L'Homme Qui Lit

À propos des livres

Catégorie : Gay (Page 1 sur 2)

La vie serait simple à Manneville, Pierre Cochez

Ma note :

Pierre Cochez - La vie serait simple à MannevilleManneville, c’est une maison de famille en Normandie, un refuge à quelques heures de Paris qui accueille les souvenirs heureux de Bruce, ceux d’étés passés avec ses sœurs, ses cousins et ses parents. Manneville, où la vie serait évidemment plus simple tant le quotidien y est si doux, fait de détente et de fous rires, comme coupé d’un monde où tout est plus compliqué, plus sombre et plus fragile.

C’est l’été, et Bruce est en plein deuil de cet ami fauché par une voiture, cet ami avec qui il aura connu les premiers émois, ceux bercés par la candeur de la découverte, quand les caresses et le désir ne compliquent encore rien, n’appellent ni tabou ni vie cachée. C’est l’été, et malgré la tristesse et l’insouciance, Bruce se prépare à quitter Manneville pour l’Angleterre, où ses études le conduiront à Oxford.

Il y fera la rencontre d’Alexander, un grand roux à la veste en tweed respecté pour ses talents sportifs, dans les bras duquel il oubliera ses premiers amours que la vie a contrarié. Alexander, l’ami féringien qui sera accepté par tous, sans que la proximité entre les deux garçons ne soulève de questions, même à Manneville où il est évidemment convié lors des vacances scolaires.

J’ai rencontré l’homme frère, ami, amant. Je l’ai choisi et il m’a choisi.

Pourtant, l’histoire entre Alex et Bruce est impossible, le premier ayant choisi de ne pas affronter le rejet et la vie dans la marge, pour tenter malgré son inclinaison naturelle, d’aller voir ce que l’autre camp peut lui offrir. L’espoir d’une vie normale, d’une vie plus simple, surtout. Bruce va alors profiter de son travail de journaliste pour s’exiler loin d’une histoire dont il n’arrivera pourtant pas à tourner la page. Des Féroé au Mozambique en passant par le Salvador, il parcourt le monde pour l’AFP en tentant, quand l’occasion se présente, d’oublier le bel Alexander dans les bras de garçons d’un soir.

Je marchais le long des arbres, pour me coucher les bras en croix en regardant la nuit. Comme avant cette histoire évaporée. J’étais ridicule ou mort, au choix. Mon ventre se serrait. J’étais seul et ce n’était pas juste.

Cette histoire d’amour bancale est également le témoin, dans les années 80, de l’arrivée de cette maladie terrible qui emportera une flopée de jeunes homosexuels avec elle. Comme si la vie n’était pas déjà assez compliquée des amours contrariés, il aura fallu que la nature s’en mêle. Pierre Cochez signe là un roman tout en mélancolie, à l’écriture doucement poétique, dans lequel il laisse un peu de lui-même avec ce jeune journaliste ayant parcouru le monde. Un roman plein de tendresse dans lequel je me suis laissé bercer sans ennui.

La vie serait simple à Manneville, de Pierre Cochez, est publié le 13 avril 2017 aux éditions Les Escales.

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A Careful Heart, Ralph Josiah Bardsley

Ma note :

Ralph Josiah Bardsley - A Careful HeartLa littérature homosexuelle connaît, grâce au livre numérique, une véritable démocratisation au plan international. Alors qu’il fallait il y a quelques années encore chercher les quelques librairies « gay friendly » avec un rayon dédié, ce qui s’avérait difficile quand on vivait hors de Paris, et que les éditeurs étaient bien en peine de réussir à diffuser leurs titres dans les réseaux de distribution du livre, la dématérialisation permet aujourd’hui d’avoir accès de manière égale, sans discrimination territoriale et sans jugement, à une littérature LGBT. En français, mais également en anglais, puisque les États-Unis sont un gros pourvoyeur de fiction de genre. Je remercie d’ailleurs au passage Netgalley, la plateforme qui permet de mettre les blogueurs en rapport avec les éditeurs pour obtenir des titres à chroniquer, qui nous donne également accès au catalogue américain, me permettant donc ce vous parler de ce titre.

Travis et Stephen sont meilleurs amis depuis leur plus tendre enfance. Les deux garçons, nés à un mois d’intervalle, sont voisins dans un petit village isolé du New Hampshire, un état frontalier du Canada, quasiment à l’extrême nord-est des États-Unis. Pourtant les deux garçons ont un caractère bien différent, et si Travis est un sportif flamboyant, ami avec tout le monde, Stephen se fait plus discret, et préfère l’ombre à la lumière.

