L'Homme Qui Lit

À propos des livres

Au printemps des monstres, Philippe Jaenada

Ma note :

J’ai encore les neurones totalement désordonnés par cette lecture dont j’ai enfin vu le bout, et dans cet imbroglio synaptique je vais essayer de résumer ce récit et de vous partager mon ressenti, aussi inutile et décousu soit-il. Pour celles et ceux qui n’ont jamais croisé la route de ce livre, il s’agit d’un True Crime, un récit qui se rapproche de l’enquête journalistique et prend parfois des allures romancées, et revient sur une histoire criminelle réelle (et je dirais plutôt, lointaine). Comme De sang froid de Truman Capote ou L’Adversaire d’Emmanuel Carrère, quand il parlait moins de lui et plus des autres.

Jaenada refait donc le récit de la disparition du petit Luc Taron en mai 1964, suivie de la découverte de son corps sans vie le lendemain, et de la longue danse médiatique à laquelle son assassin se livrera les semaines suivantes sous le pseudonyme de L’Étrangleur, jusqu’à l’arrestation de Lucien Léger en juillet de la même année. À la fin de cette première partie qui synthétise les faits connus, on serait tenté de se dire « voilà, la messe est dite » tout en s’interrogeant sur le contenu des cinq cent pages restantes.

C’est là le talent incroyable de Jaenada : ne pas s’arrêter aux apparences. L’air de rien, entre deux péripéties médicales, une pandémie et des commentaires qu’il adore glisser dans des parenthèses (et parfois, des parenthèses dans les parenthèses (un peu comme ça (vous vous y ferez))), il nous explique que Lucien Léger est innocent, et que la seule certitude de cette histoire est qu’un enfant de 11 ans a été tué.

Le reste, c’est du vent. Tout le monde dans cette histoire a menti, je parle au passé car il me semble que quasiment tous les protagonistes sont morts, emportant avec eux la part de vérité qu’ils détenaient. Une partie des enquêteurs semble d’une incompétence crasse, les parents, l’assassin présumé, l’entourage, personne n’a été honnête, et si l’enquête méticuleuse et acharnée à laquelle s’est livrée l’auteur n’apporte pas de réponses, elle permet de se poser énormément de questions, et notamment d’offrir un immense « doute valable » quant à la culpabilité de Lucien Léger.

Un récit globalement passionnant mais qui est tombé au mauvais moment dans ma vie : j’ai mis trois semaines à l’achever et il m’a donné l’impression d’être interminable ! Je ne peux que vous le conseiller si vous aimez le True Crime, prévoyez juste un peu de temps devant vous.

Au printemps des monstres de Philippe Jaenada a paru le 18 août 2021 aux éditions Mialet-Barrault.

La Grande Vallée, Édouard Bureau

Ma note :

J’avais envie d’un grand roman naturaliste et d’une certaine manière, c’est ce que j’ai trouvé dans cette longue – très longue – lecture de La Grande Vallée, d’un auteur qui m’était jusque là inconnu, Édouard Bureau.

Arno (Le Merle) et Belej (La Barbe) sont deux bergers des Alpes, 15 et 20 ans, qui emmènent leurs troupeaux en transhumance là-haut dans la montagne, où l’herbe est abondante et les fleurs parfumées. Là-haut, ils retrouvent les anciens qui vivent presque en ermite et ont plaisir à croiser ces jeunes pâtres.

Cette année, la rumeur d’un péril menaçant la vallée monte jusqu’à leurs verts pâturages : un homme, le Grand Batave et son acolyte arrivent du Nord et apportent aux habitants du village leur modernité qu’ils appellent la Belle Industrie, et tous semblent envoûtés. Quand la tisserande dont il est entiché se promet à l’étranger, s’en est trop pour Arno, qui est bien décidé à affronter violemment ces fauteurs de trouble.

C’est un très beau roman mais un trop long roman. Il y a la beauté idyllique d’un monde disparu, la nostalgie facile de l’ère pré-industrielle où nous étions tous heureux dans nos prés à cajoler les agneaux, avant que l’effroyable modernité à laquelle nous avons tous aveuglément cédé ne vienne tout gâcher. L’écriture est inattendue, contemplative, parfois un peu lourde. Un joli conte de montagne mais que j’ai mis 10 jours à terminer !

