer que tout ne soit pas que fiction. J’ai été séduit par les personnages, notamment Kuntz, cet anti héros vieillissant, un peu meurtri mais loin des clichés du genre. Le récit est riche en mouvement, plein d’action, et les cadavres s’empilent au fil des pages pour mon plus grand bonheur de lecteur sadique. Pourtant, si j’ai beaucoup aimé Aurora, et qu’il m’a positivement surpris, il manque quelque chose dans la plume de Vincent Peillon, qui reste parfois un peu trop scolaire, un peu trop lisse. Un « premier roman » néanmoins plein de promesses, avec lequel j’ai passé un agréable moment de lecture.

Aurora, de Vincent Peillon, est publié le 6 avril 2016 aux éditions Stock.

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Terminus oasis, Lawrence Osborne

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Lawrence Osborne - Terminus OasisLawrence Osborne est globalement méconnu en France, où il vécut pourtant, mais à l’étranger ce globe-trotter est un essayiste connu pour ses publications hétéroclites, passant d’un essai sur l’autisme à un recueil de voyage, en passant par plusieurs livres sur l’alcool et par d’innombrables contributions à des périodiques internationaux. Il débarque dans les librairies françaises avec son premier roman, The Forgiven, et quelque chose me fait dire que nous n’avons pas fini d’entendre parler de cet auteur.

David et Jo sont un couple de britanniques un peu old school, en plein déclin : lui est médecin et alcoolique, en plus d’être passablement irritant, et sa jeune compagne est une auteur de livres pour enfants qui s’ennuie un peu. Ils sont invités par un couple de richissimes expatriés homosexuels, vivant dans une casbah marocaine en plein coeur du désert, au milieu d’autres convives aux nationalités variées.

Roulant de nuit dans une vieille voiture de location, avec quelques verres dans le nez, sur une route qu’il ne connaît pas, David heurte accidentellement un jeune homme dans le désert. En panique, il embarque le corps dans la voiture, et poursuit sa route jusqu’à la propriété de ses amis, où la fête bat déjà son plein.

Tandis que les convives profitent d’une fastueuse orgie de nourriture dans ce désert dont les habitants sont pourtant si pauvres, les propriétaires se retrouvent obligés de gérer cet ennuyeux cadavre avec l’aide de leurs serviteurs, qui gardent pour eux tout le mépris que leur mode de vie leur inspire. Quand le père du jeune homme viendra réclamer le corps de son fils, tout le monde retient son souffle : ces habitants du désert réclament que David les accompagnent pour l’enterrement.

Voici un roman original, qui dépeint l’exubérance d’un mode de vie occidental dans une région austère, aux moeurs moins théâtrales, mais aussi le désir de vengeance d’un père envers l’assassin de son fils. Un roman sur l’introspection, qui nous réserve quelques surprises car les victimes sont parfois des salauds. Une lecture agréable d’un auteur à surveiller, qui n’a sûrement pas fini de nous parler du déraillements de nos vies.

Terminus oasis, de Lawrence Osborne est publié en septembre 2012 aux États-Unis sous le titre « The Forgiven ». Il est publié en France le 2 mars 2016 aux éditions Calmann-Lévy.

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