Après leurs études, qui les ont vu s’éloigner un peu, pour vivre leurs expériences chacun de leur côté, Travis et Stephen s’installent en colocation à Boston. Travis va travailler dans un gros cabinet financier et tomber sous le charme de Benson, un des directeurs de sa boîte, plus âgé que lui, charmant, sportif, fortuné… mais qui semble ne même pas le remarquer. Stephen intègre une boîte de communication, mais n’a pas le cœur à faire des rencontres après que son amourette avec Melanie se soit soldée par une cuisante rupture.

Pourtant, l’un et l’autre vont vivre une histoire d’amour. Travis et Benson finiront ensemble, dans une relation pathologique, où les coups pleuvent aussi fréquemment que les excuses, et que les promesses de lendemains meilleurs. Stephen, de son côté, se laissera charmer par Gabriel, un policier qui a craqué sur lui alors qu’il accompagnait Travis dans un bar gay. Une petite révolution, dans la vie de celui qui ne s’était jamais posé de question sur son orientation sexuelle. Préoccupé par son ami Travis, qu’il ne reconnaît plus, il va devoir agir pour le sauver de cette spirale destructrice avant qu’il ne soit trop tard.

A Careful Heart est une romance gay atypique. D’abord, les deux meilleurs amis ne finissent pas amoureux, contrairement aux habitudes de ce genre de romans, et j’ai été agréablement surpris de cette originalité là. Ensuite, il n’y a aucune scène de sexe, et c’est heureux, car il est parfois difficile de conseiller des romans étiquetés comme gays, sans avoir la crainte que les passages érotiques ne choquent un peu les lecteurs qui n’en ont pas l’habitude. Enfin, le roman est audacieux dans ses thématiques, car il est rare que l’on parle des violences conjugales au sein des couples de même sexe, alors qu’elles seraient selon les études jusqu’à deux fois plus fréquentes que dans les couples hétérosexuels. Un roman très agréable, sur l’amour et l’amitié, que j’ai lu quasiment d’une traite avec beaucoup de plaisir !

A Careful Heart, de Ralph Josiah Bardsley est publié aux États-Unis le 1er mars 2017 aux éditions Bold Strokes Books.

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Celui qui est digne d’être aimé, Adbellah Taïa

Ma note :

Abdellah Taïa - Celui qui est digne d'être aiméJ’ai toujours été sensible à la plume d’Abdellah Taïa, même si tous ses romans ne m’ont pas touché avec la même intensité, ou pour les mêmes raisons. Il y a pourtant une constante solide à son œuvre, c’est cet enchevêtrement complexe de fiction et de récit personnel, qui fait que l’on ne sait jamais trop à quel moment l’on doit être empathique, touché par le destin d’un personnage potentiellement pur produit de l’imagination de l’auteur.

Celui qui est digne d’être aimé ne diffère pas, en ce sens, de ses précédents romans. Ahmed est un marocain de quarante ans, installé à Paris. Le récit débute par une lettre à sa mère, sorte de figure tyrannique dans sa mémoire adolescente, décédée quelques années plus tôt, dans laquelle il exorcise ses démons et parle sans faux semblants de son homosexualité à cette mère qui avait effacé le père à peine était-il mort.

Ahmed, c’est aussi un cœur meurtri, un garçon tombé amoureux trop tôt d’un flamboyant français qui, d’une attitude paternaliste, aurait presque glissé à une posture colonialiste. C’est dans les lettres que ce roman s’écrit, et c’est une lettre de rupture qu’Ahmed écrit à Emmanuel, une lettre lucide sur le chemin parcouru, sur les bénéfices perçus, et sur l’émancipation du jeune homme de Salé, devenu aujourd’hui professeur en France.

Enfin, il y a cette lettre d’amour de Vincent, un amour fou et passionné, dévoré dans l’instant, aussi fugace que tragique, et celle de Lahbib, d’un amour d’évidence, fraternel, lui-même objet d’une attention concupiscente de la part d’un homme en âge d’être son père.

Derrière ce court récit épistolaire, c’est tout le talent d’Abdellah Taïa qui se dessine. C’est une longue et morne mélancolie comme on les aime, bercée d’amour, de déception et de souvenirs du Maroc, avec tout au fond, là-bas, l’espoir d’un avenir meilleur, d’un amour heureux, d’êtres en paix avec eux-même.