La Grande Vallée d’Édouard Bureau a paru le 19 août 2021 au Cherche-Midi. Service de presse numérique obtenu via NetGalley

La plus secrète mémoire des hommes, Mohamed Mbougar Sarr

Ma note :

C’est la couverture sublime de ce roman qui m’a finalement poussé vers lui alors qu’il ne faisait initialement pas partie de mes sélections de la rentrée littéraire, ne l’ayant croisé nulle part sur les réseaux sociaux. Bonne nouvelle, l’histoire est aussi belle que sa couverture !

Diégane est un jeune auteur sénégalais vivant et écrivant à Paris, un peu verbeux mais particulièrement curieux d’en apprendre plus sur un roman mythique mais introuvable de l’entre-deux-guerres, La labyrinthe de l’inhumain de son compatriote T.C. Ellimane.

Il mènera une enquête déterminée auprès d’auteurs et d’autrices africains afin d’éventuellement retrouver la trace de l’auteur qui semble avoir disparu avec le scandale ayant accompagné la parution de son unique livre. Il faut dire qu’à l’époque, on l’avait tout à la fois qualifié de « Rimbaud nègre » et accusé de plagiat !

Sa quête mènera le lecteur dans le Sénégal du début du siècle, dans un voyage aussi passionnant que mystique. L’écriture est superbe et ce récit m’a transporté, même si j’ai eu parfois du mal à suivre la distribution des rôles dans les chapitres contemporains, les voix des narrateurs se mélangeant un peu sans vraiment prévenir. Un beau roman, la découverte d’un auteur à la plume exigeante mais exquise qui va rapidement me pousser à lire l’un de ses précédents romans.

La plus secrète mémoire des hommes de Mohamed Mbougar Sarr a paru le 19 août 2021 aux éditions Philippe Rey.

La Fille qu’on appelle, Tanguy Viel

Ma note :

J’ai eu le plaisir de rencontrer Tanguy Viel il y a quelques jours à la librairie Trait d’Union de Noirmoutier, le paradis sur terre pour les amoureux des belles librairies, et j’avais hâte de me plonger dans ce roman que l’auteur a eu l’amabilité de me dédicacer. De ses huit précédents romans, je n’ai lu que Article 353 du code pénal paru chez le même éditeur, lauréat du prix RTL-Lire en 2017 dont la plume incandescente et mélodieuse m’avait conquis.

Dans une ville bretonne de bord de mer, Max Le Corre est ancien champion de France de boxe et désormais employé comme chauffeur pour le maire de la ville. Quand sa fille Laura décide de revenir vivre avec lui, il demande à son employeur s’il ne pourrait pas aider sa fille pour son dossier de demande de logement.

Quentin Le Bars, quarante huit ans, la recevra donc dans son bureau d’édile tout puissant. C’est l’air de rien qu’il tournera autour de sa proie, cherchant ses failles, ses vulnérabilités, avant de fondre sur elle comme un prédateur. Bien sûr, pour le logement, il verra ce qu’il peut faire. Peut-être même pour un travail, puisqu’elle a terminé ses études.

Il exigera donc l’aide de son copain de toujours, l’homme des affaires pas très claires Franck Bellec qui gérait fut un temps la carrière de boxeur de Max Le Corre. Un peu contraint, il proposera à la jeune femme un travail au bar du casino avec les autres filles qui agrémentent les soirées des hommes assez fortunés pour s’offrir ce genre de divertissement ; et avec le travail, un logement, une chambre dans laquelle le maire pourra passer réclamer son dû à sa convenance.

Ce court roman de 173 pages est construit un peu comme Article 353 qui partait des déclarations du mis en cause à un magistrat, puisqu’on revit l’histoire de Laura à travers son audition au commissariat lorsqu’elle se décidera à porter plainte contre ce maire. Un roman terrible mais nécessaire qui montre les mécanismes pernicieux de l’emprise et la délicatesse de cerner avec exactitude la notion du consentement.

La Fille qu’on appelle de Tanguy Viel a paru le 2 septembre aux éditions de Minuit.

They both die at the end, Adam Silvera

Ma note :

Il a fallu que le jour de mon anniversaire – le 5 septembre – je vois une story mettant en avant ce roman ayant déjà quelques années pour que j’aille y jeter un œil. Pourquoi arrivait-il dans les publications Instagram de ce jour précis ? Une lecture rapide du pitch permet de le comprendre : le 5 septembre 2017, c’est le jour où Rufus et Mateo vont mourir.

Aux alentours de minuit, ces deux garçons new-yorkais que tout oppose reçoivent l’appel tant redouté de Death-Cast leur annonçant en quelques secondes et avec une empathie très superficielle qu’ils vont mourir dans les 24 heures. Mateo est seul chez lui alors que son père est plongé dans le coma à l’hôpital depuis plusieurs jours. Rufus traine avec ses deux meilleurs amis et vient de tabasser le nouveau petit ami de son ex petite amie.