Celui qui est digne d’être aimé, d’Abdellah Taïa, est publié le 5 janvier 2017 aux éditions du Seuil.

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« Arrête avec tes mensonges », Philippe Besson

Ma note :

Philippe Besson - Arrête avec tes mensongesC’est avec une régulière impatience que j’attends les premiers jours de janvier, qui signent pour moi la parution éventuelle – et tellement espérée – d’un nouveau texte de Philippe Besson. Pour son dix-huitième roman, l’auteur qui fêtera ses cinquante ans à la fin du mois de janvier nous offre un récit d’autofiction remarquable, quasiment autobiographique.

1984, l’année de ma naissance, et l’hiver de ses dix-sept ans. L’histoire se déroule au lycée de Barbezieux, une petite ville de Charente, entre Angoulême et Bordeaux. Philippe est un garçon studieux, du style premier de la classe, avec quelques manières féminines qui le condamnent rapidement au soupçon d’homosexualité. Qu’importe. Dans la cour, il n’a d’yeux que pour Thomas Andrieu, garçon ténébreux sur qui les remous de la vie semblent glisser sans prise. Jusqu’à ce jour inattendu où, celui qu’il pensait ne pas être destiné aux garçons, vient lui confier le désir qu’il a pour lui, et le secret dont cela doit s’entourer.

C’est alors une histoire d’amour, une histoire de manque, que nous confie Philippe Besson. Un récit authentique, celui d’un adolescent assumant sa sexualité, qui tombe amoureux d’un garçon ne l’assumant pas. Une histoire vouée à ne pas s’envoler, condamnée par avance à devenir objet du passé, quand à la question de savoir pourquoi Thomas l’a choisi lui, l’auteur se remémore la réponse qui aujourd’hui le hante encore : « parce que tu partiras et que nous resterons » .

Lecteur assidu de l’auteur, même si parfois déçu, j’avais écrit à propos de Son frère, qui en fut ma première lecture, « je soupçonne ce livre d’être autobiographique. On ne peut pas écrire aussi bien et aussi juste sur ce sujet sans l’avoir fatalement touché du doigt » . Je comprends aujourd’hui avec « Arrête avec tes mensonges » que l’intuition était juste, qu’il fallait voir dans cette sensibilité, dans cette justesse des sentiments, un vécu plus ou moins proche, une tristesse quasi-similaire.

C’est la prodigieuse beauté de ce récit, de nous ouvrir les portes de l’univers de Philippe Besson, de nous permettre de comprendre les thèmes récurrents de l’auteur, ceux des amours contrariés, de l’abandon, du manque, du deuil. Ce roman, cette histoire qu’il peut aujourd’hui raconter, c’est la matrice de l’auteur que j’aime à lire, c’est la genèse d’une oeuvre toujours à fleur de peau.

Philippe Besson nous offre une fois de plus un texte sensible et délicat, à l’écriture chirurgicale, un récit intime sur le drame du secret, sur la séparation, mais aussi sur une époque, celle des années 80 et de l’épidémie de mort dont elle fut le témoin. Un livre à ne pas manquer.

« Arrête avec tes mensonges » de Philippe Besson est publié aux éditions Julliard le 5 janvier 2017.

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Les Saisons sont faites d’Amour, Nathan Cassin

Ma note :

Nathan Cassin _ Les saisons sont faites d'amourComme je l’ai peut-être déjà expliqué, je suis un fervent défenseur de la littérature de genre, et je lis avec plaisir tous les romans gays pour plusieurs raisons. La première, égoïste, est mon plaisir personnel de lecteur. Ensuite, vient l’intérêt du conseiller en lectures que je suis souvent autour de moi, qui espère dénicher la pépite à recommander ici ou là. Enfin, et c’est sûrement l’une de mes rares actions communautaristes, parce que lire et parler de la littérature de genre, c’est participer à son maintien, à sa persistance dans le paysage éditorial, et que cela me tient à coeur.

Voilà donc pourquoi j’ai volontiers commandé chez EdiLivre (une maison d’auto-édition alternative) ce premier roman du jeune Nathan Cassin, bordelais d’aujourd’hui vingt et un ans.

Nathan nous raconte sans détour les trois histoires d’amour de sa vie de très jeune adulte, de ses dix-sept ans à ses dix-neuf ans. Il y aura d’abord Léo, un grand roux aux yeux verts rencontré lors de la marche des fiertés de Bordeaux, puis ensuite Tea, une jeune anglaise rencontrée au hasard d’un séjour à Londres, puis finalement Thomas, un étudiant présenté par une amie commune, à la bouche irrésistible.

Je suis mitigé sur ce court récit personnel. Il est écrit sans vulgarité dans un français correct, on est parfois même doucement bercé par la prose mi-poétique mi-rêveuse de l’auteur. Pourtant, je crois que l’innocente fraîcheur d’un auteur à peine majeur a souvent cédée sa place à une forme de candeur un peu niaise, transformant sur le papier des emballements très adolescents en une grande dramaturgie amoureuse. Un auteur que je suivrais cependant avec plaisir, car ses écrits méritent d’être guidés par un éditeur afin de gagner en maturité, sans perdre la belle sensibilité dont ils regorgent.

Les Saisons sont faites d’Amour, de Nathan Cassin, est publié le 20 août 2015 aux éditions EdiLivre.

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Les Frimas d’Oxford, Enzo Daumier

Ma note :

Enzo Daumier - Les Frimas d'OxfordSix mois après avoir dévoré Tendres baisers d’Oxford, le premier tome de cette trilogie, voilà que son auteur Enzo Daumier publie la suite tant attendue par celles et ceux qui, comme moi, avaient été conquis par les mésaventures amoureuses de Lucien, étudiant français exilé à Oxford pour terminer sa thèse. Dommage que HQN, l’éditeur numérique d’Harlequin qui avait fait connaître son premier roman, ne l’ai pas suivi… Si vous n’avez pas lu le premier tome (mais j’en serai surpris !), arrêtez-vous là, car le résumé de ce nouvel opus lève le voile sur les intrigues du premier bouquin.

Nous retrouvons donc Lucien, juste après que son petit ami Andrew, chanteur star du groupe pop du moment, a annoncé publiquement sur le plateau d’une émission qu’il n’y avait rien entre lui et Lucien… Désavoué et humilié, puis rapidement mis sur le devant de la scène médiatique et des réseaux sociaux, Lucien digère mal cette annonce télévisée, et se réfugie dans les bras de Matthew, son ex petit ami qui n’attendait plus que ça.

Mais rien n’est simple au pays des starlettes, et Lucien avait promis de passer Noël chez les Knight, la famille de son meilleur ami Nicholas, frère du chanteur lui ayant brisé le coeur. Abattu, il compte profiter de ses quelques jours d’exil pour faire le point sur les avances pressantes de Matthew et sur le silence d’Andrew. Tout allait plutôt pas mal, jusqu’à ce qu’Andrew rentre à l’improviste dans sa famille après qu’un de ses concerts privés a été annulé…

J’ai retrouvé dans ce court e-book le même plaisir que j’avais eu à la lecture du premier volet et je l’ai dévoré d’une traite. L’histoire est mignonne sans dégouliner de bons sentiments, agrémentée de quelques passages osés mais qui ne devraient choquer personne, et la fin du roman laisse la part belle au suspens : vivement la sortie du troisième et dernier tome !

Les Frimas d’Oxford, de Enzo Daumier, est auto-publié le 1er novembre 2016 au format e-book uniquement, et disponible sur Amazon.

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Pas assez de toi, Valéry K. Baran

Ma note :

Valéry K. Baran - Pas assez de toiJ’ai douté, tout le temps qu’a durée ma lecture : est-ce que je n’aurais pas déjà lu ce bouquin. C’était impossible, puisqu’il venait d’être publié début juin, et pourtant… Une fois cette nouvelle terminée, j’ai quand même connecté quelques neurones : le début de l’histoire avait un vague air de déjà lu, la fin me semblait totalement inconnue. Mais quand même, le titre des chapitres qui n’était pas sans rappeler le film roumain 4 mois, 3 semaines, 2 jours, lauréat de la Palme d’Or du Festival de Cannes de 2007, me rappelait une nouvelle numérique achetée sur Amazon. C’est en recherchant sur mes listes SensCritique que j’ai trouvé, j’avais déjà lu cette nouvelle publiée aux éditions Laska, au moins dans une première version, il y a exactement un an.

L’histoire est celle de Yohan et Thomas, deux jeunes homos qui se tournent autour et dont l’attirance magnétique rend leur relation aussi chaotique qu’intense. Après plusieurs années à pratique la fuite en avant, Thomas se décide à rentrer à Paris après d’ultimes galères à l’étranger. Après des années d’errance à courir après une chimère, et à coucher avec le tout Paris dans des lieux toujours plus sordides, Yohan semble décidé à passer à autre chose. Aussi quand au hasard d’une backroom les deux amants se retrouvent, l’ambiance devient électrique.