Ils ne se connaissent pas mais pour eux ce 5 septembre sera leur dernier jour sur Terre, impossible d’y échapper, on ne triche pas avec la mort. C’est grâce à l’application Le Dernier Ami qu’ils se rencontreront et décideront que cette dernière journée ne serait pas uniquement celle de leur mort, mais qu’elle serait une journée passée à vivre, pleinement, sans craintes ni limites.

Ce fut une lecture (en anglais) agréable que ce roman pour jeunes adultes, les personnages de Rufus et Mateo n’ont pas grand chose en commun si ce n’est leur mort imminente et pourtant ils deviendront les meilleurs derniers amis et même plus encore. Un roman tendre et étonnamment rafraîchissant sur cette question qu’on s’est sûrement tous déjà posé : que ferait-on s’il ne nous restait plus qu’un jour à vivre ? Évidemment, on sait qu’ils meurent tous les deux à la fin, mais la beauté de l’histoire réside dans ce qui leur reste à vivre.

They both die at the end d’Adam Silvera a paru en décembre 2018 aux États-Unis. Il est disponible en France aux éditions Robert Laffont dans une traduction de Constance de Mascureau.

Montedidio, Erri De Luca

Ma note :

Voilà un moment que j’aspire à lire un roman d’Erri De Luca et à l’occasion de la parution de Impossible il y a deux ans, j’avais choisi de découvrir l’auteur avec un de ses précédents titres disponible en poche. C’est vers Montedidio qu’on m’a orienté, pour mon plus grand plaisir.

À Naples, à une époque indéfinie mais qu’on placera volontiers après la libération de l’Europe, un jeune garçon découvre le travail, la vie, l’amour et la mort. Après ces années de scolarité auxquelles ses parents n’ont pas eu droit à leur époque, il est capable de lire l’italien en plus du dialecte napolitain qu’on utilise autour de lui. Il a treize ans et son père, docker, vient de le mettre à travailler.

Dans la boutique du vieux Mast’Errico, il apprend le travail du bois et écoute d’une oreille avide la lecture quotidienne du journal lui apportant les nouvelles du monde. La boutique héberge également un cordonnier étranger, venu se réfugier là après la guerre, don Rafaniello, qui redonne vie aux souliers des miséreux. Dans son dos, une bosse qui chaque jour grossira jusqu’à libérer les ailes qu’elle protège.

Pour l’accompagner dans cette vie d’adulte qui se profile, son père lui a offert un boomerang retrouvé en mer par un marin. Une sorte de totem que le jeune homme gardera précieusement sur lui comme un grigri doté de pouvoirs. Alors que sa mère est hospitalisée, il fera l’ultime apprentissage de l’amour et de la sexualité avec Maria, une jeune fille qui lui promet d’être son épouse.

Quel magnifique roman d’apprentissage ! L’auteur nous emmène dans ces ruelles odorantes de Naples où la malice de l’enfance s’efface peu à peu pour laisser place à un homme. Il y a de la magie dans l’écriture de l’auteur, une poésie qui déborde et qui ravage tout, c’est un roman beau comme un conte que j’ai lu d’une traite jusqu’à m’envoler, moi aussi, direction Jérusalem.

Montedidio d’Erri De Luca a paru en Italie en septembre 2001 sous le même titre. Il est publié en France aux éditions Gallimard en janvier 2001 dans une traduction de Danièle Valin. Disponible en poche chez Folio depuis octobre 2003.

Les chiens de faïence, Thomas Louis

Ma note :

On ne va pas se mentir, je suis Thomas Louis sur Instagram depuis quelques années parce qu’il fait de très belles photos et qu’il est lui-même très beau. C’est évidemment superficiel, mais c’est le concept même de cette application alors personne ne m’en tiendra rigueur. J’étais donc ravi de voir annoncée depuis quelques mois l’arrivée d’un premier roman qui sortirait à l’occasion de cette rentrée littéraire qu’on adore détester, et c’est avec un certain empressement que je suis allé l’acheter chez ma libraire le jour de sa parution.