Un départ précipité au Guatemala leur apprendra à se retrouver, et à construire un semblant de relation stable alors que leur situation sur place est absolument précaire. Alors qu’ils partent pour une dernière escapade à Livingston avant de songer à rentrer en France, ils font la rencontre fortuite d’une transsexuelle, reine de la nuit locale, et de son petit protégé Adrian, qui s’attire rapidement les regards convoiteux des deux amoureux. Leur récente stabilité après des années de tumulte résistera-t-elle au torse bronzé du jeune Apollon ?

Pas assez de toi est une nouvelle que j’ai lu d’une seule traite, sans m’ennuyer, même si j’en avais déjà lu une première édition. Je suis toujours étonné des romances homosexuelles « male to male » qui sont écrites par des femmes, surtout quand elles sont parsemées de scènes érotiques sans aucune ambiguïté. Si la première partie était à mon sens un peu exagérée, stéréotype de quelques rares homosexuels parisiens, j’ai apprécié la seconde partie plus introspective et romantique. Si vous êtes gay ou que vous aimez ce genre de romance, sans que l’érotisme gay ne vous empêche de dormir, vous pouvez foncer : à 1,99€ l’éditeur vous fait une fleur !

Pas assez de toi, de Valéry K. Baran est publié au format numérique le 3 juin 2016 aux éditions HQN.

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Poussière d’homme, David Lelait

Ma note :

David Lelait - Poussière d'hommeDécouvert grâce à la chronique de Gérard Collard dans A livre ouvert (France Info), Poussière d’homme a longtemps attendu dans ma liste de « livres à acheter », jusqu’à ce qu’il atterrisse dans ma bibliothèque, et qu’enfin un soir je me décide à me plonger dans ce court récit autobiographique.

Dés les premières pages, j’ai eu la gorge nouée, les yeux humides. Et puis très vite, les envolées lyriques, les phrases affutées comme autant de couteaux ont découpé ma carapace de lecteur. La chair de poule, les larmes qui roulent sans s’arrêter. Des pauses, parfois, le temps de noter une phrase plus belle qu’une autre sur mon petit carnet à phrases magiques.

David raconte son arrivée en Bretagne, terre natale de celui qui partageait sa vie, désormais réduit en cendres dans une urne qu’il n’ose plus quitter. La rencontre de cette belle-famille dont il avait été maintenu à l’écart, les dernières larmes, la cérémonie d’adieux. Ce vide de l’autre, qui creuse le coeur de l’homme en deuil et vient s’y nicher. « L’absence est un compagnon fidèle » , confiera l’auteur.

Et puis l’on revient en arrière, la rencontre, ce début inattendu, ces rebondissements. Ce géant aux cheveux gris de treize ans son ainé, tellement calme, rassurant, confiant. Cet homme qu’il aimera sans jamais faillir, d’un amour pur et merveilleux, dont on se drape pendant la lecture, qu’on sent réconfortant. D’un amour comme on aimerait être aimé un jour.

Cette maladie, qui terrasse sans prévenir, qui affaibli le roc, qui plonge l’amour dans la houle, le rend plus fort, presque indestructible. Et la mort, cette déchirure, ces passages que je ne saurai mettre en mots, qui font redoubler les larmes, chavirer le coeur, rendent la lecture presque douloureuse.

Ce livre est une claque, la plus belle déclaration d’amour que j’ai pu lire, la plus belle ode à la vie. J’en suis encore terriblement ému.

Poussière d’homme, de David Lelait, est publié en avril 2006 aux éditions Anne Carrière. Disponible au format poche depuis juillet 2012 chez Pocket.

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De chair et d’Ombre, Alex Lether

Ma note :

Alex Lether - De chair et d'ombreAdolescent, un peu perdu avec cette homosexualité difficile à assumer, j’étais friand d’histoires d’amour entre hommes, plus ou moins érotiques, mais qui me permettaient de rêver à une vie normale, une relation stable, une folle histoire d’amour, un schéma classique malgré les obstacles. Aux balbutiements d’internet, je dévorais des nouvelles sur Nifty (site anglophone) et Textesgais (devenu uniquement éditeur), des histoires d’amour avec des garçons de mon âge qui vivaient les mêmes choses que moi. Des petites nouvelles de quelques centaines de signes, des longues épopées, des récits personnels, des sagas : toutes ces lectures m’ont fait un bien fou, ont été un support formidable, une ouverture face à l’intériorité.