Dans un petit village pas très éloigné de Lyon vit la famille Dugast, leurs maisons rassemblées comme certaines familles de province en ont l’habitude. Les parents dans un coin, les beaux-parents en face, les grands-parents de l’autre. Ça n’est hélas pas la seule originalité de la famille de Christophe qui va bientôt atteindre la majorité, puisqu’on y découvre rapidement une propension hors norme au suicide. Le grand père, pendu. La grand-mère, écrasée contre un arbre. Suivent ensuite l’autre grand-père, puis l’autre grand-mère. Quand son père fini par se suicider à son tour, Christophe se dit qu’il est temps de rompre avec cette malédiction familiale.

Fraîchement majeur, il saute dans un train direction Paris pour fuir ce déterminisme macabre et commencer à vivre. Il échouera chez Suzelle, une vieille fille dont la mère fut proche, et qui l’accueille chez elle un verre à la main en se disant qu’elle pourra faire son éducation de citadin.

Si l’histoire se lit facilement, je suis passé à côté de ce roman (c’est la formule de politesse sur Instagram pour dire « je n’ai pas aimé »). L’histoire est originale, on pourrait y savourer une forme de cynisme macabre mais je l’ai surtout trouvée dénuée d’émotions, sans aspérités : le fils traverse ces 300 pages comme anesthésié et c’est assez étonnant. Ce fut, à mon grand regret, particulièrement contagieux.

Les chiens de faïence de Thomas Louis a paru le 26 août 2021 aux éditions La Martinière.

Les Prophètes, Robert Jones, Jr.

Ma note :

Certaines lectures sont particulièrement douloureuses, et ce fut le cas avec Les Prophètes de l’auteur new-yorkais Robert Jones, Jr. qui m’a plongé dans l’enfer de l’esclavagisme pendant plus de 500 pages. Ces romans sur la barbarie et la sauvagerie de l’homme sur l’homme nous permettent de ne pas oublier, ne pas vouloir effacer l’histoire ou la rendre moins cruelle pour nous rassurer. L’humanité est un fardeau que nous portons tous collectivement, et ce genre de roman nous le rappelle sans ambages.

Dans le Mississipi, Paul et Ruth Halifax tiennent une plantation de coton dans laquelle travaillent des dizaines d’esclaves noirs, des nègres considérés comme du mobilier, des animaux sans âmes exploités, violés et tués une main sur un cœur et l’autre sur la Bible. Deux jeunes garçons vivent un peu à part des autres esclaves depuis leur plus jeune âge : Samuel et Isaiah s’occupent de la grange et de ses animaux, à l’écart des champs de coton. Entre ces deux-là, l’amitié a rapidement laissé place à un amour aussi fort qu’indicible, et quand le jour s’éteint sur la plantation leurs ombres s’unissent tendrement dans la paille de la grange.

Parce qu’il pensera se rapprocher du maître et gagner des privilèges sur les autres moins-que-rien, Amos, un des esclaves, se mettra en tête de devenir pasteur et de prêcher la Bible aux autres esclaves de la plantation pendant la journée de repos. Pour les deux garçons que les femmes protégeaient d’un silence maternel, comme pour l’humanité depuis des siècles, l’arrivée de la religion et de ses dogmes n’apportera que le sang et les larmes. Ce sera sans compter sur le retour de Timothy, le fils Halifax, dont les intentions vis à vis de Samuel et Isaiah n’ont rien de religieuses.

Les Prophètes est un roman difficile, douloureux à bien des égards. Une histoire d’amour parmi les esclaves d’une plantation, c’est un rayon de lumière dans les ténèbres : ça fait rêver autant que ça attise la haine de ceux qui veulent éteindre toute espérance. J’ai parfois été un peu perdu par le style de l’auteur, que j’ai trouvé assez lourd et digressif sur la longueur, mais cela n’enlève rien à la désolante beauté de l’histoire. À lire, assurément.

Les Prophètes de Robert Jones, Jr. a paru aux États-Unis en janvier 2021 sous le titre « The Prophets » . Il paraît en France le 1er septembre aux éditions Grasset dans une traduction de David Fauquembert. Service de presse numérique obtenu via NetGalley.

Seule en sa demeure, Cécile Coulon

Ma note :

Un soir que les éditions de l’Iconoclaste présentaient leur rentrée littéraire aux blogueurs et que les trois auteurs nous parlaient de leur titre et répondaient à nos questions, j’ai été charmé par le pitch de Seule en sa demeure de Cécile Coulon. L’occasion pour moi de solliciter ce titre à l’éditeur et de découvrir enfin cette autrice dont on avait tant parlé lors de la parution d’Une bête au paradis.