Aujourd’hui, je lis plus qu’avant, et mes lectures sont plus variées. L’habitude de la lecture m’a rendu plus exigeant vis à vis de la qualité de l’écriture, mais je garde pour ces récits amateurs une singulière affection, et j’apprécie encore assez régulièrement ce type de lecture, moins littéraire, plus midinette.

Avec De chair et d’Ombre, Alex Lether publie son premier roman aux éditions HQN, la filière numérique « coup de jeune » des éditions Harlequin. Un brin fantasy, le roman prend surtout des allures de conte pour adultes, avec son couple royal frappé d’une malédiction, son joli château au coeur du royaume imaginaire de Méragenne et Adamon, son séduisant chef de la garde. La tableau serait incomplet si je ne citais pas Méthias, fanfaron méprisé mais proche du roi le jour, cambrioleur insaisissable et cabotin la nuit, qui se joue des soldats et de leur chef, dont il est secrètement amoureux depuis toujours. Le royaume étant menacé par un complot impliquant la cour du roi et un monstre assoiffé de sang, le Dépeceur, Méthias et Adamon vont devoir se rapprocher pour travailler main dans la main…

J’ai dévoré ce livre numérique à l’écriture très simple, plein de bons sentiments mais à l’histoire originale et au romantisme latent dés les premières confrontations entre les deux personnages. Alex Lether prouve s’il en était encore besoin que les femmes savent écrire des histoires d’amours masculines avec sensibilité mais crédibilité, n’ayant pas peur de s’attaquer à quelques rares passages érotiques. Le roman idéal pour faire rêver du prince charmant les adolescents un peu perdus dans leur orientation sexuelle.

De chair et d’Ombre, d’Alex Lether, est publié au format numérique le 22 novembre 2013 aux éditions HQN.

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Tendres baisers d’Oxford, Enzo Daumier

Ma note :

Enzo Daumier - Tendres baisers d'OxfordJ’ai comme la plupart des lecteurs une image un peu vieillotte des éditions Harlequin, celle des romans à l’eau de rose aux couvertures rebutantes, que je pouvais voir traîner chez ma grand-mère. Un peu du même genre que les romans photos de Nous Deux… Récemment, avec le prodigieux retour en grâce de la littérature érotico-romantique, dépoussiérée des années 60, les observateurs auront remarqué un positionnement rigoureusement moderniste des éditions Harlequin.

Aujourd’hui l’éditeur consacre une part belle à la littérature homosexuelle, avec la publication de quelques jolis titres sur les amours gays ou lesbiens, essentiellement au format numérique via les éditions HQN (et à tout petit prix).

Nous voici donc partis à Oxford, la fameuse cité universitaire britannique, aux côtés de Lucien, un jeune français expatrié pour ses études, qui pratique l’aviron dans un club assez ouvert avec son meilleur ami Nicholas. A son retour de France, où son coming out à sa très aristocratique mère ne s’est pas vraiment bien passé, il se fait larguer par Matthew, son imposant petit ami, alors qu’ils étaient sur le point de s’installer ensemble… Une période difficile pour le jeune homme, qui est alors en pleine rédaction de sa thèse !

Il pourra heureusement compter sur le soutien indéfectible de ses meilleurs amis, dont Ruby-Lou, qui s’occupera de lui changer les idées en l’emmenant à ces soirées qu’il déteste tant. Il y rencontrera par hasard Andrew, le frère de Nicholas, célèbre chanteur d’un groupe de pop à la mode dont notre amateur de musique classique médiévale n’a que faire. Et pourtant, entre l’universitaire au coeur brisé et le chanteur pourtant très hétérosexuel, va naître une complicité inattendue.

Je ne vous révèlerai pas la fin de ce roman, tant elle m’a sidérée, voire peut-être même frustrée, mais sachez que vous n’êtes pas au bout de vos surprises, et que j’espère rapidement pouvoir m’attaquer à une suite ! Enzo Daumier réussit à nous faire vivre une histoire romantique sans niaiserie ni vulgarité, toute en pudeur et en beaux sentiments. Une très belle lecture que je ne peux que recommander.

Tendres baisers d’Oxford, d’Enzo Daumier, est publié au format numérique le 25 avril 2016 aux éditions HQN.

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