C’est dans les forêts du Jura que se campe l’histoire de ce roman qu’on qualifiera volontiers de roman d’atmosphère. Aimée est la fille d’un général blessé et d’une femme austère qui a grandi avec son cousin Claude qui vint vivre avec eux dès le plus jeune âge. Si son cousin marche dans les pas de son oncle en rêvant d’uniforme et de charges de cavalerie, sabre à la main, elle aspire surtout à épouser un homme tendre et à faire un bon mariage.

Candre Marchère est un homme raffiné, cultivé et féminin, et après quelques promenades avec Aimée c’est tout naturellement qu’il demandera sa main au vieux général. Ce jeune orphelin gère un immense domaine boisé et vit très confortablement au cœur du Jura avec la gouvernante qui l’a élevé au décès de sa mère et son fils Antonin, un garçon muet et discret comme un chat sauvage. À son arrivée au domaine, Aimée ne manque de rien, ni d’amour ni d’attentions, mais très vite plane sur son quotidien l’ombre de l’épouse précédente de son mari, morte quelques mois après leur mariage. Mais peut-être y a-t-il des secrets qu’il ne vaut mieux pas déterrer…

Les chapitres d’à peine trois à quatre pages s’enchaînent très facilement et j’ai retrouvé un peu de l’atmosphère de Né d’aucune femme de Franck Bouysse dans cette lecture. Pour autant, si ce conte sur l’amour, le désir et les secrets aux allures de Barbe bleue est rudement bien écrit et que j’ai passé une agréable journée à le lire, j’ai trouvé qu’il manquait de noirceur et de pesanteur : jusqu’aux deux tiers de ma lecture je me suis demandé quand l’histoire allait enfin débuter et me plonger en apnée, et tout s’est achevé avant que je n’ai le temps de m’en rendre compte.

Seule en sa demeure de Cécile Coulon a paru le 19 août 2021 aux éditions de l’Iconoclaste. Service de presse adressé par l’éditeur.

Le fracas et le silence, Cory Anderson

Ma note :
Couverture Fleuve

Il y a des premiers romans qui propulsent leur auteur – ou leur autrice, pour ce qui concerne ce livre – dans la sphère des écrivains à suivre, et Cory Anderson fait une entrée remarquée en littérature avec Le fracas et le silence. Ce roman qui sortira en octobre bénéficiera d’une double parution chez Fleuve et chez Pocket Jeunesse (PKJ) avec exactement le même texte au même tarif mais avec deux traitements graphiques différents, pour toucher les deux publics de manière simultanée.

Jack est un adolescent de dix-sept ans qui s’occupe de son petit frère Matty depuis que leur père est en prison après avoir braqué l’argent d’un trafiquant de drogue et que leur mère se gave de médicaments pour échapper à son quotidien. En plein cœur de l’hiver et alors qu’il ne reste que treize dollars et quelques cents à la maison, que le poêle à bois peine à diffuser un peu de chaleur et que les services sociaux ont menacé de revenir avec les hommes du shériff pour placer les deux enfants en foyer, leur mère se suicide.

Couverture PKJ

Jack fait le choix de dissimuler la mort de sa mère et de se débarrasser du corps avant que le shériff ne débarque. Pour continuer à vivre et prendre soin de son petit frère, alors que l’électricité est coupée et qu’ils vont être expulsés de leur maison, il décide d’essayer de retrouver l’argent volé qui a conduit son père en prison. Seulement voilà, les dealers et un ancien complice de son père sont bien décidés à mettre la main sur le pactole également, et il ne comptent pas faire de quartier pour le récupérer. Avec la complicité de l’énigmatique Ava, une fille qui vient d’arriver dans son lycée, Jack va tenter de survivre et de tout faire pour protéger Matty, quitte à prendre tous les risques.

Les premières pages du roman m’ont sérieusement surpris car je m’attendais à quelque chose de moins noir du fait de sa parution simultanée en littérature ado. Je ne sais pas si je le ferais lire aux enfants de mes amis, mais pour ma part j’ai adoré ce roman bien rythmé et sans concessions où les cadavres s’empilent au fil des pages. C’est noir et violent, par certains aspects ça m’a rappelé du David Joy avec quand même quelques passages plus optimistes, notamment autour de ce qui se joue entre Jack et Ava. Un très bon livre qui m’a tenu deux jours en haleine et que je vous conseille de découvrir dès sa parution.

Le fracas et le silence de Cory Anderson a paru aux États-Unis en avril 2021 sous le titre « What Beauty There Is » . Il paraîtra en France chez Fleuve éditions et PKJ le 7 octobre 2021 dans une traduction de Claire-Marie Clévy. Service de presse numérique adressé par l’éditeur.

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